Exclusif: Internet a créé 25% des emplois en France depuis 1995

Le 8 mars 2011

Que représente Internet dans l’économie française ? Un rapport du cabinet McKinsey, qu'OWNI révèle en exclusivité, estime qu'Internet est devenu le premier moteur de croissance économique en France.

Que représente le secteur Internet dans l’économie française ? Comment évaluer la contribution réelle d’un secteur qui n’est pas défini comme tel dans les statistiques nationales ?

Pour répondre à ces questions, le cabinet américain McKinsey & Company a réalisé, avec le soutien de Google, un rapport sur l’“Impact d’Internet sur l’économie française”, sous-titré “Comment Internet transforme notre pays“.

Contacté par OWNI, McKinsey nous a répondu que le rapport devait être rendu public, sur internet-impact.fr, ce mercredi 9 mars à minuit. Nous avons réussi à nous le procurer entre-temps, et ne pouvons pas résister à vous en révéler les principaux enseignements.

Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois

Dans sa présentation, McKinsey avance que “la contribution d’Internet, qui pèse 60 milliards d’euros dans l’économie française, soit 3,2% du PIB en 2009, contribue plus que d’autres secteurs de l’économie tels que les transports, l’énergie, l’agriculture, la finance ou encore le commerce” :

Au delà de cette contribution directe, Internet est responsable d’un quart de la croissance française entre 2004 et 2009.
McKinsey estime qu’en 2015 la part du secteur Internet dans le PIB français pourrait s’élever à 5,5%, contre 3,2% aujourd’hui.

Internet aurait ainsi :

  • créé plus de 700 000 emplois, soit 25% des emplois créés en France depuis 1995,
  • induit le déplacement de plusieurs emplois : en net 2,4 emplois ont été créés pour 1 emploi réalloué,
  • au total, Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois, soit 4,2% de la population active,
  • 28% de ces emplois ont directement été créés par les acteurs de l’Internet.

Internet pourrait représenter ¼ de la progression du PIB

Au sein de cette contribution, note le rapport, la consommation domestique privée (accès Internet fixe et mobile, achats de biens et services sur Internet…) représente “32 milliards d’euros, soit plus de la moitié de la contribution au PIB, dont 25 milliards uniquement pour les dépenses de e-commerce“.

De plus, si la publicité en ligne a représenté 2,5 milliards d’euros, en 2009, “28 milliards d’euros d’achats en magasin ont été effectués suite à une recherche d’informations sur Internet“.

Le rapport estime également qu’en 2010, la “valeur des services gratuits (financés par la publicité)” sur Internet est évaluée à 7 milliards d’euros par les internautes français, soit 11% des dépenses TIC et média, et que “par ailleurs, Internet a généré 2,5 milliards d’euros d’économie pour le consommateur

Internet pourrait créer 450.000 emplois à l’horizon 2015

Le rapport met en avant les marges de progression, en s’appuyant sur les exemples à l’étranger (Etats-Unis, Royaume-Uni, pays scandinaves). Internet pourrait :

  • contribuer au quart de la croissance française des trois prochaines années
  • créer 450.000 emplois à l’horizon 2015
  • et représenter 5,5% du PIB (129 milliards d’euros)

Les experts de McKinsey soulignent plusieurs freins à la croissance numérique, à commencer par celui des PME, qui ne se servent pas assez d’Internet. A titre d’exemple, moins de la moitié des petites et moyennes entreprises (47%) possèdent un site Internet. Autre constat : le secteur public ne s’implique pas assez. Le rapport souligne la nécessité de prolonger le plan France Numérique 2012 initié par Eric Besson lors de son premier passage à l’économie numérique, en incitant les acteurs privés à renforcer les infrastructures.

Les auteurs du rapport ne le disent pas, mais ont du penser très fort que ces enjeux méritent de figurer parmi les principaux thèmes de la campagne présidentielle de 2012.

Téléchargez le rapport McKinsey, ainsi que la plaquette des chiffres clés.

Image CC flyzipper.

MaJ 22h30 : correction du sous-titre du rapport, “Comment Internet transforme notre pays“, et non “avec le soutien de Google” + mention du fait que McKinsey nous avait demandé d’attendre minuit… sauf qu’on l’a trouvé avant ;-)

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  • Charles Nouÿrit le 8 mars 2011 - 20:11 Signaler un abus - Permalink

    Bravo pour ces infos !!!

    En espérant que nos futurs gouvernements en prendront bien note et nous donnerons enfin les moyens des ambitions qu’on nous porte…

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  • Hubert Guillaud le 8 mars 2011 - 21:38 Signaler un abus - Permalink

    Cette valse de chiffres donne le tournis. Mais qui le cabinet de conseil cherche-t-il à convaincre “avec le soutien de Google” ? Même les gens de l’Acsel ou le rapport Jouyet Levy sur l’économie de l’immatériel n’avaient osé aller si loin. Internet est décidément partout ;-).

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  • fayon le 8 mars 2011 - 22:05 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour cette synthèse très complète. La difficulté réside dans
    la comptabilisation des emplois “purs Internet” vs des emplois qui utilisent Internet en tant que moyen (presque tous) et des coefficients à appliquer à cette 2e catégorie.

    Avec Internet on assiste vraiment au processus de destruction
    créatrice (en matière d’emplois) de Schumpeter.

    df-)

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  • Matthieu le 8 mars 2011 - 23:27 Signaler un abus - Permalink

    Merci pour tous ces chiffres, très bien présentés. Je doute tout de même que internet soit un sujet discuté lors des élections de 2012, mais j’espère être mauvaise langue.

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  • cultive ton jardin le 9 mars 2011 - 10:33 Signaler un abus - Permalink

    Créé, certes, mais détruit? On peut le chiffrer?

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  • WilnocK le 9 mars 2011 - 11:07 Signaler un abus - Permalink

    @CULTIVE TON JARDIN lien
    On s’en moque tout de meme un peu des emplois detruit non? Il n’y a plus autant de marechal ferrand qu’auparavant, il n’y a plus autant de mineur de fond qu’auparavant, il n’y a plus autant de remouleurs qu’auparavant, pourtant il y toujours des chevaux, il y a toujours du charbon comme premiere source d’energie dans le monde, et j’utilise toujours autant le couteau pour manger chaque repas.

    Ce qui est interessant de remarque c’est que l’INSEE n’a toujours pas ete capable de produire ce genre de rapport, et c’est un bureau d’etude etranger avec le soutient de Google qui donne enfin quelques chiffres sur ce secteurs d’activite, tout ca pour decouvrire que le secteur des NTIC est plus puissant que celui de l’energie!! (+ de 3% de PIB!!)… la chronique economique de France Inter etait interessante a ce sujet

    J’ai tout de meme l’impression que c’est enfin un document qui va aider a ce rendre comptes que “l’on a des taupes dans le jardin”

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  • Simon le 9 mars 2011 - 11:26 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Je vous suggère de reprendre le titre : Internet contribue à 25 % des *créations* d’emploi en France depuis 1995.

    Il semble y avoir une erreur sur cette phrase :
    “induit le déplacement de plusieurs emplois : en net 2,4 emplois ont été créés pour 1 emploi réalloué,”

    Le rapport indique (p.8):
    “En d’autres termes, Internet a permis d’ajouter 1,4 nouvel emploi à chaque emploi réalloué (c’est à dire supprimé dans un secteur traditionnel et recréé dans la filière internet)”.

    Il y a également contradiction avec cette phrase dans votre article :
    “au total, Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois, soit 4,2% de la population active” et celle du rapport : “au total, Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois, soit 4,2% de la population active”.

    Bref, peut-être qu’en voulant aller trop vite, vous avez commis quelques imprécisions.

    Ca ne retire rien à la valeur de l’étude, qui semble sérieuse, même si cette notion d’ “Internet” comme secteur d’activité mériterai sans doute d’être définie plus précisément pour éclairer la compréhension.

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  • Simon le 9 mars 2011 - 11:36 Signaler un abus - Permalink

    J’ajouterai que si l’on veut être tout à fait honnête, il ne faudrait pas mettre entre guillemets cette phrase :

    “la contribution d’Internet, qui pèse 60 milliards d’euros dans l’économie française, soit 3,2% du PIB en 2009, contribue plus que d’autres secteurs de l’économie tels que les transports, l’énergie, l’agriculture, la finance ou encore le commerce”

    mais celle-ci, qui est réellement une citation, et qui contient la nuance “en valeur ajoutée”

    “la filière internet ‘pèse’ déjà davantage que des secteurs clés de l’économie française comme l’énergie, les transports, ou l’agriculture, *en valeur ajoutée*”

    ce qui représente une nuance de taille… On parle bien de valeur ajoutée, ce qui est plutôt important. Par contre, le rapport ne mentionne pas le commerce ou la finance, qui sont quand même au dessu (chiffre 2006 wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:R%C3%A9partion_France_2006_Valeur_ajout%C3%A9e.png)

    Encore une fois, ça n’enlève rien à la pertinence de l’étude, mais ça coûte un peu de crédit à votre article…

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  • Simon le 9 mars 2011 - 11:47 Signaler un abus - Permalink

    Désolé pour le mauvais copier-coller :
    Il faut remplacer “au total, Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois, soit 4,2% de la population active”
    par
    “Sur le front de l’emploi, en 2009, la filière Internet occupait 1,15 millions d’emplois directs, indirects, et induits”

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  • Fabrice le 9 mars 2011 - 18:09 Signaler un abus - Permalink

    Sans mettre en cause la bonne nouvelle : étant donné qu’on détruit de l’emploi de façon globale en France, on peut pas dire qu’on créer des emplois, c’est juste qu’avant on aurait fait de l’industrie.
    De même, peut-être qu’en Allemagne en %, moins de gens travaillent dans le secteur IT, mais y a globalement moins de chômage

    bref… la société du service / tourisme est peut-être juste un énorme choix pourri qui gène la lutte contre le chômage

    c’est un informaticien qui le dit…

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  • D3nTe le 9 mars 2011 - 22:11 Signaler un abus - Permalink

    Sans vouloir négliger la contribution d’internet dans les emplois français je pense qu’il faut prendre ces chiffres avec des pincettes.
    Je suis un peu étonné de voir autant de personnes prendre les chiffres tels quels, sans se poser de questions.
    Qui a demandé une telle étude ? j’imagine que les gens de chez McKinsey et google ne travaillent pas gratuitement.
    Les chiffres on leur fait dire ce que l’on veut, surtout dans notre cas où il est difficile d’obtenir des chiffres précis.

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  • caro_iandi le 10 mars 2011 - 15:47 Signaler un abus - Permalink

    heu, je m’attendais d’avoir un peu d’analyse de la part d’Owni ?!
    à vrai dire, les rapports des cabinets de conseil sont de beaux exemples de belles infographies (cf les beaux graphs que vous montrez) mais de gros bullshitage au niveau des chiffres. Pour n’en citer qu’un, je me demande VRAIMENT bien comment ils ont pu chiffrer le fait que ” les internautes français évaluent à 18,2€ (précis les gars) les services gratuits qu’ils utilisent”: euh, c’est quoi les services gratuits? existent-ils vraiment les internautes qui arrivent à chiffrer, au hasard, la (re)création d’un nouveau lien social à travers les réseaux sociaux? Si oui, j’aimerais bien les rencontrer !
    Et puis, la commande vient d’où?

    bref, je reste sur ma faim: si cet article est là uniquement pour montrer que vous avez pu trouver un rapport un jour avant sa sortie, euh, on s’en fout ?

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  • An Ominous Cow Art le 21 mars 2011 - 12:59 Signaler un abus - Permalink

    “ces enjeux méritent de figurer parmi les principaux thèmes de la campagne présidentielle de 2012″

    Mouais, pas vraiment… Il y a des sujets bien plus importants, comme la réforme du secteur bancaire et financier qui est entrain de nous entrainer dans une nouvelle crise…

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  • Nathalie le 22 mars 2011 - 17:53 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,
    Effectivement ces infos sont très intéressantes car très dynamisantes! Internet confirme au travers de ces chiffres qu’il est créateur d’emplois en France et que cette économie peut nous apporter de la croissance.
    Toutefois je vais mettre un bémol à cet enthousiasme, que je partage pourtant, Internet a aussi contribué à faire disparaître pas mal d’emplois.
    Depuis que la machine, intelligente ou non, remplace l’homme elle contribue à faire baisser les coûts de production et dans le même temps à augmenter le nombre de chômeurs.
    Il ne s’agit pas de regretter le bon vieux temps, ni même de parler de cette utopie qu’est le plein emploi, mais plutôt de mettre ces chiffres en perspective.

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  • Rouget le 23 mars 2011 - 1:10 Signaler un abus - Permalink

    Je trouve que c’est aller un peu trop rapidement en besogne et fantasmer sur un “Internet magique créateur de croissance dans une période où rien d’autre ne marche”. En regardant l’éclatement par secteur d’activité, on voit que ces emplois ne font partie que d’autres chaînes de production et servent essentiellement à vendre et promouvoir.

    Et sans ces activités, pas de services sur Internet. La première phrase de l’article est sortie de son contexte.

    Si l’agriculture meurt en France et les supermarchés disparaissent et qu’on remplace le modèle par de l’importation (c’est malheureusement le cas pour les produits bio) et de la vente sur le net, on perd des emplois d’un côté et on créer de l’autre. Entre disparition d’emplois véritablement valorisant, déplacement de l’activité “physique” vers les services Internet (ce qui ne change rien à la chaîne de production et de transport, pas de dématérialisation dans tout ça), j’ai de gros doutes sur les chiffres avancées. Il faut avoir la vision sur toute l’économie au lieu de regarder secteur par secteur.

    J’aimerais une réponse, please :)

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  • Netlinking le 16 mars 2012 - 1:06 Signaler un abus - Permalink

    Oui il est logique qu’internet pourvoi autant de recrutement car il remplace plein de VRP qui peuvent travaillé de chez eux..

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