Vendredi c’est Graphism !

Le 27 avril 2012

Des images macédoines des candidats à la présidentielle, amusantes. Mais surtout, un reportage photos des ombres des enfants sur les murs des quartiers pestiférés de Tchnernobyl. Graffitis ou fantômes ? Mémoires ou images ? Ne pas confondre. Ne pas se tromper. Par exemple ne pas prendre un échec pour une défaite, se souvenir de la belle maxime de Scott Fitzgerald, ici mise en image. De la littérature embarquée. Des mots qui claquent embeded dans tes lignes de codes. Voir d'autres lignes. C'est vendredi, et c'est graphism' !

Hello les ptits loups et soyez les bienvenus sur Vendredi c’est “Graphism”, la chronique graphique d’Owni !

Au programme de la semaine, un clip haut en couleurs, des affiches coupées-décalées, une vision particulière du métier de graphiste, des graffitis à Tchernobyl, une représentation de l’anthropocène et un appareil photo vivant qu’il va vous falloir toucher. On terminera sur un WTF avec un Mario qui a un peu changé ;-)

Bon vendredi et… bon “graphism” !

J’espère que vous êtes bien assis car on commence la semaine en fanfare avec ce clip vidéo musical très coloré et animé sur une des chansons de l’album “Both Lights” de AU “OJ”. Réalisé par Takafumi Tsuhiya, cette vidéo va tenter de vous mettre en lévitation avec cet ensemble de couleurs vibrantes dansantes et aériennes. dans le ciel. Ainsi, Takafumi Tsuhiya parle de son travail comme essayant d’être au plus proche de la musique qu’il illustre.

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On continue la semaine avec cette petite série d’affiches assez décalées que je me suis amusé à réaliser. En effet, pas évident de choisir “le bon candidat” ou de peser le pour et le contre sur chaque programme ! Alors pourquoi ne pas imaginer des “mashup” de candidats, des mélanges d’idées, des mélanges visuels, des mélanges… de leurs affiches ? Au final, certains sont plutôt “raccords” ;-)

vote small Aujourdhui, je ne savais pas trop pour qui voter...

[ l'image en grand ]

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On continue notre revue de la semaine avec cette vidéo d’animation intitulée “Never confuse a single defeat with a final defeat”, comprenez : “Ne confondez jamais un échec avec une défaite”. Cette citation de F. Scott Fitzgerald (à qui l’on doit Gatsby le magnifique) a servi de point de départ pour créer cette jolie animation sur le processus créatif dans le milieu du travail en entreprise. L’idée derrière tout ceci étant de donner du courage aux graphistes, designers, créatifs. Ainsi, ce projet de stage d’été réalisé par Sara Shin a quand même été produit par « BL:ND », animé par David Bauer et mis en musique par le designer sonore David Kamp.

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Toujours cette semaine a été mis en avant le travail du photographe Jan Smith qui présente cette série de photos magnifiquement envoûtantes qu’il est allé faire à Tchernobyl. Il a été exactement 26 ans après l’accident nucléaire catastrophique survenu dans la ville ukrainienne, la ville est restée aujourd’hui inhabitée…sauf pour un petit nombre de personnes. Jan Smith a donc décidé de photographier les graffitis de la ville. Il raconte qu’il a ainsi commencé son travail à Pripiat (la ville évacuée après la catastrophe de Tchernobyl) et a été immédiatement attiré par ces graffitis et ce mélange de nostalgie, d’innocence, d’humour dans cet endroit isolé. Certains graffitis sont grands et mis en évidence mais beaucoup sont de petite taille et les trouver était pour Jan Smith, une sorte de quête.

Voici son travail :

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On continue encore avec cette animation réalisée par Globaïa pour le court métrage intitulé «Bienvenue à l’anthropocène». Le discours qui se cache derrière cette vidéo est que toute chose vivante affecte ses environs, mais que l’humanité influence désormais tous les aspects de la Terre à une échelle comparable aux grandes forces de la nature.  Toute notre histoire est ainsi représentée dans cette période géologique appelée l’holocène – ce “bref” intervalle qui remonte à 10.000 ans. Mais nos actions collectives nous ont amenés dans un territoire inexploré. Un nombre croissant de scientifiques pense que nous sommes entrés dans une nouvelle époque géologique qui a besoin d’un nouveau nom – l’anthropocène dont voici une de ses représentations :

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On termine donc sur un projet intriguant intitulé Touchy ! Cet « appareil photo humain » est un concept réalisé par le designer Eric Siu. L’idée est d’être aveuglé “constamment” par ce casque-appareil photo, jusqu’à ce que quelqu’un vous touche et déclenche ainsi l’ouverture des volets automatiques. Ensuite, si le contact physique est continu, l’appareil prend une photo toutes les 10 secondes. Pour un meilleur auto-portrait, Eric Siu recommande de présenter son visage debout face à l’appareil-homme et le regarder droit dans les yeux pendant 10 secondes afin d’obtenir le meilleur portrait possible.

Une façon détournée, avec pour prétexte, la photo, afin de re-créer du contact entre les gens et de pouvoir communiquer de nouveau les uns avec les autres, indépendamment de toute apparence physique.

J’attire donc votre attention sur ce projet car il est en quelque sorte, une expérience d’interaction phénoménologique et sociale qui met vraiment l’accent sur la relation entre donner et recevoir. Le fait également de transformer un être humain en caméra est quelque chose qui ne manque pas d’humour, surtout dans la façon dont est traité le sujet. Une sorte de façon de guérir l’anxiété sociale par le design, en créant des interactions joyeuses.

touch Touchy la caméra humaine quil faut toucher pour se prendre en photo !

La vidéo :

Le concept en images :

concept Touchy la caméra humaine quil faut toucher pour se prendre en photo !

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On termine notre “Vendredi c’est Graphism” sur un bon petit WTF de derrière les fagots, avec notre ami Mario qui devient complètement fou et qui adopte une attitude drôlement… violente !

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Allez hop, pour le mot de la fin, je vous invite à écouter Itsy Bitsy Sunshine, à vous moquer de la télévision Ikea, à vous habiller en Space Invaders, ou encore à vous rendre à Hyères pour le 27e festival international de la mode & de la photographie. Et si ça vous tente, ce week-end, c’est également le Salon International du Livre Ancien, de l’Estampe et du Dessin… pour les amoureux des belles pages ! Oh et s’il vous reste encore un tout petit peu de temps, n’hésitez pas à me suivre sur Instagram, je m’amuse à publier un dessin par jour ;-)

Excellent week-end… et à la semaine prochaine !

Geoffrey

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  • Yannick S. le 27 avril 2012 - 16:12 Signaler un abus - Permalink

    “Le fait également de transformer un être humain en caméra est quelque chose qui ne manque pas d’humour, surtout dans la façon dont est traité le sujet. Une sorte de façon de guérir l’anxiété sociale par le design, en créant des interactions joyeuses.”

    J’y vois surtout la manipulation du regard, et plus généralement, la manipulation de la perception de l’être humain. Je trouve le principe de “Touchy” particulièrement horrible dans ce qu’il laisse présager de l’avenir des humains. L’idée de n’avoir plus un contact au monde que médié/médiatisé est particulièrement préoccupant. Je n’y vois donc aucune légèreté, ni aucun humour.

    Ce film parce qu’il présente cette manipulation comme une romance urbaine, m’inquiète. Ce principe, comme celui des “lunettes google”, n’est pas de mon goût. Et je m’inscris en faux avec l’auteur de cet article qui traite de manière candide un sujet (philosophique, politique ?) grave : la liberté des humains à l’heure des technologies en réseau.

    Et j’aimerais que l’auteur de cet article nous en dise plus long sur le rapport entre éthique et design/graphisme/technologie. Du reste, je suis un lecteur assidu de sa chronique que j’apprécie pour d’autres aspects.

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    • Requis (c'est écrit à droite) le 28 avril 2012 - 14:42 Signaler un abus - Permalink

      Le projet est ambigu face à cette question de la médiation de l’homme par l’outil numérique qu’évoque Yannick S. ; effectivement l’image produite toute les dix secondes semble principalement dédiée à la stimulation du contact. Avec un regard de Candide, le porteur du casque peut être comparé à une personne présentant à la foule un panneaux “free hug”. Mais l’utilisation d’un dispositif électronique n’est bien sûr pas anodine et pose plusieurs questions auxquelles répond partiellement l’artiste sur son site :
      - le Touchy (homme transformé en « dispositif social ») vit principalement dans une cage isolée, allégorie du retrait de la vie sociale que peuvent expérimenter les Hikikomori lorsque ce retrait est appliqué à l’extrême.
      - ce dispositif sert à lever l’anxiété et apporter un peu d’humour dans les relations sociales en réinventant la manière d’utiliser l’appareil photo qui sert généralement à partager des souvenirs (toujours selon l’artiste)
      - ouvrir la cage sombre dans laquelle vit Touchy ne demande pas d’autre effort que celui de le toucher
      - ironiquement, quand vous le regardez dans les yeux, c’est vous que voyez (verrez sur la photo)
      La thèse de l’artiste étant : l’internet et les réseaux sociaux, le téléphone mobile fait disparaître les barrières sociales mais “déshumanise la communication physique” (expression qui relève de la tautologie) ; cela génère de l’anxiété sociale.
      Le projet Touchy marque le temps par l’image : le temps de contact entre deux personnes … et la vidéo montre une lassitude face à ce contact, cela alors que l’idée de fidélité est évoquée au début. Avec un regard plus acide, Toucher devient un jeu, le jeu est amusant un temps, puis on se lasse, quoi d’autre ?
      Et si nous étions tous Touchy, nous nous tiendrions tous par la main pour voir, vision d’une société uniquement sociale, à l’opposé d’une société uniquement Hikikomori, où personne ne touche l’autre, et personne ne partage.

      Pour voir si les adeptes de la soucoupe sont plus joueurs que les adeptes de la boule noire … :
      Dans ce paragraphe, j’ai essayé de noter les différents lieux que l’on trouve dans la vidéo en expliquant rapidement l’image qu’ils traduisent. Le but : Et si nous imaginions le même projet à Paris (ou ailleurs), quels auraient été les lieux et activités représentés dans la vidéo ? Si certains veulent s’amuser à ce petit jeux, je suis pour !
      D’abord l’homme caméra est dans un parc, en relation avec la nature, tandis que la femme qui va être attirée par cet homme est en contact avec un livre (culture) et son téléphone (donc avec ses amis) dans un café, sur une terrasse (il y a très peu de terrasses de café à Tokyo, c’est probablement un coin étudiant autour de l’université de Tokyo puisque le projet est en partenariat avec cette université). Elle ne bouge pas, lui se déplace vers elle, de la nature du parc à la ville qui privilégie la vue au toucher (la musique nous empêche de saisir le paysage sonore très prégnant mais on comprend le changement d’ambiance). Il se retrouve confrontés aux affiches et aux stimulations visuelles qu’il ne peut pas saisir, un cycliste utilise sa sonnette pour lui indiquer sa présence, attention !). Lorsqu’elle le voit, elle est traversée par des images de dispositifs utilisés pour faciliter l’accessibilité aux personnes aveugles (les bandes jaunes qui servent de guide partout dans la ville japonaise). Puis, il touche les distributeurs automatiques de boissons, les distributeurs de jeux, les mangas emballés dans du cellophane (tout est plastique) alors qu’elle va toucher le chien Hachiko de la gare de Shibuya qui représente la fidélité (elle a vu cet homme une fois, elle va essayer de le retrouver), pendant que lui est confronté à l’individualisme des activités de chacun dans les salles de jeu, dans une magasin de Ramen issu des chaînes de restaurant (plus ou moins rapide) où chacun est dans son coin aligné sur un bout du bar, sur des escalator (où le sens de défilement de l’image donc du temps perd son importance)… Il rencontre en premier une moitié de lui même (un appareil photo dans un grand magasin, dans un premier temps inaccessible, mais qui finalement ne lui apporte pas grand chose mis à part des regards en coin des personnes autour de lui). On lui donne un tract toujours sans contact (ce tract est la promesse d’un contact payant avec une hôtesse dans un bar, la scène prend probablement place à Akihabara, la ville électronique, comme toutes les scènes face aux machines) puis il rencontre l’autre moitié de lui-même (un autre humain) qui lui apporte la vue (entre deux mondes, sur un pont). Il s’amusent pendant une après midi à des jeux simples, ils se promènent dans les roji (petites ruelles où l’on trouve principalement des habitations de faible hauteur et des chats, images de la vie ordinaire), puis vont, je suppose, dans un eki-biru (ce sont ces grands centre commerciaux construit aux abords des gares dans lesquels on trouve tout, des vêtements à la nourriture), ils mangent ensemble dans un restaurant de Okonomiyaki (on fait soit même les okonomiyaki, du coup c’est une représentation du partage autour de la nourriture en contraste avec l’image précédente) … puis retour à la solitude, on retrouve le rappel des bandes jaunes destinées à l’accessibilité des aveugles, et il retourne à l’arbre, à la nature. C’est très romantique comme vision. La dernière image et celle de l’enfant qui joue et celle de l’espoir d’une évolution dans le sens d’un retour aux relations humaines simples, pour le coup, celle-là, on aura la même à Paris, non ?

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