Pourquoi la chute du marche de la musique va désormais s’accélérer …

Le 16 novembre 2009

J'ai récemment eu une intéressante discussion avec un groupe d'amis travaillant dans l'industrie de la musique -responsable de start-up, ancien manager de label, ancien responsable de la Sacem, etc.- et il m'a semblé intéressant d'en rapporter le propos en le pimentant de mon avis personnel. D'une façon générale, le consensus est que les choses vont continuer à évoluer à peu près comme elles l'ont fait durant les huit années passées : une baisse du marché de l'ordre de 10 à 12% en valeur par an et une augmentation du digital trop faible pour compenser quoi que ce soit. Chacun y va de son bon mot pour expliquer que les gens sont prêts à consommer des CDs , si la musique est bonne ... Voici donc dix prédictions et hypothèses...

Partie 1

J’ai récemment eu une intéressante discussion avec un groupe d’amis travaillant dans l’industrie de la musique -responsable de start-up, ancien manager de label, ancien responsable de la Sacem, etc.- et il m’a semblé intéressant d’en rapporter le propos en le pimentant de mon avis personnel.

D’une façon générale, le consensus est que les choses vont continuer à évoluer à peu près comme elles l’ont fait durant les huit années passées : une baisse du marché de l’ordre de 10 à 12% en valeur par an et une augmentation du digital trop faible pour compenser quoi que ce soit. Chacun y va de son bon mot pour expliquer que les gens sont prêts à consommer des CDs , si la musique est bonne …
Voici donc dix prédictions et hypothèses… On verra d’ici peu et ce post grave dans le marbre une référence de ma capacité divinatoire, ou à avoir l’air ridicule … mais ça ne tue pas comme chacun sait.

1) la chute du marché physique va s’accélérer. En lisant une hypothèse de l’Idate, j’ai été surpris de constater que l’accélération de la chute n’intervenait qu’en 2012. Or, ces études ne prennent pas assez en compte l’accélération du renouvellement des équipements audio. Une chaine hifi se conservait 6/8 an, il y a dix ans, c’est plutôt 3/4 ans à présent. De surcroît, il s’est vendu 640 millions de téléphone avec un player MP3 en 2008 !! Dites simplement à votre petit neveu de 8 ans que vous allez lui offrir plein de CD de musique pour noël et vous allez voir sa tête !

2) Itunes a mangé son pain blanc. J’ai été un très gros utilisateur de Itunes sur lequel j’ai créé des centaines de playlists. Depuis quelques temps, je l’utilise beaucoup moins, n’y trouvant ni smart radio, ni moteur de similarité intelligent, ni encore le fun que je peux trouver sur LastFM en lisant les Bios et commentaires sur ce que j’écoute.
Plusieurs personnes m’ont raporté que Steve Jobs (le patron d’apple pour ceux à qui ça aurait échappé) a interdit à ses équipes de travailler sur un concurrent de Spotify, convaincu que l’avantage concurrentiel de Itunes est trop important pour que cela vaille le coup. Impossible évidemment de savoir si c’est vrai, mais si c’est le cas, c’est une erreur majeure à mon sens.

3) On va enfin parler de musique mobile. Blutooth 2, un vrai réseau 3G. J’ai souvent dit que même en ayant largement participé à l’émergence du marché de la musique mobile, Musiwave restait un échec car elle n’a jamais réussi à capter plus de 2% de part de marché. L’absence totale d’ergonomie, des catalogues réduits, peu de mobiles compatibles, un réseau pas encore au point et une vraie difficulté à exporter le son vers un ampli ont été quelques uns des facteurs bloquants. Or, avec l’arrivée de players réellement ergonomiques avec des catalogues très complets devrait changer la donne. On ressort totalement épaté d’une démo du player de Spotify, et on me dit que celui de Deezer sera encore mieux.
Cette prédiction un peu prétentieuse que je faisais il y a donc quelques années “le mobile va devenir la télécommande de votre chaine hifi et votre principal point d’accès à la musique” est peut être en passe de devenir tout à fait exacte. L’intégration de Blutooth2 (qui permet de transmettre de la Hifi en Stéréo sur l’autoradio de sa voiture ou la chaine de son salon), et la capacité de la 3G améliorée (HSDPA) sont des verrous désormais enfoncés.

4) le MP3 va réellement commencer à disparaitre dès 2010. Je le dis je le répète, le MP3 en fichier a imposé une expérience trop complexe. Acheter un titre online n’est pas naturel pour beaucoup d’entre nous. S’abonner à Spotify ou Deezer l’est beaucoup plus. De surcroît, la manipulation de milliers de titres se révèle rapidement une tache ardue. L’expérience utilisateur, dix ans après l’arrivée du MP3 est sur le point de changer radicalement, à nouveau.

5) Le P2P va peu à peu s’effacer. Déjà les statistiques sont formelles : le P2P n’est plus en croissance. Si vous avez déjà passé des heures pour essayer de récupérer un titre de musique qui s’avère être coupé au bout de 1,30 minutes, vous savez pourquoi l’expérience est quand même assez limitée. Et toutes les raisons du (4) vont aussi dans ce sens. Dans 4 ans, on n’en parlera plus !

7) Il y aura plusieurs plateforme gagnantes. Tout le monde oppose Deezer contre Spotify et Itunes, google, et d’autres nous ont dressé à croire qu’il ne peut y avoir qu’un leader par marché. Mais dans la musique les paramètres pour être bons sont beaucoup plus nombreux. Ainsi LastFM est le meilleur en similarité, mais le plus mauvais en user-expérience. Deezer est le catalogue le plus pronfond, mais l’ergonomie est moins bonne que Spotify (so far). De surcroit c’est l’intérêt des majors et labels.

8 ) L’échange de playlist va largement se populariser. Si vous avez des ado, vous pouvez directement passer au (9)… Sinon, tapez “spotify playlist” dans google, ça vous éclairera.

9) De nouvelles expériences musicales vont émerger (suivez mon regard). Au 18ème siècle lorsqu’on écoutait de la musique, c’était à l’opéra et ça durant 3 heures. En 1965, c’était surtout dans sa chambre et ça durait entre 3,30 et 45 min (les faces planantes de Pink Floyd). Or, aujourd’hui, le contexte d’écoute n’a jamais évolué autant (en travaillant sur son ordi, en marchant dans la rue…) mais le format n’a pas bougé. C’est aussi pour ces raisons que je crois sans limites au mxp4.

10) le marché de la musique va recommencer à croitre en Europe dès 2011.
Cette affirmation amène tout d’abord une vraie question : pourquoi le marché a dévissé aussi fortement? Pourquoi on n’a pas pu enrayer cette chute? Tout simplement parce que c’était beaucoup plus simple d’utiliser un MP3, pour la rapidité de mise en Å“uvre (vous vous rappeler du petit tiroir CD de votre chaine hifi et des boites de CD qu’on ne retrouve jamais?), sa capacité d’échange, et aussi la gratuité, mais pas uniquement.
Or on commence à voir des services qui rentrent en concurrence avec la gratuité, car ils amènent une valeur ajoutée suffisament forte pour que le consommateur ait à nouveau envie de payer.
Évidemment, ça n’est pas encore tout à fait évident, mais je parie que ça va le devenir. Ce qui est déjà évident c’est que si Hadopi fonctionne un tant soit peu, ça va largement aider à ouvrir les porte-monnaies. Cette affirmation concerne donc l’Europe, car de nombreux pays vont passer des lois Hadopi-like.

Merci de ne pas trop vous moquer de moi lorsque vous me croiserez dans la rue dans deux ans.

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Partie 2

pirate

A l’issue du papier “Pourquoi la chute du marche de la musique va désormais s’accélérer”…, nombreux ont été ceux qui se sont exprimés, parfois avec une certaine virulence, directement sur le blog, un peu sur facebook, mais surtout en envoyant directement leurs commentaires dans la boite mail de l’auteur, pour ceux qui la connaissaient.
Certains arguments faisaient beaucoup de sens, tandis que d’autres étaient clairement tendancieux, voire de mauvaise foi. Il nous a donc semblé intéressant de résumer les points de désaccord les plus marqués, pour continuer le débat et tenter de parvenir à un consensus plus élaboré. C’est l’idée des 11 points qui suivent. 10 reprennent ceux de du post, et un onzième fait la synthèse.

1) Concernant “la chute du marché physique va s’accélérer”. C’est sans surprise le seul sur lequel vous avez été tous unanimes. La plupart d’entre vous font d’ailleurs observer que cela fait déja des années qu’ils n’ont pas acheté un CD. Petite surprise cependant, le retour du Vinyl, qui a cru de…. 310% entre 2001 et 2008 en Angleterre… Il est vrai qu’à 340M de £ en 2008, cela reste un petit marché.

2) Concernant “Itunes a mangé son pain blanc”. Il s’agit clairement un point controversé. Mais ce qui semble surprenant, c’est la conviction de beaucoup d’internautes que la position dominante d’Itunes est bien assurée. Il nous semble étonnant de ne pas prendre en compte que ce qui a été fait en cinq ans ne pourrait être défait dans le même temps, voir moins. La notion de possession de la musique (les fichiers sont sur mon disque dur, donc ils sont à moi) semble également être un argument de faible poids. D’ici peu, on oubliera même qu’on stockait la musique en local. Certes, il ne faut pas être prisonnier d’une offre de streaming et il sera impératif que l’on puisse exporter ses playlists (en xml par exemple), mais c’est une idée qui fait son chemin, de ce que j’en sais.
La pseudo dépendance des terminaux avec ITunes ne me semble pas un argument. Ce fut vrai un court moment avec les Ipods -et la DRM Fairplay-. Deezer et Spotify s’affranchissent brillamment de cette contrainte.
Il est également surprenant de constater que beaucoup contestent les prix élevés des CD (physiques), mais que le prix élevé des titres sur Itunes (qui pourtant n’a que peu de coûts logistiques…) semble acceptable…

3) Concernant “On va enfin parler de musique mobile”. C’est un argument qui est contesté sur le plan technique. Les réseaux ne supporteraient pas un usage massif. Or, pour avoir pas mal travaillé sur le sujet, il est très difficile d’affirmer cela. A priori, les réseaux sont à même de supporter un niveau de débit sensiblement supérieur à l’usage que nous en faisons actuellement. Il ne faut pas oublier que l’infrastructure UMTS a au départ été conçue avec l’idée qu’une part non négligeable des abonnés feraient des video-calls ; usage qui ne s’est finalement pas concrétisé. La musique nécessitant environ 8 fois moins de bande-passante qu’un video-call, cela ne semble donc pas être une difficulté incontournable. Sans compter du fait que le HSDPA (la 3,5G) est en déploiement rapide (avec 2Mb en descendant !), que les réseaux micro-cellulaires devraient permettre d’augmenter encore la capacité. Il est ainsi difficile de douter du fait que l’expérience de musique mobile va exploser à court terme, y compris dans les pays émergents.

4) Concernant “le MP3 va réellement commencer à disparaitre dès 2010″. C’est une vraie satisfaction d’observer que personne ne conteste vraiment ceci. Des journalistes américains et Brésilien ont d’ailleurs repris cette note. Il est heureux que cette disparition intervienne, permettant ainsi de faire émerger de nouveaux standards, sensiblement plus performants en ce qui concerne l’expérience artistique.
En revanche, nombreux sont ceux qui doutent que le streaming puisse devenir dominant. Cette notion (un peu grégaire, il faut l’avouer non?) de ‘possession’ des fichiers MP3 semble tenir fortement à coeur de certains ! Les auteurs de ce papier prennent les paris à cinq contre un. Reste à trouver un arbitre fiable.

5) Concernant “le P2P va peu à peu s’effacer”. C’est de loin le point qui a été le plus contesté. Il semblerait que parmi nos lecteurs, beaucoup soient des adeptes de cette technologie. Il est pourtant difficile de contester son déclin, constaté par de nombreuses études. Les ISP eux même confirment que le trafic issue du P2P est en nette baisse. Quand à son efficacité, les doutes exprimés lors de notre post initial peuvent être renouvelés : sur Limewire, en tapant “Dance” et “Prince”, entre l’instant d’envoi de la requête et le début de l’écoute d’un titre, il nous a fallu six minutes (avec un abonnement ADSL 30Mb) avant de commencer à écouter un titre improprement encodé (128kb en MP3). Ça marche certes, mais ça n’est en rien comparable à une plateforme de streaming qui offre une qualité de 256Kb ou plus, et une écoute instantanée.

7) Concernant “Il y aura plusieurs plateforme gagnantes”. Encore une fois, il est étonnant de voir à quel point le joug de Itunes semble être perçu comme une fatalité, pour le siècle à venir. Peu d’entre vous imaginent que les lignes de front puissent être enfoncées et qu’un ou plusieurs autres challengers prennent cette (ces) place enviée. Pourtant, une erreur de stratégie aussi simple que celle qui consiste à ne pas passer au “all you can eat” et au streaming pourrait bien leur être fatal. Mais encore une fois, ne présupposons pas que le vers soit nécessairement dans le fruit… Il est clair qu’historiquement, Apple a fait preuve d’une capacité de réaction remarquable.

8 ) Concernant “L’échange de playlist va largement se populariser”. Il importe de préciser que les playlists s’échangent pour l’instant dans une logique fermée. Votre serviteur a récemment suggéré au management de Spotify et de Deezer d’adopter le xml comme standard d’échange de playlists, ce qui est déja le cas de Itunes.

9) Concernant “De nouvelles expériences musicales vont émerger”. Évidemment, le moins que l’on puisse dire c’est que tout le monde ne suit pas notre conviction que le mxp4 puisse devenir un format de prédilection. Pourtant de nouveaux développements devraient être révélés en 2010, qui devraient pousser les septiques à revoir leur jugement.

10) Concernant “le marché de la musique va recommencer à croitre en Europe dès 2011″.

C’est pour le moins un point contesté ! Beaucoup d’internautes entendent ici “les majors vont à nouveau vivre grassement sur le dos des internautes et des artistes”. Le fait est que toute la croissance du marché devrait être tirée par une nouvelle catégorie d’acteurs, petits labels, start-up internet… Les majors n’ayant -à notre sens- de toute façon plus de structures adaptées à ce nouveau monde.
La question du prix est évidemment très présente dans vos réactions. Or, un calcul assez simple, montrant que si la moitié des foyers français payaient seulement 4,5 euros par mois pour une offre de musique exhaustive, le marché français serait à nouveau en nette croissance. C’est d’ailleurs le point que nous avions défendu auprès de la commission Internet et Création : plus qu’une logique répressive, la mise en avant d’offres compétitives, et économiquement accessibles.

Et 11) En synthèse… Le point le plus notable nous semble être ce sentiment très fort, qu’un nombre assez significatif d’entre vous expriment, concernant la gratuité de la musique. 200 ans après la déclaration des droits de l’homme, il semble que l’accès libre et gratuit à la musique, voire plus largement à tous contenus, soit à présent également considéré comme un droit fondamental.
La notion de licence globale est revenue (par email) à deux reprises ; il semble important de rappeler qu’elle pose des problèmes de Droit assez structurel. La France et l’Europe sont signataires de nombreux accords (GATT, OMC…) sur le respect de la propriété intellectuelle (1), qui -à priori- rendent particulièrement difficile la mise en Å“uvre de cette idée.
A ce titre, Hadopi en prend pour son grade. Il est vrai que les obstacles semblent nombreux avant que cette loi puisse être mise en Å“uvre efficacement, si elle l’est. Il n’en reste pas moins vrai qu’il est hypocrite de soutenir que la loi est inique car opérée par des serveurs. Les radars automatiques n’ont aucune modération humaine et malgré tout le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’État et la Cour de Justice Européenne ne les ont pas remis en cause.

Romualdo, avec la participation de Babgi.

(1) sur ce sujet et plus globalement un article écrit dans le Figaro, et reproduit par invention.ch, résumant plus largement les enjeux de la propriété intellectuelle et artistique.

NB : vos avis sont bienvenus, la courtoisie et la retenue les rendent encore plus pertinents.

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  • Vouze le 16 novembre 2009 - 19:57 Signaler un abus - Permalink

    Allez, quelque remarques :

    1) le marché du support physique va continuer à tomber, mais ne disparaîtra pas totalement. Grâce à l’effet “Long Tail” la vente de support physique deviendra un marché de niche, peu rentable certes, mais qu’il serait idiot de négliger.

    4) le MP3 disparaît en faveur du FLAC : c’est une compression sans perte. La place disque étant de moins en moins chère, la perte de qualité n’est plus justifiée. Donc avant 2010, les plateformes légales continueront à proposer des formats avec pertes, étant en retard sur l’offre pirate, encore une fois.

    5) le P2P en tant que principe ne disparaîtra pas : Steam et Spotify utilise du P2P. Et surtout le P2P ne sert pas qu’à la musique et aux films.

    4) et 5) ensemble : effectivement, il est très intéressant de ne pas stocker et classer sa musique. En attendant que Google invente un service de streaming gratuit et illimité, (ce qui mettra un grand coup de pied dans la fourmilière), ce n’est pas encore acquis. L’avenir de la musique ne peut être qu’une offre forfaitaire illimité, gérée par un programme à la spotify, qui stocke les morceaux programmés en local pour une utilisation off-line, ou vers un baladeur (le tout sans DRM : pourquoi perdre de l’argent dans des protections contournables donc inutiles ?).

    9) on a beau vouloir être à la pointe de toutes les technos, la visiophonie a toujours été un échec que ce soit dans les années 80 ou mainteannt avec les téléphones 3G ou Internet : ça reste un gadget pour un usage anecdotique. De même, la musique est faite pour danser ou en musique de fond la plupart du temps. Tout autre gadget est superflu.

    10 et 11) la musique est un moyen, et pas une fin en soit. Les années CD ont données trop de valeur à la musique, en cultivant la rareté : rareté des sources faisant autorité (radio, télé), rareté artificielle des support physique (à moins 10 cts le CD à la sortie de la presse, vendu plus de 20 euros chez les disquaires, la culbute était impressionnante).

    L’industrie ne fait que récolter la tempête en ayant semer le vent. Mais tout cette émoi va se tasser, et la musique sera de nouveau considérer comme l’air qui la transporte : trop abondante pour être facturable.

    Déjà maintenant, la musique gratuite est à la portée de tous : tapez “creative common” pour vous en convaincre. La stratégie gagnante sera de donner gratuitement sa musique en ligne, pour vendre ses places de concert ou des CD collector, des DVD (avec valeur ajoutée) ou des produits dérivés.

    L’avenir de la musique ne peut être que gratuit :

    http://www.jamendo.com/fr/
    http://fr.creativecommons.org/

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  • Pierre-Alexandre Xavier le 17 novembre 2009 - 1:28 Signaler un abus - Permalink

    Papier très intéressant et instructif. Mais il y a un point sur lequel j’aimerais revenir.

    7. Plusieurs plates-formes gagnantes.

    Gagnantes oui, mais pour qui ?

    Je comprend assez bien votre point de vue et j’entends bien la contestation due à la force de iTunes dans l’esprit des pionniers de la musique en ligne. Toutefois, si je reste, comme vous, persuadé qu’il y a de la place pour beaucoup, je crois que la réalité sera plus radicale. Tout comme dans d’autres secteurs, les principaux détenteurs de propriété musicale (Universal et Sony en tête) continueront d’exercer une domination pendant les quinze prochaines années (ou bien ce sera à votre tour de rire de ma déclaration en 2025).

    Les majors n’interviennent pas que dans la distribution, où elles sont effectivement mises à mal par l’atomisation (qu’elles ont elles-mêmes déclenchée). Elles continuent de capter la ressource (les auteurs, les compositeurs et les interprètes) en amont. Et cette captation n’est pas tributaire ni des technos, ni des usages (du moins en l’état). Il faudrait une sacrée mobilisation des utilisateurs et des producteurs (auteurs, compositeurs) pour plomber la dynamique lente mais certaine des plus gros acteurs du marché.

    Faut pas rêver, un auteur qui a le choix entre le chemin de croix de l’autopromo indépendante et la voie royale du contrat d’esclavage d’une Major, l’écrasante majorité oublie instantanément la première option… Il faudra encore attendre deux générations pour atteindre la terre promise.

    Donc, je vous suis sur les plates-formes multiples (à la manière des opérateurs de la téléphonie, suivez mon regard) mais presque toutes contrôlées par une poignée de Majors dominantes qui ont également des tentacules dans le cinéma, la radio, le spectacle, etc. C’est l’avantage d’être une banque plutôt qu’un éditeur de musique ou qu’un authentique label de production.

    Oui les labels et les artistes indépendants existeront davantage que dans le monde des référents médias, mais ils seront tributaires des canaux de diffusion massive. D’autant que l’avenir de MySpace, qui a été un facteur important de l’émergence de nouveauté, n’est pas assuré, voire compromis. Il ne faudra pas longtemps pour que les Majors mettent elles-mêmes en place des laboratoires divers et variés pour finir d’enterrer MySpace.

    Il est donc à craindre, d’après moi, que le paysage des quinze prochaines années voient la suprématie de trois ou quatre plates-formes mondiales dominantes (75% du marché) appartenant à Universal, Sony, EMI et Warner, flanqué de près par des opérateurs externes à l’industrie de la musique mais natifs du Web (pour 20% du marché) comme Apple, Google et Microsoft (également acteurs du marché de la téléphonie mobile) et enfin une myriade de labels et artistes indépendants fonctionnant comme des micro-niches ou des incubateurs de talents mais ne représentant que 5% du marché et subissant à la fois la pression des gros et la compétition des innombrables petits.

    Et il n’est pas impossible de voir des alliances se faire entre les plus gros afin de conserver la main. Je prend pour exemple le partenariat Warner – Sony sur le Blu-Ray qui a immédiatement rayé de la carte Toshiba pourtant encouragé et épaulé par Microsoft, NEC et Intel.

    Il aura fallu presque dix ans pour que les utilisateurs se débarrassent de l’idée de propriété de la musique (MP3) et il faudra encore dix ans pour qu’ils commencent à devenir autonomes vis-à-vis des marques ! Voyez-vous même comment vos lecteurs contestent le tassement prochain (et probable) de iTunes… Donc côté user ce sera très avantageux, mais côté producteur de musique, ça ne change pas vraiment la donne…

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  • Vouze le 17 novembre 2009 - 14:56 Signaler un abus - Permalink

    Remarquez que “spotify plyalist” sur google ne renvoie 500 000 résultats, quand “creative common music” en a 80 millions. (sans parler des 251 millions de résultats pour “creative common” seul)

    Le premier travail d’un artiste professionnel est la scène, et donc la promotion qui y amène. La communication de la SACEM est de faire croire que les artistes sont des gentils troubadours bohème. Dans les faits JJ Goldman et Obispo sont de terribles businessmen. Le marketing est le coeur de leur métier : l’esthétique et l’aspect “humaniste” de la dernière chanson d’Obispo est trompeuse, car il ne représente pas une Å“uvre caritative : tout l’argent de sa chanson sera pour lui. Jamiroquaï se donne une image écologiste, mais se fait arrêter dans une course illégale entre Londres et Paris. Ils ne font que prouver que leur métier est de séduire leur public, pour que celui-ci leur donne de l’argent en quantité déraisonnable, si on regarde bien le système en face.

    N’oubliez jamais que ceux qui peuvent vivre uniquement de la musique sont des exceptions. La musique est avant tout un loisir, qu’on pratique surtout dans un cadre associatif.

    L’avantage d’une major était de :
    - promouvoir l’artiste
    - distribuer la musique
    - avancer les fonds

    La promotion par Internet est très facile, au moyen d’Internet ; Myspace propose la musique en écoute, et les fans sont informés des concerts en s’abonnant à des mailing lists.

    La distribution peut être assurée directement par iTunes, Amazon etc.. ( http://advantage.amazon.com/gp/vendor/public/join-advantage-music )

    Grâce à l’informatique et les logiciels libres (encore une fois et indirectement grâce à Internet) les coûts d’enregistrement ont baissé. La location d’un studio est abordable. Le mastering reste cher, (mais une nouvelle fois), grâce à Internet l’envoie des pistes permet d’utiliser une société de mastering à l’autre bout de la planète.

    Au final, l’enregistrement d’un disque coûte le prix d’une grosse voiture allemande, ce qui n’est pas inatteignable (surtout pour un groupe de quatre personnes qui travaillent par ailleurs).

    La baisse des coûts de production grâce aux progrès technologiques, permettent à beaucoup plus de monde d’avoir la possibilité de s’auto-produire.

    Cette profusions de musique sera à l’avenir difficilement facturable en ligne. Mais le métier d’un musicien est de faire de la scène : il n’y a que là qu’il pourra faire son blé, et aura tout intérêt à favoriser le plus possible la diffusion de son Å“uvre par ailleurs.

    Internet va tuer les majors mais pas la musique, ni l’artiste, bien au contraire !

    http://fr.readwriteweb.com/2009/07/18/divers/d2f-direct-to-fan/
    http://master.pcinpact.com/actu/news/50988-hadopi-snep-universal-adami-sacem.htm

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  • dianaros le 17 novembre 2009 - 20:15 Signaler un abus - Permalink

    Personne ne sait vraiment comment tout cela va évoluer, malgré tous nos efforts d’analyse… Qui aurait décrit nos habitudes de consommation musicale actuelles il y a dix ans ?… Deux choses me frappent.

    1) I Tunes, (que j’aime beaucoup et bien que j’achète toujours des CD, je consomme de la musique sur I tunes avec plaisir). Avez-vous remarqué que sur les plates-formes I Tunes d’Amérique du Sud, d’Europe de l’est et d’Asie sauf le Japon, il n’y a plus de musique ? On ne peut qu’acheter des applications… révélateur non ?

    2) La qualité du son, de la chaîne HIFI, du hardware si appréciée dans les années 70/80 n’a plus la côte… Au mieux chez les potes, des systèmes Boze, avec caisson de basse dans le placard et HP cachés dans les rideaux, et ça balancent un son inaudible, j’ai envie de le répéter INAUDIBLE, plus c’est fort plus c’est nul… Si les gens reprennent goût au bon son, ils recommenceront peut-être à s’approvisionner en formats plus performants… Malheureusement, les oreilles des jeunes d’aujourd’hui ne connaissent pas le plaisir d’écouter sur une bonne chaîne un bon album…. J’ai commencé à travailler l’été dès l’adolescence (13 ans) pour gagner de l’argent de poche et avec mes dix premières paies, je me suis achetée un top-kit pour écouter de la musique… avec Ampli/pré Ampli MacInsosh à lampes, légendaire matos – http://www.mcintoshlabs.com (les connaisseurs sauront de quoi je cause). Par contre à la même époque nous regardions la télé sur des écrans minus, médiocres et sans aucune définition.
    Il faut peut-être (re)commencer par là, par le son, par donner envie aux gens d’entendre un son de qualité… quel que soit notre goût pour telle ou telle musique… Voilà ma petite contribution du jour !!!

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  • Guillaume Ledit le 17 novembre 2009 - 20:35 Signaler un abus - Permalink

    Diane Tell vient de s’adresser directement à moi. J’aime mon boulot.

    Et bonne soirée à tous :-)

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  • Pierre-Alexandre Xavier le 17 novembre 2009 - 23:27 Signaler un abus - Permalink

    @ Guillaume : heureux homme…
    @ dianaros : sans éducation, pas de qualité.
    @ Vouze : en théorie, tu as tout à fait raison. En pratique, l’individu est mû par l’intérêt et par le confort. Et tout ce que tu proposes est parfaitement inconfortable pour un risque évidemment trop grand et un gain très hypothétique. La force des Majors ne réside pas dans les mécanismes de production mais dans la puissance financière qui permet d’inonder les écrans et les ondes de ce qu’ils veulent. Personne n’arrête une banque avec du contenu. En revanche, je crois beaucoup aux sites de crowdfunding et au crowdsourcing pour le développement de la musique indépendante. Mais cela ne se fera pas en un jour. Il faudra bosser, que des grands noms de la musique indépendante s’en fassent l’écho et que la SACEM enlève ses salles pattes de là…

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  • nicolas le 19 décembre 2009 - 18:07 Signaler un abus - Permalink

    Rien n’arrete la technologie et pourquoi ne pas imaginer que dans 10 ans tout se fera a partir d’une seule machine qui proposera le plus simplement du monde de voir toutes les chaines TV du monde, ou d’écouter toutes les musiques du monde via une interface similaire à deezer. Et le tout sans aucun temps d’attente, ni problème de bande passante…

    par contre, même si l’article est bien écrit, je trouve bizarre que tu donnes des dates avec autant de certitudes. Le MP3 qui disparait des 2010 ou le marché de la musique qui reprend en 2011, comment peux tu le savoir avec certitude ?

    Enfin, concernant le marché du vynil, je suis heureux de savoir qu’il a augmenté de 310% entre 2001 et 2008. Pour anecdote, on m’a filé un 33 tour des prostitutes alors que je n’ai aucun tourne disque, et le fait de tenir un tel objet dans mes mains a été un grand moment. L’objet en lui même est magnifique, on dirait une sculpture… et la pochette carton, enfin c’est autrement plus fort que le plastique ! Donc sur le point du marché physique je ne te suis pas. Je pense que la musique ne peut continuer d’exister si elle n’a pas un matériel physique pour la représenter. Certes l’achat de CD a baissé au profit de sonneries portables ou de téléchargement, mais je pense qu’un retour au vynil peut être envisageable. Avec pourquoi pas une sorte de tourne disque nouvelle génération qui permettrait de lire un 45 tour, tout en rechargeant son iphone et tout en ayant la possibilité de se connecter a deezer.

    nico

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  • Musical Mind le 13 octobre 2011 - 5:07 Signaler un abus - Permalink

    C’est bien tout ça…je garde tout de même espoir !!

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