Le jour où les avions se sont arrêtés

Le 8 septembre 2011

L'enseignant en art Jean-Noël Lafargue analyse l'impact qu'ont eu les attentats du 11 septembre 2001 sur l'imaginaire collectif américain, exprimé au travers de la fourmillante production culturelle du pays.

Le 11 septembre, les vols d’avion sont bradés. Par superstition, sans doute, de nombreux voyageurs évitent cette date. Ils ne le font pas en souvenir du coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili1, mais à cause de l’attentat du World Trade Center à New York, le 11 septembre 2001.

Une date marquante, il est vrai, autant pour le fait historique lui-même, pour les images qu’il a produites que pour tout ce que cela a déclenché ou plutôt, autorisé : des guerres moyen-orientales, des lois réprimant les libertés publiques et le sentiment général, à tort ou à raison, d’un certain déclin des pratiques démocratiques dans les pays les plus développés.

Souviens-toi, souviens-toi du 11 septembre

Je me rappelle bien ce jour là. Ma fille aînée, qui avait alors onze ans, nous avait prévenus de ce qui était pour elle un évènement incroyable : toutes les chaînes diffusaient le même programme. À ce moment, personne ne savait ce qu’il se passait, on voyait de la fumée sortir d’une des tours qu’un avion venait de percuter. La thèse de l’accident a été abandonnée quand on a vu un second avion percuter l’autre bâtiment. On a vu les tours s’effondrer, en direct, l’une après l’autre. Je ne me souviens plus trop de l’enchaînement des évènements ensuite : on a parlé d’un avion s’écrasant sur la Maison Blanche (aussitôt oublié, il s’agissait vraisemblablement d’une erreur), d’un autre sur le Pentagone, d’un autre encore qui ne répondait plus et que l’on avait dû abattre, le climat était à la panique complète, les images étaient rediffusées en boucle, on revoyait de malheureux courtiers se jeter du haut des tours jumelles dans un geste désespéré dont le sens n’est toujours pas très clair.

J’aimerais bien revoir l’ensemble de ces images, disons les deux premiers jours, pour me rappeler dans quel ordre tout ça nous est parvenu, savoir à quel moment précis le coupable a été désigné, aussi. Je me rappelle enfin que pour quelques dizaines d’heures, tous les vols civils du monde ont été annulés, permettant aux météorologues et aux observateurs de la qualité de l’air de collecter des données complètement inédites sur l’impact écologique de l’aviation. On peut minimiser l’évènement, rappeler le nombre de fois où les États-Unis ont été la cause directe ou indirecte d’un grand nombre de morts, mais il n’empêche que dans les heures qui ont suivi l’effondrement des tours, le monde s’est arrêté, on ne parlait que de ça et on ne pensait qu’à ça. Quelque chose de nouveau s’était produit, un évènement sidérant, dont on a tout de suite été certains qu’il allait changer énormément de choses à la marche du monde — et ce fut le cas.

Les coupables désignés ont été les terroristes islamistes du groupe Al Qaeda, qui s’en étaient déjà pris au World Trade Center en 1993. Je ne me rappelle pas que l’attentat du 11 septembre ait été explicitement revendiqué par Al Qaeda, mais il n’a jamais été démenti non plus. Le président de l’époque, George Bush, élu récemment dans des conditions complexes (au terme d’un recomptage des votes), dont la seule particularité notable jusqu’ici était d’être le fils du prédécesseur de son prédécesseur, connaissait une baisse régulière de son taux de popularité. En allant sur les gravats de Ground Zéro un casque de pompier sur la tête et en promettant une guerre en Afghanistan, George Bush a vu sa cote de popularité passer en quelques jours de cinquante à quatre-vingt dix pour cent : l’effroi de tous les américains, fragilisés comme jamais dans leur histoire, avait eu cet effet inespéré.

La guerre oui, mais pas sur notre territoire

Il faut dire que depuis l’attaque de Pearl Harbour2 , le pays n’avait jamais été attaqué sur son sol. En fait, les États-Unis, qui sont pourtant en guerre permanente depuis qu’ils existent, ne sont pas du tout habitués à être pris pour cible de manière directe. Dans la foulée de cet enthousiasme bushiste, quatre-vingts pour cent des américains soutenaient encore leur président, le 26 octobre 2001, lorsque celui-ci a fait voter le Patriot Act, un arsenal juridique qui donnait des pouvoirs étendus aux services secrets et limitait nettement les libertés publiques : droit à la vie privée, droit d’expression, droits de la défense des accusés. Ne parlons pas de l’amalgame honteux qui associait à Al Qaeda l’Iran la Corée du Nord et surtout l’Irak, victime d’une guerre aux justifications vaseuses et mensongères.

Enfin, New York, siège des Nations Unies, symbole d’une Amérique cosmopolite liée à la vieille Europe, centre du XXe siècle, a momentanément semblé vaincue par ses propres valeurs d’ouverture au monde. Et ce n’est pas un petit symbole.

De manière opportuniste, le gouvernement fédéral venait d’obtenir de nombreuses choses qu’il aurait été difficile ou impossible à obtenir autrement, et ceci avec le consentement pleutre du parti Démocrate (qui a voté le Patriot Act et accepté la guerre en Irak) mais aussi de la plupart des alliés des États-Unis, à l’exception de la France dont la résistance reste le dernier “beau geste” historique à mon avis. Il faut dire que la menace était forte, le président de la première puissance militaire n’avait pas hésité à lâcher :

Vous êtes soit avec nous, soit contre nous

La théorie du complot dans l’air du temps

La théorie d’un “choc des civilisations” que Ben Laden ou George Bush ont tenté d’imposer à l’opinion internationale semblait pourtant motivée par une raison certes civilisationnelle mais pas spécialement religieuse, je veux parler du pétrole. La famille Bush et la famille Ben Laden étaient partenaires financiers dans le domaine, et Oussama Ben Laden, renégat de sa famille, avait quand à lui été soutenu par la CIA, qu’avait justement dirigé George Bush père, pendant la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. La proximité amicale, historique, financière et stratégique entre différents protagonistes et les conflits d’intérêts (il suffit de penser au fait que le vice-président Dick Cheney était l’ancien directeur de la société Halliburton, titulaire de milliards de dollars de contrats avec l’armée) ou les incohérences dans la traque d’Oussama Ben Laden (jusqu’à son incompréhensible assassinat) ont donné à certains l’idée folle que la chute des tours jumelles avait été décidée et exécutée par la CIA.

C’est la fameuse “théorie du complot”, qui a été décrédibilisée par ceux qui l’ont soutenue médiatiquement et ont tenté de la démontrer, expertises “indépendantes” farfelues à l’appui, mais qui n’a pourtant rien d’absurde : après tout, il est déjà arrivé que les États-Unis attaquent leur vassaux en se faisant passer pour leurs rivaux, comme dans le cas du spectaculaire attentat de la Gare de Bologne, en 1980, organisé par des “Brigades rouges” qui étaient en réalité des néo-nazis de la loge maçonnique3 . Propaganda due, fournis en explosifs par Gladio, c’est à dire la branche italienne de Stay Behind, un service secret de l’Otan chargé de diffuser en Europe la peur du socialisme.


Les complots existent. Les attentats destinés à accuser d’autres que ceux qui les ont perpétrés, y compris des attentats contre soi-même, ne sont pas rares dans l’histoire : qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la gale, n’est-ce pas. Mais pour moi, l’hypothèse du complot d’État reste peu vraisemblable, et ce pour des questions d’image.

Pour commencer, la raison d’État est une notion qu’une majorité de gens admet à des degrés divers, mais toujours à condition que celle-ci ait un lien direct avec ce qui est censé être protégé ou conquis. On peut prendre pour exemple la question des indiens d’Amérique. Malgré quelques films tardifs d’auto-flagellation (Little Big Man, etc.), les Américains vivent assez bien avec l’idée du génocide des indigènes. Certaines parties de leur histoire les mettent un peu plus mal à l’aise. Le film Heaven’s Gate (1980), de Michael Cimino, a par exemple provoqué à sa sortie un rejet général de la part de la critique et du public, car il affirmait que les grands propriétaires terriens qui ont fondé le pays l’ont fait en assassinant les immigrants pauvres qui étaient venus chercher la bonne fortune sur le nouveau continent, et dont la présence gênait : il y a ici une dissonance entre deux mythes, celui des immenses puissances financières telles que le pays sait en produire, et celui du pays où “tout est possible” et où chacun a les mêmes chances de réussir.

La construction d’un imaginaire national

Par ailleurs, si les États-Unis adorent s’inventer des ennemis et les monter en épingle, il est en revanche insoutenable pour eux de se voir en victimes d’une authentique défaite, et je doute qu’ils prennent sciemment le risque d’en subir.

Virtuellement, au cinéma ou dans les comics, les États-Unis ont été menacés par des saboteurs nazis, par des sous-mariniers japonais, par des arabes délirants (les Lybiens dans Retour vers le futur, par exemple), ou par d’autres aliens, venus de l’espace ou de pays exotiques. Mais ces défaites, toujours dues à la fourberie de l’ennemi, ne sont jamais que provisoires.

Le cas-limite est le film Pearl Harbour, par Michael Bay (2001), qui transforme une défaite historique traumatisante4 en quasi-victoire, puisque l’on y voit deux valeureux pilotes détruire à eux seuls la plupart des avions japonais puis, quelques mois plus tard, aller bombarder Tokyo5 : le film s’achève donc sur un succès, le martyr est exclu6.

La politique extérieure américaine n’est justifiée, dans l’opinion publique du pays, que par le sentiment d’être du “bon côté”, d’être mondialement enviés (et donc d’avoir toutes les raisons de se défendre, y compris préventivement) et enfin, par un sentiment d’invincibilité, du moins d’invincibilité sur leur propre sol, car ailleurs il en va autrement : les guerres de Corée, du Viêt Nam, d’Irak ou d’Afghanistan sont loin de pouvoir être qualifiées de victoires. Si la défaite extérieure est gérée par diverses fictions et par des rites (le rapatriement des soldats tombés pour le drapeau, les cérémonies dans les cimetières militaires,…), la défaite intérieure n’a pas vraiment d’image, n’est pas imaginable7. Quant à l’agression, elle est toujours de l’autre côté : en se fiant exclusivement aux films de fiction, on peut imaginer que les États-Unis sont constamment attaqués par d’autres pays et ne font que répliquer légitimement à ces assauts, tandis qu’en regardant l’Histoire, on constate l’exact opposé : des siècles de guerres”préventives”, “anticipatives”, c’est à dire des guerres déclenchées par les États-Unis.

Pour accepter sa situation très singulière — celle d’un empire martial bâti sur une terre spoliée qui assure le confort d’une partie de ses citoyens au détriment du reste du monde, si l’on doit résumer8 —, les États-Unis ont construit assez spontanément une mythologie séduisante en laquelle ils sont les premiers à croire, qui s’exprime avant tout dans les fictions populaires et qui propose au public mondial une vision symbolique cohérente de la marche du monde. La légitimité de la domination ; la supériorité de la décision sur l’analyse ; de l’action sur la réflexion ; du “bon sens” (c’est à dire des préjugés) sur l’intelligence ; l’héroïsme des conquêtes ; l’envie ou la jalousie qu’est censé susciter le modèle américain ; etc.

Cow-boys libres et aux pieds sur terre ; président fondamentalement honnête et courageux9, protection divine (parfois si bête que les traducteurs français l’éludent des adaptations de séries ou de films), étrangers hostiles mais — et c’est une assez bonne raison — dont les pays sont traités comme une aire de jeu, … Notre imagination, l’imagination planétaire, est en partie limitée, bornée par l’efficacité des scénaristes hollywoodiens.

D’autres modes de pensée existent pourtant

En même temps, les États-uniens sont aussi les premiers producteurs du contre-poison aux œuvres qui relèvent de l’idéologie américaine. Il existe chez eux une grande tradition de résistance au patriotisme forcé, à la bigoterie, à l’impérialisme de leur pays, à la société de consommation, à l’organisation patriarcale et aux académismes esthétiques. On la trouve, à des degrés divers (du rejet total de la civilisation américaine contemporaine à des revendications plus ponctuelles), dans les contre-cultures qu’on a appelées beat, freak, hippie, etc. : William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Gregory Corso, Robert Crumb, John Waters, Philip K. Dick, Bob Dylan et Joan Baez, Hakim Bey, Michael Moore. On la trouve aussi (et souvent en lien étroit avec les précédents cités), à l’université, avec des personnalités telles que Noam Chomsky, Donna Haraway, Angela Davis, Howard Zinn. On peut bien sûr remonter plus loin dans l’histoire avec des gens tels que Henry David Thoreau. Il existe aussi une forte contre-culture « de droite », parfois opposée à l’État fédéral : survivalistes et autres libertariens.

Mais tous ces mouvements plus ou moins underground souffrent d’une part de leur statut, qui fait d’eux, et parfois malgré eux, des cautions démocratiques, mais ils souffrent aussi de leur récupération médiatique : caricaturés, achetés, transformés en marques, en clichés, victimes d’hagiographies qui renvoient leur pensée et leur engagement à l’histoire ou la résument à des anecdotes,… Qu’on les ignore, qu’on fasse d’eux les épouvantails de leur propre engagement ou qu’on les affaiblisse en les célébrant ou même en continuant leur travail, ils sont toujours gérés et, finalement, à peu près inoffensifs.

Plus efficaces sont parfois les artistes qui jouent le jeu de l’entertainment et avancent en quelque sorte masqués, touchant un large public et parvenant à donner une publicité extraordinaire à des idées subversives. Bien sûr, leur attitude peut aussi être questionnée et elle est à double-tranchant : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, certes, mais dans un message transmis sous forme de divertissement, c’est le divertissement qu’on retient le plus, et qui reçoit le consentement, pas l’éventuel message politique.

De plus, ces Å“uvres se perdent souvent dans la masse des films ou des séries de propagande patriotique qui, souvent, épousent le même forme et ont les mêmes qualités, et qui feignent même parfois la subversion (un président noir dans 24 heures chrono, par ex). Pourtant, j’admire beaucoup les figures de cette étonnante “contre-culture mainstream”, si on me permet cet oxymore, dans laquelle je range, à des niveaux de subversion, là encore, très divers, Matt Groening (Les Simpson, Futurama), Joss Whedon (Buffy, Angel, Firefly), Tim Burton (pour Beetlejuice, Edward Scissorhands et Mars Attack), Paul Verhoeven (pour Robocop et Starship Troopers) et même, je suis près à le défendre, James Cameron (Terminator, Aliens, Dark Angel, Avatar).

De nouvelles pistes sur l’après-11 septembre

Je voulais parler du 11 septembre 2001 et je me lance dans un discours anti-impérialiste anti-américaniste primaire qui conclut en affirmant que James Cameron est un cinéaste subversif. Parmi le déluge d’articles consacrés à cet anniversaire, je doute que quelqu’un arrive à faire plus fort que moi.

Alors le 11 septembre 2001, oui, c’est bien un évènement, parce qu’il y a beaucoup de choses derrière. Beaucoup de choses y ont mené, et beaucoup de choses en ont découlé : on n’a pas fini d’en entendre parler. Un travail que j’aimerais vraiment réaliser sur le sujet, ce serait de reprendre chaque série télévisée de l’époque, et voir comment l’attentat a modifié leur ligne politique, quel genre de situations ont été scénarisées (je pense, par exemple, aux épisodes de séries justifiant la torture par exemple), quels nouveaux personnages sont apparus, et bien sûr, quelles séries ont disparu et quelles séries sont nées à ce moment-là.

Quelques articles liés au sujet : Opérations extérieures, Mission: Impossible, L’herbe du voisin bleu du futur est toujours plus pourpre.

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Billet initialement publié sous le titre “Le jour où les avions se sont arrêtés” sur Le dernier des blogs

Illustrations: Flickr CC PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Joshua Schwimmer /PaternitéPas d'utilisation commerciale Brendan Loy/PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification US Army Korea – IMCOM /PaternitéPas de modification How I See Life/PaternitéPas d'utilisation commerciale moriza/ PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Sister72

  1. Le gouvernement socialiste de Salvador Allende a beaucoup déplu aux États-Unis qui ont passé quelques années à tenter de le déstabiliser médiatiquement puis, comme ça ne fonctionnait pas, en assistant le Général Augusto Pinochet dans un coup d’État qui a installé dix-sept ans de dictature militaire dans le pays, abouti à cent-cinquante mille arrestations politiques, des dizaines de milliers de cas de torture sur des opposants politiques et plus de trois mille morts et disparitions []
  2. L’attaque de Pearl Harbour a fait un peu moins de morts que la chute des tours, mais il s’agissait pour les japonais d’une véritable victoire militaire puisque plus de cent avions et presque toute la flotte américaine basée dans l’Océan Pacifique y ont été détruits. []
  3. La “loge P2″ avait été exclue du Grand-Orient d’Italie quatre ans avant l’attentat. Parmi ses membres on compte notamment Giulio Andreotti, ancien président du Conseil italien, et Silvio Berlusconi, actuel président; des mafieux, des religieux et de nombreuses autres figures -clé de l’Italie d’après-guerre []
  4. Le sentiment anti-Japonais aux États-Unis est extrêmement fort depuis Pearl Harbour. Récemment, après la catastrophe nucléaire de Fukushima, on pouvait lire sur les réseaux sociaux des commentaires joyeux tels que “bien fait pour vous, en mémoire de Pearl Harbour”. Et lorsque le Japon a battu les États-Unis aux championnats du monde de Football, on pouvait lire des choses aussi imbéciles que “j’espère qu’un autre Tsunami détruira votre pays”. []
  5. Le bombardement punitif du Japon dans le film est un bombardement conventionnel. Il est rare que les Américains aiment se souvenir qu’ils sont, à ce jour, l’unique pays à avoir utilisé l’arme nucléaire contre des populations. []
  6. Il me semble que si la défaite collective est inimaginable, la défaite individuelle est en revanche possible dans l’inconscient collectif américain. Cette défaite individuelle, ce sad ending est généralement consolé par la jouissance qui le précède (les deux Scarface), ou par le sentiment du devoir accompli, par exemple dans Gran Torino, récit archétypique puisque son protagoniste, Walt Kowalski, est un vétéran de l’industrie automobile et un vétéran de la guerre de Corée : le vétéran, maltraité, floué, voit tout de même sa récompense dans le fait d’être un vétéran. Ce qu’on lui a fait faire n’est pas mis en question. Certaines époques ont été plus propices aux sad endings que d’autres, notamment les années 1970 : Un après-midi de chien, Soleil vert, Midnight Cowboy,… []
  7. Je renvoie une fois de plus le lecteur à l’admirable Diplopie, de Christian Chéroux, qui raconte entre autres comment l’image traumatisante des tours effondrées a rapidement été remplacée, aux États-Unis, par l’image des courageux pompiers de New York en train d’ériger leur drapeau dans un pastiche du célèbre cliché d’Iwo Jima. []
  8. Le plus incroyable est sans doute que les “sales secrets” des États-Unis finissent par être connus : oui, la CIA a vendu de la drogue pour s’autofinancer; oui, l’armée américaine a volontairement transmis le typhus aux indiens; oui, le sucre importé depuis Cuba a volontairement été intoxiqué pour donner une mauvaise réputation au régime Castriste; oui le président Dominicain a été assassiné… La liste est interminable, et, pour peu que les faits soient assez anciens pour avoir été “déclassifiés”, quasi-publique. []
  9. Hors Mars Attack, de Tim Burton, je vois peu de présidents américains vraiment veules dans les fictions du cru. []

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  • Worti le 8 septembre 2011 - 19:58 Signaler un abus - Permalink

    Moi je l’aime bien, c’t'article.

    Juste: “Mais tous ces mouvements [...] ils sont toujours gérés et, finalement, à peu près inoffensifs.”

    Euh, c’est comme ça partout dans le monde hein, pas qu’aux usa. C’est comme ça que ce système reste debout, en vidant de leur substance chaque idée, chaque individu subversif..

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  • Adam le 8 septembre 2011 - 20:02 Signaler un abus - Permalink

    “Vous êtes soit avec nous, soit contre nous”

    …Seuls les Siths raisonnent dans l’absolu…

    (désolé il fallait que je la fasse)

    Excellent article, merci pour le partage.

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  • T0rv4ld le 8 septembre 2011 - 22:51 Signaler un abus - Permalink

    Article intéressant, qui s’éloigne un peu du sujet initial comme le remarque l’auteur lui-même mais c’est pas bien grave :)

    “Un travail que j’aimerais vraiment réaliser sur le sujet, ce serait de reprendre chaque série télévisée de l’époque, et voir comment l’attentat a modifié leur ligne politique [...]”

    => Pour avoir revu récemment Friends en version Uncut (donc avec les scènes coupées), j’ai appris que le troisième épisode de la saison 8 avait vu une scène entièrement modifiée. Dans celle-ci, la version originale montrait Chandler blaguer dans un aéroport à propos des dispositifs anti-bombes (détecteurs de métaux, questionnaires bébêtes…). Cette version a été modifiée et ne figure que dans les bonus, en fin d’épisode, avec un texte des scénaristes et réalisateurs expliquant que les dates de diffusion tombaient juste après les fameux attentats du 11/09 et que par respect pour les victimes, ils préféraient éviter de le diffuser en l’état.

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  • wilnock le 9 septembre 2011 - 7:46 Signaler un abus - Permalink

    Article tres interessant, et tres acceccible.

    Un travail que j’aimerais vraiment réaliser sur le sujet, ce serait de reprendre chaque série télévisée de l’époque, et voir comment l’attentat a modifié leur ligne politique, quel genre de situations ont été scénarisée
    Sans aller trop loins: la Serie 24 est une emmanation direct de 9/11, dans ces personnages, ses themes et meme son montage (camera epaule)
    De meme le personnage de Sayid dans Lost.
    Enfin, le theme de la securite des aeroports restes souvent une base pour les scenaristes, comme amorce par exempleDue Date.

    Il ne faut pas oublier aussi que dans Die Hard (1988), la premiere scene de John McClane dans l’avion le montre portant une arme a feu, sans que cela ne pose le moindre probleme. Desormais cette scene est symptomatique d’une epoque pre-9/11

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  • Herve CRUCHANT le 9 septembre 2011 - 11:00 Signaler un abus - Permalink

    Bien bon texte.

    L’emploi du terme commode de “théorie du complot”, étiquette médiatique du genre “le casse du siècle” ou “la rumeur d’Orléans” va dans le sens général de la mythologie américaine qui consiste à s’inventer des ennemis, propager la Vérité par le monde et, au besoin, utiliser la foudre guerrière pour promouvoir l’axe du Bien contre le Mal.

    En effet, à la lecture même des auteurs cités dans l’article, il n’est pas rare de constater qu’un certain mystère doit flotter sur la marmite pour qu’elle garde son fumet. Dans le cas qui nous préoccupe, il est nécessaire et obligatoire qu’il y ait une part de dysfonctionnement de la CIA. Car, voyez-vous, il y a un côté obscur de l’agence; elle est humaine, malgré ce qu’on en dit. Mais elle est utile contre les terrorismes. Alors, on réforme -en durcissant- mais on consolide aussi cette “théorie du complot” qui est bien utile à l’entretien de la mémoire comme semble l’être la flamme ranimée du soldat inconnu. “Soldat Inconnu”. Qui pourrait très bien être la dépouille d’un ennemi. L’ambigüité entretient l’affect.

    Masqué derrière le bombardement de Tokyo par des bombardiers à bout de pétrole embarqués sur des porte-avions à bout de prudence, cet héroïsme quasi hollywoodien masque la démence nucléaire deux fois (deux!) illégitimable.
    Derrière le 11 septembre new-yorkais avance masquée la répression glacée de la démocratie, de la liberté et des droits humains. Rien ne légitime plus les lois liberticides et les guerres préventives, sinon, quelque part, cette fameuse “théorie du complot”.

    Il reste que les questions techniques posées perdurent. Pour la plus part d’entre elles, des réponses ont été apportées. Pour d’autres, il faudra attendre. Et subir le traitement historico-affectif des faits que nous impose l’Amérique pour justifier, un peu, sa politique.

    L’article proposé ici nous fait part d’une certaine retenue : “au risque de passer pour un anti-américaniste primaire”, à peu près cité. Il n’est pas question que la critique constructive fasse passer pour quoi que ce soit. Rappeler que la publication de la réalité de l’assassinat de JFK a dédramatisé l’attentat de Dallas, fait tomber de même coup un certain nombre d’évidences policières et légales américaines, dévoilé la véritable nature de la fratrie Kennedy au pouvoir, changé la vision de la solidité du communisme cubain, révélé, sinon le complot, tout au moins la manipulation ourdie de longue date Oswald-Ruby, etc…n’est pas de trop. On se rappelle aussi qu’il y avait à cette époque une “théorie du complot”, bien pratique pour entretenir le blocus de la population cubaine -toujours actif; les
    geoles de Guantanamo aussi.
    La rétention d’information et son traitement sélectif par les médias est aussi une arme de gouvernance. Qui connaît encore la firme Rand Corp. (voir le net). Mais ceci est un autre morceau d’histoire.

    La “théorie du complot” n’est pas une émanation gouvernementale, mais une saine réaction populaire spontanée dont les gouvernements tirent parti. L’ombre et la lumière.

    Pour terminer par un merci à l’auteur de l’article, je souhaite aussi donner une indication de lecture: “Mort de l’Image” de Régis Debray. Et, petit clin d’oeil, mettre un marque page avec l’image de l’impact du second avion sur WTC.

    ps: Salvador Allende est bien mort le 11 septembre 1973. Merci d’en avoir fait la première note de bas de page.

    Salut et Fraternité.

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  • Barnoin J. le 9 septembre 2011 - 17:42 Signaler un abus - Permalink

    Bon article sur un sujet toujours explosif dix ans après les faits( et toujours pas le moindre début de reconstruction sur “Le” site. Pourquoi????)
    Mais c’est votre affirmation que les Américains vivent
    assez bien le génocide indien que je ne partage pas.
    Non pas que ça les empêche de dormir, mais seraient-ils aussi excessifs dans l’expression de leur patriotisme
    (qui a oublié les millions de bannières étoilées plantées
    après le 11/9 jusque dans les chiottes!)s’ils étaient aussi
    persuadés de la légitimité de leur présence en ces lieux que nous Français pouvont l’être de notre présence en
    France.
    Et je me suis fait cette réflexion dés que je les ai vu d’un peu plus près,pendant les cinq ans que j’ai vécus au
    Canada. C’était durant les “Sixties”.
    Pas une résidence canadienne appartenant à un citoyen US
    qui ne se distinguât par un drapeau étoilé.
    Les Canadiens quant-à-eux, n’éprouvaient pas le moindre
    penchant pour ce genre d’exhibitions patriotardes.
    Et puisqu’on parle des “Indiens” pourquoi pas un article
    sur l’art et la manière dont les braves”Yankees” ont fini
    par arriver en Californie juste en défendant leur scalp.
    Ils ont fait la conquête de l’Ouest quasiment à l’insu de
    leur plein gré, si on les en croit.
    Ceci étant, je n’oublie pas pour autant que d’excellentes
    familles de Nantes, La Rochelle ou Bordeaux ont très
    activement contribué à l’essor du nouveau continent par la
    fourniture abondante d’une main-d’oeuvre adaptée et bien
    venue(à l’époque!).
    Comme quoi, on a tous nos petits”points de détail” sur lesquels il serait pourtant profitable de se pencher,non?

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  • Pierre Stone le 12 septembre 2011 - 15:12 Signaler un abus - Permalink

    Précision : tous les vols civils du monde n’ont pas été annulés ce jour-là. Ont été annulés tous les vols intérieurs aux USA, et les vols allant vers les USA ont été détournés vers le Canada ou renvoyés vers leur pays d’origine.

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  • kapuki le 17 novembre 2011 - 10:23 Signaler un abus - Permalink

    suite à l’article sur Mediapart “AmalGame Story entre art et culture” ce qui n’est pas dit : c’est le glissement grave de la propriété intellectuelle (art) sur la propriété industrielle (capital) alors que les artistes ont de + en + de mal à faire respecter leurs droits inaliénables et imprescriptibles.” (Kapuki ville-état numérique et immatérielle)

    Je mets ce commentaire dans cet article car pour kapuki, les violations des droits des hommes et des femmes sur la planète ce sont amplifiés et exemplifiés au lendemain du 11 octobre. Le jour où les droits du vivant aux sentiments et visages humains se sont arrêtés”

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