Insulter les journalistes fait-il mieux exister ses idées?

Le 20 octobre 2010

Jean-Luc Mélenchon, Bernard Tapie, Benjamin Lancar..., invectiver les journalistes est un sport à la mode dans le milieu politique. Revue d'injures et analyse de cette tactique de communication.

Calomnier les journalistes est devenu une technique communicante actuellement très en vogue chez de nombreux acteurs de la vie politique. Le gourdin de l’injure est en soi loin d’être inédit et même une antienne usitée depuis des décennies à l’encontre des reporters jugés trop importuns ou critiques. Mais ces derniers temps, quelques figures notoires s’y adonnent avec une gourmandise énervée assez surprenante.

Pourquoi tant de virulence à répétition à l’égard d’une profession qui certes n’est pas exempte de reproches mais qui s’efforce malgré tout de faire son métier d’information ? Faut-il y voir une astuce manipulatrice pour susciter ce fameux buzz médiatique dont beaucoup sont friands pour exister sur la place publique ou bien une tendance lourde de la dégradation d’un métier malmené et vilipendé ? Quelques éléments de réponse dans le fatras des insultes !

« Il y a désormais un droit à l’insulte ouvert dans ce pays, ce qui laisse augurer d’une campagne présidentielle « très agréable » pour les journalistes »1. Ce constat mi-amer, mi-ironique émane de Thierry Thuillier, le directeur de l’information du groupe France Télévisions suite aux insultes proférées quelques jours plus tôt par le sénateur et leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon à l’égard du présentateur du JT de 20 heures de France 2, David Pujadas.

Pourquoi tant de haine ?

L’élu n’avait en effet pas hésité à qualifier le journaliste de « salaud », « laquais » et « larbin du pouvoir » pour son interview jugée trop pugnace d’un syndicaliste CGT impliqué dans des actes de dégradation de biens suite à la fermeture programmée de l’usine Continental de Clairoix (Oise). Sommé de s’expliquer par la confrérie journalistique sur cet écart de langage, Jean-Luc Mélenchon a au contraire persisté en refusant de formuler la moindre excuse. Bravache à souhait, il a même renchéri sur son accusation initiale2 : « Oui, après tout, c’est vrai. C’est tout ce qu’il méritait ».

Ce qui pourrait apparaître comme une énième et superfétatoire passe d’armes pour initiés du microcosme politico-médiatique relève en fait d’un phénomène qui a tendance à nettement s’accentuer depuis quelques mois, tous camps politiques confondus. En s’attaquant de plus en plus frontalement aux journalistes, les politiques surfent allègrement dans l’air du temps et essayent de capitaliser à leur avantage l’étiolement certain dont souffrent les journalistes.

Paru en 2009, ce petit livre aborde les vraies questions du journalisme

L’étoile du « quatrième pouvoir » comme on surnomme souvent les journalistes s’est en effet singulièrement flétrie au gré du temps. Les racines de cette situation délétère sont profondes. Dans un livre pertinent3 publié en 1991, Yves Mamou diagnostiquait déjà la tumeur en citant deux sondages aux chiffres éloquents. Le premier réalisé trois ans plus tôt par le quotidien La Croix indiquait que 50% des Français estimaient la presse pas assez indépendante des partis politiques et des pouvoirs de l’argent. Le second mené par Le Nouvel Observateur établissait un classement préférentiel des métiers prestigieux aux yeux des Français. Lequel reléguait les journalistes en queue de peloton aux côtés des prostituées et des députés !

Le verdict aurait pu constituer un électrochoc salutaire. Il n’en fut rien et même pire. En 2007, un sondage LH2-Libération renvoyait un scanner encore plus implacable : 62% des Français jugent les médias dépendants des pouvoirs politiques. À l’orée de la nouvelle décennie, l’érosion de la confiance est encore montée d’un cran. Dans sa dernière livraison de janvier 2010, le désormais classique coup de sonde du journal La Croix montre que les compteurs se sont un peu plus encore enfoncés en zone rouge. 66% des personnes interrogées considèrent que les journalistes ne résistent pas aux pressions des partis politiques et du pouvoir et 60% prêts à succomber aux pressions de l’argent.

Cette défiance accusatoire à l’égard de la presse n’est pas un fait fondamentalement inédit. Par exemple, l’écrivain et journaliste Jules Vallès plantait déjà des banderilles acérées sur son dos en la soupçonnant de blâmables collusions dans les colonnes du journal Le Peuple : « Depuis 1852, la presse a toujours eu pour égéries certaines puissances financières ». En revanche, l’argument ressort à intervalles de plus en plus réguliers. Lors de la dernière élection présidentielle de 2007, François Bayrou n’a pas hésité à son tour à taper du poing sur la table en s’insurgeant contre la fracture médiatique sévissant entre d’un côté, les deux poids lourds Sarko et Ségo couvés et choyés par les médias et de l’autre, la piétaille des autres prétendants réduits à jouer les supplétifs de bas étage dans un duel bipolaire écrit d’avance.

Un contexte de récusation des élites

Pas de chance pour la presse ! Les reproches qu’on lui assène coïncident pile poil avec l’avènement d’un contexte sociétal de récusation généralisée des élites. Jamais les esprits n’ont été en effet aussi échauffés et au bord de la crise de nerfs à l’égard de ceux qui incarnent une autorité. Un cocktail détonnant de peur, de suspicion et de sectarisme semble s’être enkysté de manière récurrente dans les moindres recoins de la société. Plus aucun domaine n’est épargné par les admonestations énervées. Politique, économique, diplomatique, industriel, médical, scientifique, environnemental mais aussi social, militaire, sportif, religieux, générationnel, éducatif, tout le monde est logé à la même enseigne et la liste noire est loin d’être exhaustive !

Dans ce tir aux pigeons où la remise en cause des élites et des experts est devenue systématique, les journalistes en prennent évidement plein leur grade au même titre que la liste égrenée ci-dessus. Le sociologue Michel Maffesoli le constate sans détours4 : « Depuis deux décennies, un très grand fossé s’est creusé entre l’élite, ceux qui ont le pouvoir de dire, et le peuple, ceux qui n’ont pas le pouvoir de dire. C’est une crise globale de la représentation qui affecte le vieux contrat social républicain. Toute société a besoin de se dire et de se raconter. Même si le discours n’est que rituel, il sert de référence commune. Cette fonction de dire la société revient aux clercs. Or aujourd’hui le discours des clercs ne correspond plus du tout à la réalité. Cette rupture introduit un sentiment de mensonge global. On ne se sent plus représenté. Donc on suppute qu’on est trompé. »

Le journaliste, au même titre que l'expert, est tombé de son piédestal.

La déliquescence est donc installée. Le journaliste est désormais regardé comme au mieux un acteur brinqueballé et manipulé par des enjeux qui le dépassent ou au pire un collabo versé dans la collusion avec les puissants, voire un chasseur sans foi ni loi de scoops sensationnalistes et racoleurs. Il faut bien avouer que cette métastase de la défiance a été largement alimentée par de nombreux journalistes. Par des renoncements serviles, à cause d’ambitions cupides et/ou par laxisme déontologique, la profession s’est abîmée en endossant régulièrement les habits de l’apprenti faustien pactisant avec le pouvoir politique tout en croyant pouvoir s’en défaire lorsque nécessité se fait jour.

Dominique de Montvalon, ancien directeur de la rédaction du Parisien et rédacteur en chef du service politique de France Soir, témoigne de ce flip-flap radical que le public français a opéré à l’égard des journalistes. Lesquels sont aujourd’hui allègrement perçus comme des suppôts d’un ordre établi5 : « Ce n’était pas le cas quand j’ai débuté il y a trente ans et quelque. À l’époque, j’étais au Point. Les gens se disaient : « Oh la la ! Vous devez en connaître des choses et des gens ». Je caricature un peu mais il y avait une forme d’admiration, de déférence. Il fréquente les puissants et il sait les secrets du monde. Trente ans plus tard, c’est la situation inverse. Les journalistes font l’objet d’un rejet ou en tout cas d’une violence inouïe. On leur reproche d’être du même monde, d’avoir les mêmes analyses, les mêmes loisirs, les mêmes habitations, les mêmes types de réflexe et de servir chacun à sa façon, le même brouet qui devient assommant. C’est une espèce de pensée conformiste, politiquement correcte et d’autant plus insupportable que la majorité des journalistes adopte volontiers un ton arrogant. Ils ne disent jamais ne s’être trompés, ne pratiquent guère le doute et ne corrigent pas leurs écrits ou leurs paroles. »

Petit florilège 2010 de castagne anti-journaliste

Matraquer verbalement les journalistes est la marque de fabrique de Jean-Luc Mélenchon.

Dans ce contexte de désacralisation des journalistes, l’arsenal déployé par les politiques donne de moins en moins dans la fioriture. Le mot d’ordre peut même se résumer la plupart du temps dans les quelques mots d’une boutade sarcastique inventée par des conservateurs radicaux américains à l’adresse de certains journalistes peu avenants : « If you don’t like the message, shoot the messenger ». Autrement dit, puisque les journalistes souffrent d’une cote d’estime aussi basse auprès de l’opinion, pourquoi se priver de tirer dessus à boulets rouges pour redorer soi-même son blason ?

Dans ce matraquage verbal en règle, Jean-Luc Mélenchon a clairement pris une longueur d’avance parmi ses confrères et consœurs de la classe politique française. Au sein d’une mouvance de gauche anticapitaliste en pleine recomposition où le leadership reste à conquérir, ce diplômé en littérature a choisi de faire de la vitupération anti-journalistique, sa marque de fabrique. En mars 2010, un apprenti reporter voulant le faire réagir sur le sujet des maisons closes, s’est vu vertement rudoyé et qualifié de « petite cervelle » par Jean-Luc Mélenchon.

Sur son blog, il s’auto-congratule du vilain tour joué au jeune homme. Il jouit ouvertement du coup médiatique que sa saillie verbale a engendré6 : « Pour moi c’est un buzz inespéré dans une semaine où je ne suis pas là du fait de mes congés. Mais, plus sérieusement, l’incident m’intéresse. Je crois que nous pouvons en profiter si nous l’utilisons correctement. Que l’occasion fasse les larrons. C’est surtout un exercice de démonstration par la preuve de ce que j’avance à propos des dérives de ce métier. Car cette vidéo a immédiatement suscité, m’a-t-on dit, des centaines de témoignages qui me donnent raison et dire que cette profession est en train de sombrer. Il est très important, pour la lutte que nous menons, de faire en sorte que les gens se décomplexent à l’égard des médias et rétablissent un rapport critique à ceux-ci. »

Depuis ce coup d’éclat, Jean-Luc Mélenchon ne rate pas une occasion d’étriller la profession journalistique comme sa récente descente en flammes envers David Pujadas. Le politologue Stéphane Rozès décrypte parfaitement bien la tactique discursive du sénateur Mélenchon7 : « Il exploite l’idée répandue que les médias sont au service du pouvoir économique et financier et il parle au peuple comme le peuple. » Résultat payant s’il en est puisque jamais Jean-Luc Mélenchon n’a été autant présent dans l’espace médiatique au point d’avoir décroché un ticket d’accès pour s’asseoir début novembre 2010 sur le si prisé canapé dominical de Michel Drucker dans son émission « Vivement Dimanche ».

Médias = complot

Benjamin Lancar (UMP) voit des complots trotskystes partout dans la presse.

Dans un registre plus complotiste mais tout aussi lance-flammes, deux médias ont récemment dû affronter des flèches particulièrement venimeuses et enduites d’une glose totalitaire qu’on aurait pu croire révolue tellement la ficelle est grosse. Pourtant, Mediapart comme TF1 ont tour à tour reçu une volée de bois vert au motif qu’ils étaient au service exclusif d’une cause politique indigne aux yeux de leurs contempteurs de service.

Dans le cas de Mediapart, ce sont les ténors de l’UMP qui sont montés au créneau pour s’offusquer du traitement médiatique effectué par le site d’information sur l’affaire Woerth-Bettencourt. Dans un article paru en septembre dernier8, le journaliste Jean-Claude Guillebaud s’est livré avec ironie à une exhaustive compilation des déclarations les plus cinglantes à l’égard du site fondé par Edwy Plenel. Pêle-mêle, on y retrouve par exemple les « méthodes fascistes » dénoncées par Xavier Bertrand, la fine analyse du président des Jeunes Populaires, Benjamin Lancar (« Du temps de Staline, il y avait les montages photo ; en 2010, il y a Mediapart mené par un trotskyste »), le « site de ragots et de déclarations anonymes » de Nadine Morano ou encore la puissante admonestation du porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé (« Ce comportement est scandaleux tant il repose sur des montages farfelus, fabriqués de toutes pièces »).

Concernant TF1, la charge émane en revanche d’un seul homme, le député socialiste Arnaud Montebourg mais elle n’en demeure pas moins brutale que celle du pack UMP. Après s’être fait prendre en flagrant délit de dénigrement caractérisé de la première chaîne dans une vidéo sur Internet, Arnaud Montebourg a alors défouraillé plein pot en adressant un courrier acerbe au PDG, Nonce Paolini. Courrier qu’il publie dans la foulée sur son blog personnel. Là aussi, l’accusateur n’y va pas de main morte. Arguant son écharpe tricolore d’élu de la Nation, Arnaud Montebourg dézingue TF1 en la rendant coupable de collusion politique et d’appauvrissement culturel des téléspectateurs français. En cela, Arnaud Montebourg renoue avec le combat qui l’avait fait connaître du grand public en 2004 avec l’association « Les pieds dans le PAF » qui croisait déjà le fer avec… TF1 !

« Je t’emmerde » ou la combine à Nanard

Avec Bernard Tapie, le canardage des médias est quasiment une seconde nature. Bien qu’il leur doive une grande partie de sa notoriété, l’homme d’affaires n’a jamais accepté qu’un journaliste lui oppose une quelconque résistance. Mais à la différence des exemples évoqués plus haut dans ce billet, le désormais remplumé citoyen Tapie ne s’embarrasse pas d’une dialectique élaborée pour jeter l’opprobre sur des médias qui l’agacent ou qui lui déplaisent.

Bernard Tapie : on cogne d'abord et on discute après (éventuellement !)

Ainsi, lors du sulfureux match entre l’Olympique de Marseille et l’US Valenciennes Anzin en mai 1993, le journaliste Pierre-Louis Basse fut le premier à émettre des doutes sur la régularité de la rencontre. Le dirigeant marseillais lui nourrira dès lors un ostracisme implacable et ouvertement assumé à chaque fois que leurs routes se croiseront. Un autre journaliste a également fait les frais des fureurs de Bernard Tapie mais cette fois physiquement. Journaliste à Antenne 2, Alain Vernon consacre plusieurs sujets sur le dopage dans le cyclisme et le football. Assez pour déplaire à l’homme d’affaires très actif dans ces deux sports qui lui assènera un violent coup de poing à la figure en 1991 lors d’un match européen.

Une réaction qu’on aurait pu mettre sur le compte de la jeunesse si près de 17 ans plus tard, le journaliste de RTL, Jean-Michel Aphatie n’avait pas à son tour subi le courroux débridé de Bernard Tapie. Après une interview radiophonique mouvementée sur l’affaire du Crédit Lyonnais, Bernard Tapie sortit de ses gonds, insulta copieusement le journaliste tout en étant à deux doigts de la bagarre à la sortie du studio.

Au fil des années, l’homme n’a pas varié d’un iota. Aussi n’hésite-t-il pas à ressortir du placard la bonne vieille pétoire à gros sel lors de son entretien mouvementé le 11 octobre dernier avec le journaliste de France Inter, Patrice Cohen. Au lieu de s’évertuer à avancer des arguments pour convaincre de son bon droit, Bernard Tapie fonce bille en tête en insinuant que les journalistes sont des jaloux du magot qu’il vient de récupérer par voie de justice. À coups de formules populistes musclées qui ont fait son succès, il provoque le journaliste 9 : « “Ça fait quinze ans que j’ai raison et ça fait quinze ans que ça vous emmerde, parce que depuis le départ vous avez estimé que je devais avoir tort (…), il faudra vous y faire, j’ai gagné 45 millions et même un peu plus encore ! Et plus ça vous emmerde, plus ça me fait plaisir. (…) Je le sais que ça vous fait chier ». Et quand Patrice Cohen lui demande s’il aime Mélenchon parce qu’il tape sur les journalistes, l’impétrant réplique sans barguigner : « Voilà ! Parce qu’il pense comme moi ».

Conclusion – Peut-on critiquer les journalistes ?

Exemple à suivre ? La question est ouverte (Extrait du Canard Enchaîné - Mars 2009)

On a encore tous en mémoire l’inénarrable propension de Georges Marchais, ancien premier secrétaire du Parti Communiste, à assommer verbalement les journalistes qui le gênaient dans ses propos. Le « Taisez-vous Elkabbach » figure et figurera encore pour longtemps au frontispice des répliques les plus cinglantes (bien que la source de cette phrase soit semble-t-il de l’humoriste Pierre Douglas et non du sus-nommé lui-même – NDLR : merci à Guy Birenbaum pour cette utile précision). De surcroît, il est sain dans une démocratie que les journalistes ne s’érigent pas en procureur zélé du haut de leur tribune médiatique. Cette inclination encore trop répandue a très probablement encouragé d’aucuns à répliquer aussi durement que les admonestations dont ils étaient les cibles médiatiques.

Pour autant, la tendance croissante à imputer aux journalistes toutes les erreurs du monde devient fâcheuse. Autant il est nécessaire que les journalistes puissent être critiqués (et force est d’admettre que la marge de progrès reste importante dans ce domaine), autant les dirigeants politiques devraient s’abstenir de recourir aux diatribes comminatoires et méprisantes dont ils usent et abusent pour couvrir leurs propres incohérences ou refuser d’assumer des évidences. Ce n’est pas en tuant le messager qu’on empêche le message de passer. En revanche, en le tuant, on risque fort de laisser le message se déformer au profit de minorités hurlantes qui ont fait de l’hallali anti-journaliste leur fonds de commerce fallacieux. Messieurs Mélenchon et consorts feraient bien de méditer cet axiome au lieu de s’inspirer de cette citation révélée par le Canard Enchaîné en 2009 (voir ci-contre).

Pour en savoir plus

- Visiter le site du chercheur Thomas Bouchet sur l’insulte en politique (Université de Bourgogne)
- Article de Thomas Legrand – « De l’insulte en politique » – Slate.fr – 5 avril 2010
- Lire le dossier enquête du Monde (en accès payant) – « TF1 est-elle une chaîne délinquante ? » – 12 octobre 2010
- Lire l’article mordant de Claude Soula – « Mélenchon, Tapie, Pujadas et Cie – Petites natures va ! » – Le Nouvel Observateur – 15 octobre 2010
- Lire l’interview décapante d’Arlette Chabot – « Journaliste, pas mieux considéré que flic ou pute » – Rue89 – 16 octobre 2010 (Merci à François Guillot pour cette info qu’il m’a transmise)

Billet initialement publié sur Le blog du communicant 2.0

Images CC Flickr jacob earl (une), erikgstewart (statut), Parti socialiste (Jean-Luc Mélenchon), smallislander (Trotsky), KayVee.INC (gants de boxe)

  1. Emmanuel Berretta – « Insultes – Pas de boycott ni de poursuites de France 2 contre Jean-Luc Mélenchon » – Le Point.fr – 10 octobre 2010 []
  2. Ibidum []
  3. Yves Mamou – C’est la faute aux médias – Payot – 1991 []
  4. Interview de Michel Maffesoli donnée au Nouvel Observateur – 7 octobre 2004 []
  5. Entretien avec Jacques Paugam – www.omegatv.tv – Décembre 2008 []
  6. « Un étudiant en religion médiatique démasque un mécréant » -Blog de Jean-Luc Mélenchon – 31 mars 2010 []
  7. Rosalie Lucas, « Pourquoi Tapie et Mélenchon attaquent les journalistes » – Le Parisien – 12 octobre 2010 []
  8. Jean-Claude Guillebaud –  « Des excuses à Mediapart ? » – TéléObs – 30 septembre 2010 []
  9. Entretien avec Patrice Cohen – Le 7/9 de France Inter – 11 octobre 2010 []

Laisser un commentaire

  • Martin le 20 octobre 2010 - 8:51 Signaler un abus - Permalink

    hello,
    Mélenchon ne donnait pas une interview, il réagissait à une video que lui montrait Pierre Carles. On peut comprendre sa réaction, vu la manière dont Pujadas mène l’interview (qui n’a pas la même pugnacité à l’égard du gouvernement).
    Et Montebourg a le droit de critiquer TF1, qui effectivement est une chaîne de droite.
    On peut critiquer, on peut même être en colère contre certaines façons de faire de certains journalistes. Mais on l’a bien vu par exemple quand Bourdieu a publié son “Sur la télévision”, il n’est pas vraiment autorisé de critiquer la presse.
    (au fait vous parlez du livre de Serge July, je vous rappelle que July, lui, avait insulté ses lecteurs dans un éditorial après la victoire du non au référendum).
    Sur un point je ne suis pas en accord avec vous : les journalistes ne sont pas des messagers. Ce sont des acteurs politiques, loin d’être indépendants, qui participent à faire accepter des programmes aux lecteurs, auditeurs (cf. le référendum de Maastricht ou l’absence de toute critique de la finance -avant la crise de 2008 :-) ).

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Gaël le 20 octobre 2010 - 10:15 Signaler un abus - Permalink

    L’atout du journaliste est, lorsqu’il est critiqué, est d’avoir le pouvoir de rétorquer.
    Un atout que n’a pas le chômeur, le travailleur précaire, l’ouvrier, le jeune de banlieue forcement “immigré de deuxième ou troisième génération”, un atout que n’a pas le gréviste non plus, même lorsqu’il est “médiatique”.
    Le chômeur, le travailleur précaire, le jeune de banlieue et le gréviste sont pourtant tous les jours insultés par les “stars” du journalisme (et bien souvent par les autres aussi). Internet a un peu changé la donne, mais même si “les journalistes” se sentent menacés par internet et la démocratisation (trés théorique finalement) de cet outil médiatique, il n’empêche qu’un site sera toujours plus vu ou lu si la personne qui écrit ou parle a été lu dans un journal, un livre, ou une télévision (ou a une radio). Le pouvoir des journalistes est donc assez important, un pouvoir qui a été pendant un temps (et encore aux états unis par exemple) un contre pouvoir, mais qui est en France devenu une charpente supplémentaire au Pouvoir qui insulte et attaque violemment une grande partie des citoyens qui ne sont pas de leur caste. La caste des grandes écoles, de l’ENS ou de Science Po ou de l’ENA. Là ou se rencontre journalistes et hommes politiques, là ou se lient les amitiés. Là ou se forme les idéologies. (pour le coup franchement néoconservatrice)
    La mode de plus en plus répandue chez les journalistes c’est la pseudo autocritique, surtout chez les “stars” ce qui leur permet de s’accaparer en faisant souvent des contre sens les théories de Guy Debord ou le travail de Pierre Bourdieu. Il n’y a visiblement rien de plus jouissif pour un journaliste que de pouvoir écrire, filmer ou parler sur lui et sa profession. d’”analyser” son pouvoir. Cela peut être interessant lorsqu’il s’agit d’un travail de fond comme celui de Denis Robert ou de Pierre Carles (qui étaient tout deux journalistes mais qui ont été dégoutés par l’utilisation faite du pouvoir médiatique par la majorité de leur anciens collègues), cela devient navrant lorsqu’ils s’agit de mettre en abime la médiatisation d’un fait. Qu’il s’agisse de mineurs chiliens, ou de la colère populaire actuelle.
    Jean-Luc Mélenchon revenait sur le mot “populiste” l’autre fois sur France3, il voulait (et veut toujours) se reposeder ce mot qui a une connotation péjorative et expliquait que tout homme politique est populiste, il se revendique donc comme populiste. Pour être élu démocratiquement un homme politique doit capter l’attention des citoyens. Il doit entendre ce qui chagrine le peuple. Actuellement il semblerait que les électeurs (vous savez, les chômeurs, les travailleurs précaires, les jeunes de banlieues) ne supportent plus d’être insulté par la télévision (TF1 en chute libre), la presse écrite (l’économie de la presse en berne, perfusé par l’état et la publicité) et la radio. Les hommes politiques les plus populistes l’ont compris.
    C’est un serpent qui se mort la queue, voyez vous, car plus les citoyens se sentent insultés, plus ils seront attentifs aux hommes (et femmes) politiques qui feront l’effort d’entendre leur souffrance et d’en parler devant les journalistes. Malheureusement bien souvent, étant du même moule hommes politiques et journalistes se congratulent ou mettent en scène des oppositions là ou il y a une entente idéologique.
    Votre article est totalement inutile et inninteressant. Il aurait été plus interessant vu la qualité par ailleurs des autres articles mis en ligne sur OWNI de mettre des extraits de Karl Krauss ou de Noam Chomsky. Ou bien de mettre votre CV et vos liens avec les personnalités médiatiques. Au moins pour la crédibilité de vos propos.

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Maxime le 20 octobre 2010 - 10:43 Signaler un abus - Permalink

    Tellement facile de mettre toutes les critiques dans le même panier pour mieux les écarter. Ce genre d’article est un symptôme de ce qui est reproché aux journalistes : l’absence d’auto-critique, l’absence de recul sur leur pouvoir/responsabilités.
    Comment peut-on mettre au même niveau la critique contre TF1 (propriété de vous savez qui/très puissant) et celle de Mediapart (indépendant) ? Ceci est de la manipulation, ni plus ni moins.

    (je ne nie pas que les personnalités politique impliquées n’aient d’intérêts là-dedans, mais ça ne suffit pas pour repousser les critiques)

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Paresia le 30 octobre 2010 - 5:56 Signaler un abus - Permalink

    Maxime : “Ce genre d’article est un symptôme de ce qui est reproché aux journalistes : l’absence d’auto-critique, l’absence de recul sur leur pouvoir/responsabilités.”

    Tout-à-fait d’accord. Pour reprendre une expression de l’auteur ce “journalisme” de mauvais “chien de garde” commence à me fatiguer.

    Ceci n’a, malheureusement, rien d’une manipulation. Ce n’est tout simplement pas sérieux. Cependant je ne suis pas sur qu’il faille s’attendre à une critique des médias (exigeante) sur Owni. Monsieur Cimelière en tout cas n’a, comment dire, peut-être pas le parcours adéquat pour produire ce genre de travail.

    http://www.blog-ericssonfrance.com/olivier-cimeliere/

    La question qui se pose est la suivante : quel intérêt trouve Owni à publier ce genre de “papier” ?

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Martin le 30 octobre 2010 - 9:52 Signaler un abus - Permalink

    Ah en effet !

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • Brankom le 9 novembre 2010 - 13:00 Signaler un abus - Permalink

    Vous citez Pierre Douglas, humoriste! Mais il me semble bien qu’avant de faire une brillante carrière d’humoriste et de chansonnier, Pierre Douglas était d’abord journaliste, et qu’il a même présenté le journal télévisé!

    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre
  • régis le 13 novembre 2010 - 0:25 Signaler un abus - Permalink
    • Vous aimez
    • Vous n'aimez pas
    • 0
    Lui répondre

Derniers articles publiés