Etre artiste en 2010

Le 6 mars 2010

Le point de vue de ce post n'est pas de juger ce qu'il convient de faire pour être un bon artiste, mais de ce qu'il conviendrait sans doute de faire pour exister un minimum et, disons-le abruptement, augmenter son efficience commerciale.

766720487_b299807077_b

Lors du Midem, nous avons assisté à de nombreux débats sur la “juste place” d’un artiste en 2010. Certain souhaitent les enfermer loin de toute tentation technologique, sur le plateau du Larzac, avec leurs potes musiciens et leur guitare, tandis qu’à l’autre extrême, nombreux sont ceux qui ne peuvent plus concevoir que les artistes ne twittent pas au moins 10 fois par jour, soient sur FourSquare, managent eux même leur communautés de fans, et tutti quanti.

Et, il faut avouer que le spectre d’expériences rencontrées n’aide pas à se faire une conviction… Entre la rockeuse Noush Skaugen, qui a (accrochez-vous) 1,244,000 followers sur twitter, un site à son nom particulièrement bien tenu, des pages sur Facebook, Myspace, et d’autres -dont nous tairons le nom-, qui n’ont absolument rien, il y a un monde, parfois sans qu’il n’y ait une génération, ni même une seule année d’écart.

Le point de vue de ce post n’est pas de juger ce qu’il convient de faire pour être un bon artiste, mais de ce qu’il conviendrait sans doute de faire pour exister un minimum et, disons-le abruptement, augmenter son efficience commerciale. De surcroît, ces recommandations sont nuancées en tenant compte du fait que les artistes peuvent avoir des status très différents, de l’un à l’autre. Nous connaissons un Alto des “Arts Florissants” qui travaille 10h par jour. Autant dire qu’il n’a sans doute que peu envie d’aller gérer sa page facebook à la fin de sa journée. Et par dessus le marché, une certaine catégorie d’artistes conçoivent leur travail comme une ascèse au cours de laquelle une activité de ce type est en contradiction nette avec leur art.

Cependant, pour ceux qui souhaitent être au fait de ce qu’il se pratique aujourd’hui, voici quelques observations.

the-myspace-guy-par-joits

Les sites communautaires: longtemps encensés pour leur capacités à agréger les fans, les sites communautaires -facebook compris- sont de plus en plus remis en cause en raison de leurs dispersions et du temps qu’il est nécessaire d’y consacrer. Même si en France, la notoriété en a pris un coup (assez rude), Myspace reste, au niveau mondial, la référence en matière de musique, avec plus de 6 millions de comptes d’artistes. loin, très loin devant facebook, dont les fonctionnalités ne sont pas faites pour les musiciens.

Les sites B2B, du type Ioda, the Orchard, ou Believe font le travail qu’un artiste ne peut que difficilement faire : aller signer avec chaque plateforme pour se distribuer. Ils prélèvent une part conséquente des revenus, mais mieux vaut des revenus que pas de revenu du tout. ces sites multiplient les fonctionnalités et devraient devenir des outils incontournables pour les artistes.

Youtube: il faut le rappeler ; un tiers du trafic internet mondial est dû à Youtube, site qui est totalement indexé par google.com . Même s’il ne s’agit pas d’un support très qualitatif, le laisser de coté revient à négliger une part de voix significative.

Twitter: est devenu une sorte de phénomène -incontournable- pour les artistes également. il n’y a qu’à voir le nombre de stars qui l’utilisent quotidiennement pour s’en convaincre. Le site est comparé, aux états-unis à une drogue dure par Rolling-Stones, tant il parvient à créer un lien fort entre les artistes et leurs fans. Recevez chaque jour, en direct de chez elle, la pensée lumineuse de Alicia Key, ou mieux encore de Britney Spears… C’est un peu moqueur, mais n’en est pas moins d’une puissance incomparable. Foursquare, un peu dans le même principe, reste trop jeune pour qu’il soit possible de juger de sa pertinence… Si un artiste ne devait s’approprier qu’un seul outil, il nous semble que cela devrait être celui-là.

Et sinon... Bien entendu, chaque artiste pourrait développer son site à son nom, y intégrer de la vidéo, de l’e-commerce, etc. Ceci nécessiterait cependant des moyens considérables à cette échelle.
Il existe également de très nombreux autres sites et modèles. Nous en parlons régulièrement dans ce blog. L’usage de l’un ou de l’autre dépend de l’activité propre à chaque artiste. Il n’en reste pas moins vrai qu’il nous semble qu’un artiste se doit, aujourd’hui, d’être à minima conscient de cet univers virtuel et, tout comme il choisit les salles où il parait, décider des outils et plateformes qui vont assurer sa visibilité sur Internet.

> Artiste initialement publié sur Sawndblog

> Illustrations par laura musselman et par Joits sur Flickr

Laisser un commentaire

  • Serge ULESKI le 12 mars 2010 - 10:27 Signaler un abus - Permalink

    On pourra difficilement pardonner à nombre de professionnels de l’Art contemporain – directeurs de musée et/ou de centres d’Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d’expositions, critiques d’art, les DRAC et les journalistes d’avoir lamentablement échoué dans leur mission.

    A défaut d’être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d’être les relais serviles d’agences de relations publiques, de créations d’événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l’Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d’entretenir et de promouvoir l’image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles… abusivement appelés : artistes.

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d’être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l’abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l’Art contemporain (qui vraiment, n’en avait pas besoin !!!), avec des figures telles que Jeff Koons coté à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l’Art avec l’industrie du divertissement… et du luxe, en l’occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu’ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque – époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l’on croit avoir compris d’elle, qui n’est, le plus souvent, que ce qu’on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l’on est capable de saisir d’elle…

    Et alors que la production qui nous est proposée ne reflète que l’aspect le moins pertinent parce que… de toutes les époques, ce prosélytisme au service d’un esprit mercantile ; esprit qui finalement, nous distingue si peu de l’animal ; animal qui est, tout le monde en conviendra, bien incapable d’accoucher d’un Léonardo, d’un Boulez, d’un René Char, d’un Zao Woo-ki, d’un Picasso, d’un Giacometti, d’un Ligeti, sa production étant limitée le plus souvent à des déjections fécales, nécessaires certes mais… en aucun cas, ne pouvant trouver leur place dans nos centres d’Art, même et surtout, contemporains.

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l’esprit qu’il se pourrait bien qu’ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées – sinon dissuadées -, face à l’incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d’être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s’évanouit à jamais.

    Alors…

    Pour tout ce gâchis humain et artistique… réclamons une minute de silence…

    Sinon, l’éternité.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
1 ping

Derniers articles publiés