Napster de la banque: prochain cauchemar des gouvernements?

Le 25 mai 2011

Selon le fondateur du parti pirate suédois, nous n'avons encore rien vu de la révolution internet. Le pire reste à venir pour les États : les monnaies chiffrées et décentralisées.

La vraie bataille pour l’internet et les énormes changements que le réseau apporte ne fait que commencer. Ce que nous voyons aujourd’hui ne sont que des signes avant-coureurs, de petites disputes où les amis de ceux qui ont le pouvoir (l’industrie du copyright) se plaignent et obtiennent de piètres bénéfices.

Une des règles générales du progrès technique, c’est que ce n’est pas nécessairement la techno la plus riche en fonctionnalités, la moins chère, ou la plus accessible qui atteint la masse critique d’utilisateurs. En fait, c’est plutôt la technologie la plus simple d’utilisation.

Je cite fréquemment Youtube en exemple, car Youtube n’était pas le premier site à proposer de la vidéo sur le net. Diable, le porno le faisait depuis 5 ans lorsque Youtube est arrivé, et les techno-geeks le faisaient depuis 10 ans. Il y avait au moins une douzaine de façons ordinaires de partager de l’audio numérisé et des vidéos en ligne avec les autres.

À ce jour, l’histoire nous apprend que cela prend environ dix ans, depuis la conception d’une technologie, ou de l’application d’une technologie, avant que quelqu’un trouve la recette miracle qui rend cette technologie assez simple à utiliser pour que ça prenne.

Il serait indélicat de ne pas mentionner Napster dans ce contexte. J’ai commencé à échanger des fichiers sur FidoNet avec un modem 2400 bps en 1989. Textes, musique, images. C’était rudimentaire, mais nous le faisions. Quand un nouveau protocole appelé TCP/IP a débarqué vers 1995, nous avons tous migré. Puis en 1999, Napster est arrivé… et d’un coup, tout le monde s’est mis à échanger des fichiers musicaux. DC++ et d’autres imitations ont fait en sorte que nous partagions tout ce que nous voulions.

Le partage de musique a mis dix ans à s’emballer, grâce à Napster. Le partage de vidéos a mis 10 ans à devenir assez simple. Donc si vous voulez prédire la prochaine bataille, regardez ce que les geeks font en ce moment même, ce qui est obscur et qui n’a pas encore pris ; quelque chose avec des cas d’utilisations très claires et séduisantes, lorsque ça deviendra suffisamment simple.

Voici ce qui est sur mon radar : le système bancaire. Il existe au moins une douzaine de différentes variantes de monnaies chiffrées et décentralisées [Ndlr : ce sont des monnaies dématérialisées qui fonctionnent à l'aide de logiciels et d'algorithmes de sécurisation, le tout sans banque centrale], et de systèmes de transaction, très sophistiqués et totalement incompréhensibles, tels que RippleBitCoinecash, et d’autres.

De la même façon que BitTorrent a rendu l’industrie du copyright obsolète en un clin d’œil, ces systèmes vont naturellement rendre les banques obsolètes. Eux, ou leurs successeurs, vont atteindre un point de basculement dès que quelqu’un les rendra simples d’utilisation. La technologie est là, les scénariis d’usages sont là — et l’agacement vis-à-vis des grosses banques ne manque pas. Ce n’est plus qu’une question de facilité d’utilisation.

Quand les gouvernements comprendront…

Quand ce basculement arrivera, il n’y aura plus aucun point de contrôle central dans l’économie. Ce sera comme si l’on revenait une nouvelle fois au temps où tout le monde faisait commerce en espèces, le bon vieux cash, anonyme. Alors pourquoi cela donne-t-il l’envie aux gouvernements de murer l’Internet ?

Jusqu’à maintenant, du point de vue des gouvernements, quelques-uns de leurs amis se plaignaient du marasme des ventes de CDs, et ils leur ont donné quelques miettes d’avantages législatifs pour qu’ils la bouclent. Mais comment pensez-vous qu’ils réagiront lorsqu’ils réaliseront qu’ils ont perdu leur capacité à prélever des impôts ?

Imaginez les ramifications de cela pendant un instant. Les gouvernements dans le monde sont sur le point de perdre leur capacité à regarder dans l’économie de leurs citoyens. Ils risquent de perdre leur capacité à saisir des actifs, ils risquent de perdre leur capacité à collecter des dettes. L’usage de la force dans le monde ne sera d’aucune aide : tout est chiffré, et détruire un ordinateur avec toute la puissance de feu policière possible ne servira à rien.

Toutes les armes du monde seront inutiles face à la capacité des gens à conserver leur économie chiffrée pour eux. Elles n’y feront pas la moindre égratignure.

Si vous pensiez que les guerres sur la connaissance et la culture étaient déjà intense et importantes, je crois que nous allons voir des événements bien plus intéressants se dérouler durant la décennie à venir. Ce que nous allons voir, c’est l’émergence de ce que j’appelle l’« économie en essaim », une économie décentralisée et incontrôlable où un emploi à vie n’est plus essentiel à chaque être humain. Et je prédis que cela redéfinira la société d’une façon immensément plus importante que la possibilité de télécharger gratuitement de la musique de rap.


Article initialement publié sur le blog de Rick Falkvinge sous le titre “With The Napster of Banking Round The Corner, Bring Out Your Popcorn“, traduit par les soins de  Romain Rivière

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Retrouvez notre dossier sur le Bitcoin et les monnaies virtuelles :
Bitcoin: de la révolution monétaire au Ponzi 2.0
[APP] une autre monnaie est possible : une BD augmentée
Monnaies virtuelles: une révolution fiscale?

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  • jean-marc le 25 mai 2011 - 16:15 Signaler un abus - Permalink

    Assez d’accord avec l’idée qu’un système d’échange de biens et de services comptabilisés avec un système de points (une monnaie alternative), le tout connecté en réseau et avec le bon moteur de recherche, peut à terme permettre de se passer de l’argent dans un grand nombre de cas. Un “système d’échange local” à échelle planétaire. Je fais un site internet et j’accumule ainsi des points qui me permettent de commander des paniers légumes bio ou de réserver une chambre chez l’habitant pour mes vacances, ou encore de m’offrir un vélo d’occasion.
    Pour que ce système permette d’acheter des maisons il faudra quelques années quand même.

    Ce qui est important c’est que le système en question encourage les échanges et non pas la thésaurisation, par exemple en adoptant le principe de la monnaie fondante (quand la monnaie n’est pas utilisée elle s’autodétruit petit à petit).

    Mais se passer d’argent et contourner l’impôt signifie aussi la fin des systèmes d’assurance chômage, maladie, vieillesse, allocations familiales, financement d’infrastructures communes à tous, bref tous les avantages de l’Etat.

    Donc je suggère à ceux qui mettront en place le bazar, d’instituer une taxe “tobin” sur ces échanges, minuscule contribution sur chaque transaction, afin de lutter contre la spéculation et de financer des services communs (le développement de l’accès au net dans les pays sous dictature par exemple).

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  • Maelgar le 25 mai 2011 - 16:58 Signaler un abus - Permalink

    Et comment pensez vous que les gens réagiraient dans un monde où ils ne paieraient plus d’impôts ? La BBC a essayé de le savoir… : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/19/vis-ma-vie-sans-service-public-sur-la-bbc_1524211_3214.html

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  • 22decembre le 25 mai 2011 - 17:13 Signaler un abus - Permalink

    Pas mal comme concept. C’est vrai, remettre l’argent là où il doit être…

    Espérons que les dérives du premier système ne se reproduiront pas !

    Toutefois, la vraie monnaie ne disparaitra pas non plus (pour l’instant) : tous les petits paiements (la machine à café) ou les trucs honteux (les putes… qui disparaitront pas de sitôt non plus) ont besoin d’une unité monétaire flexible et anonyme !

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  • Bitcoin le 25 mai 2011 - 17:58 Signaler un abus - Permalink

    @romainriviere: Bel article, je ne savais pas que tu écrivais pour owni :p

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  • unagi le 25 mai 2011 - 19:16 Signaler un abus - Permalink

    @ Jean-Marc,
    Plusieurs études répondent à votre question, notamment dans le monde arabe, ou il est établi une corrélation entre niveau d´impôt et libéralisation de la société. L´Arabie est citée en exemple avec un fonctionnement de l´état assuré par la rente pétrolière sans investissement de la population. L´ impôt permet de s´inscrire dans un rapport actif dans la marche et le “contrôle” de la société.
    On peut faire, je pense, un parallèle avec les sociétés occidentales avec la disparition de la valeur travailla baisse des impôts pour les entreprises. L´allègement des charges sociales sortant les sociétés du champs social et politique.
    Tous les exemples me semblent difficilement reproductibles dans le cas présent, dans la mesure ou ils sont issus d´un système “traditionnel” de gestion d´un pays.
    Le napster des banques doit induire une révolution sociétale pour fonctionner, révolution dont je n´ai aucune idée, une explosion des systèmes actuels.

    La notion d´impôt est aussi en liée avec celle de “libéralisme politique et autoritarisme”.

    http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/conf_aub/Conference_du_10_mai_2010_Henr.jsp

    Et lien de téléchargement :
    http://www.college-de-france.fr/documents/video/aubervilliers/Conferences-2009-2010/cdf-aubervilliers-laurens-20100510.mp4

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  • unagi le 25 mai 2011 - 19:24 Signaler un abus - Permalink
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  • François VERRON le 25 mai 2011 - 23:44 Signaler un abus - Permalink

    Un “moment Napster” pressenti aussi dans le monde de l’assurance, où Facebook pourrait jouer un rôle clé, selon Maria Umbach de l’institut d’innovation Maddock Douglas (USA) …

    http://community.maddockdouglas.com/article/61445/Will-Mark-Zuckerberg-Reinvent-The-Insurance-Industry-A-2011-Prediction/

    Voir aussi cette vidéo: http://vimeo.com/19311498

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  • Antoine Alloin le 26 mai 2011 - 0:17 Signaler un abus - Permalink

    Vous semblez monsieur oublier que pour l’instant cette évolution reste un doux rêve caressé; oui la capacités des hommes et femmes d’aujourd’hui à utiliser préférentiellement et de façon majoritaire un système que vous dites de monnaie chiffrée et décentralisée échappant au contrôle des gouvernements est nulle. Ceci parce qu’internet étant paradoxalement la seule plateforme à le permettre, l’interdit dans le même temps.
    Internet est encore de nos jours un service comme un autre qui nous est fournis pas des FAI, entreprises légales donc garantissant un certain degré de filiation à une économie ou à une autre (et à ses règles étatiques de fonctionnement)….Les gouvernements ont donc encore le monopole de l’internet légitime dans leur économie.

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  • unread le 26 mai 2011 - 8:12 Signaler un abus - Permalink

    Quand Facebook et twitter seront-ils enfin décentralisés ?
    Napster est un système relativement centralisé. Les systèmes vraiment décentralisés, donc incontrôlables, de transfert d’information peinent à dépasser leur cible de convaincus ou pédonazis (freenet par exemple).

    Je pense que les masses ne s’intéressent aux dangers du nucléaire que quand une centrale saute, et au contrôle de leurs données que quand il y a vraiment un gros problème. Ce qui pousse les masses à choisir un outil, comme dit dans l’article, c’est que cet outil est pratique, sinon ce sont les équivalents chiffrés et décentralisés de twitter et Facebook qui seraient au coeur de l’appropriation du web (Internet ? trop grand). Et que donc, le système financier a de beaux jours devant lui, notamment grâce à sa flexibilité et sa capacité d’innovation et d’opportunisme.

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  • DDV le 26 mai 2011 - 12:14 Signaler un abus - Permalink

    La perspective d’une monnaie qui ne serait adossé qu’à la confiance que peuvent se faire entre eux deux internautes distants, sans connaître forcément leur identité réelle réciproque, m’apparaît comme la possibilité d’un désastre économique et financier énorme.
    La dématérialisation de la monnaie, qui est apparue avec l’émission de monnaie-papier (et non plus de fraction d’argent ou d’or) au début du XVIIIe siècle, a créé la 1ère crise économique d’envergure, la confiance en l’Etat (qui assurait sa convertibilité-or) n’étant pas suffisante. Lire à ce propos l’ouvrage de Michela MARZANO, “le contrat de défiance”. La crise de 2008 est elle aussi lié à la confiance que peuvent mettre les agents économiques dans des instruments de plus en plus virtuels, que personne en définitive n’est en mesure d’assurer. C’est ainsi que les banques islandaises ont manipulé des sommes qui représentaient 800% du PIB islandais.

    Tout ça pour dire que la confiance dans les banques est aujourd’hui très sérieusement mis à mal, malgré les énormes garanties que les Etats sont prêts à y apporter. La confiance dans les Etats l’est également (v. la Grêce, l’Irlande, le Portugal qui empruntent à des taux chaque jour plus élevés). Alors la perspective d’une monnaie qui soit totalement dissociés de ces “centres de confiance” que demeurent les Etats, et qui ne soit basée que sur la confiance mutuelle fait entre organismes en ligne, créerait sans doute une bulle financière entraînant une récession financière et économique de même mesure que la crise des subprimes.

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  • Stanislas Jourdan le 26 mai 2011 - 12:31 Signaler un abus - Permalink

    @DDV : oui mais vous n’expliquez pas pourquoi la confiance envers les états et les banques s’est effritée.

    La crise n’est pas venue de nulle part. Elle a des origines très intrinsèques au système et aux règles monétaires. Ce n’est pas pour rien que les geeks s’attaquent à ces questions, car outre l’aspect “perturbateur” de ce genre d’initiatives, le fait est que les règles monétaires actuelles sont injustes.

    il est donc salutaire que les geeks s’attaquent à ces questions et repartent de zéro pour inventer de nouveaux modèles.

    A mon sens, l’intérêt de bitcoin and co n’est pas de passer outre l’état, mais d’expérimenter de nouvelles règles, et de les imposer aux gouvernements si celles-ci sont justes et efficientes.

    Non ?

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  • Anon le 26 mai 2011 - 13:03 Signaler un abus - Permalink

    Vous êtes sacrément hallucinés si vous souhaitez vraiment que ce scénario se produise…

    Réduire le pouvoir des Etats? Au profit des sociétés privées?

    Je vous rappelle que vous avez la possibilité de voter pour votre gouvernement. Quel moyen d’action avez vous sur une entreprise? Appeler sa plateforme hotline offshore pour vous plaindre?

    Que vous perceviez l’imposition comme une injustice est compréhensible quand on voit comment notre argent est gaspillé, mais l’impot dans son fondement se veut utile : on paye pour des services, l’hopital, les autoroutes, les infrastructures etc…C’est sûr que quand quelque chose est acquis on fini par l’oublier et ne plus l’apprécier à sa juste valeur.

    Souhaitez vous vraiment voir disparaitre tout ça, au profit de la privatisation systématique? L’example américain n’est pas glorieux…

    …et vous oubliez bien facilement combien à l’étranger on admire la France pour ses “acquis sociaux”. La France est un pays dans lequel les gens veulent venir, pas un pays que les gens fuient (ceci dit si le FN continue de monter ça va finir par sentir mauvais, mais ce n’est pas le sujet)

    Le problème est sûrement que vous percevez les gouvernements comme quelque chose de néfaste, c’est peut-etre effectivement parfois le cas en pratique, mais ce n’est absolument pas leur vocation, ils sont là pour servir le peuple. Si ce n’est pas le cas, c’est au peuple de changer son gouvernement.

    Les concepts évoqués dans votre article sont cependant très intéressants, et il est tout à fait possible qu’ils fleurissent en parallèle du système existant.

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  • Stanislas Jourdan le 26 mai 2011 - 13:17 Signaler un abus - Permalink

    @Anon : est-ce à moi que vous vous adressez ?

    Auquel cas, je trouve que vous êtes gonflé de me faites tenir des propos que je n’ai pas tenu. A moins que vous confondiez plusieurs choses : les règles fiscales qui définissent le rôle de l’état-providence etc. ET les règles purement monétaires dont dépendent totalement tout le système bancaire financier.

    Je parle bien ici des règles *monétaires* qui permettent à une autorité centralisée, la BCE, de sauver des banques quasi-gratuitement, ou de prêter à des taux hyper avantageux aux banques, alors que l’artisan du coin peine à financer sa trésorerie.

    Voilà l’injustice à laquelle je fais référence ici. Alors bien sur le problème est que ces règles sont totalement approuvées par l’oligarchie au pouvoir, et ça me gène. Mais à part ça, je n’ai rien contre l’état providence, tant qu’il met tout le monde sur le même pied d’égalité.

    (Ce qui est loin d’être le cas, malgré l’« admiration du monde extérieur ». Mais on reparlera de l’état providence plus tard, vraiment pas le sujet ici :-) )

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  • DDV le 26 mai 2011 - 14:31 Signaler un abus - Permalink

    @ Stanislas Jourdan

    Pour répondre à votre remarque, il est vrai que la crise de confiance envers les banques est en dernière analyse à mettre à la charge des États, qui ont permis le développement du système bancaire dérégulé.

    Mais quitte à choisir une entité chargé de réguler le système, je préfère m’orienter vers des organes élus, aussi imparfait que soit le système électoral actuel (manque de représentativité, distorsions dues au système médiatique…) plutôt que vers des individus sans aucune légitimité démocratique, voire des entreprises à but lucratif. La monnaie est un bien public.

    Alors si l’on considère que ces systèmes ne sont que des expériences hors sol pour tenter des alternatives et les soumettre ensuite à la légitimité démocratique (représenté aujourd’hui exclusivement par l’État), je me range derrière votre avis.

    Mais c’est précisément dans le champ public et économique du web, qui connaît une croissance exponentiel, que ces expériences se situent. Que vous le vouliez ou non, elles sont donc appelées à se développer en concurrence directe avec la monnaie telle qu’elle est régulé par les États, ou la Banque centrale européenne dans notre cas.

    En définitive, la meilleure manière de se réapproprier notre monnaie consisterait à réattribuer la tutelle de la BCE aux différents États européens, qui pourraient à leur tour :
    - exercer leur souveraineté par la maîtrise de l’inflation
    - mettre en place de règles claires comme la nationalisation des banques, des agences de notation, etc.

    Au contraire, la perspective de “systèmes de transaction, très sophistiqués et totalement incompréhensibles” que vous évoquez dans votre article fait fortement penser aux expériences d’apprenti-sorcier des petits génies de Wall Street pour titriser des crédits foireux, qui ont eu l’effet que l’on sait…

    Cordialement

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  • Stanislas Jourdan le 26 mai 2011 - 19:06 Signaler un abus - Permalink

    @DDV il se peut que des réformes aient lieu (la menace de la Grèce de quitter l’euro pourrait aider) mais je reste bien moins optimiste que vous.

    Le problème c’est que de nombreux décideurs sont enfermés dans des dogmes économiques, si bien que ce n’est surement pas par le débat démocratique que l’on aboutira à quoi que ce soit. Si le système actuel est en place, c’est qu’il arrange plein de gens : les banques bien sur, mais aussi les grandes entreprises, et les politiques. Il faut être too big too fail pour profiter de ce système…

    Alors oui, je pense que ce genre d’initiatives, aussi dangereuses puissent-elles être, auront certainement davantage d’impact que toutes les propositions de réformes. Car, comme le soulève l’article, ils comprendront rapidement que s’ils n’ont rien de mieux à proposer, et bien les gens éviteront “leur” monnaie. Et ils verront aussi que d’autres systèmes plus justes et efficaces peuvent fonctionner.

    La preuve par l’exemple, comme on dit.

    Sinon concernant le “systèmes de transaction, très sophistiqués et totalement incompréhensibles”, cette phrase est de l’auteur, pas de moi. Et je ne suis justement pas très d’accord avec lui, car les logiciels type bitcoin sont open-source, autrement dit les règles sont connues de quiconque s’intéresse au truc. Alors bien sur ça ne garantit en rien la qualité du système : vous trouverez d’ailleurs des centaines d’articles critiquant bitcoin d’être une pyramide de Ponzi. Mais au moins le débat peut avoir lieu car les règles sont connues. Et quiconque a mieux à proposer peut utiliser le code source de bitcoin et y appliquer les règles qu’il entend.

    Et surtout, ce qui est bien avec bitcoin, c’est que les gens réflechissent à quoi ils participent plutot que de faire confiance aux pseudo “experts” qui ont bati le système financier d’aujourd’hui.

    Nous ne sommes qu’au début de ce genre d’expériences, il y aura surement des échecs, mais rien qu’avoir la preuve qu’un système monétaire peut se passer de banques, c’est déjà pas mal, non ?

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  • Tom le 27 mai 2011 - 1:02 Signaler un abus - Permalink

    Une hyper-prophétie en pur style gourou américain de la net-économie… l’auteur soulève des questions intéressantes, mais il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il nous prédit avec aplomb un pur fantasme sans commune mesure avec ce que l’on peut déjà voir “IRL”. Mais à ce niveau d’incertitude il serait bon d’imaginer plusieurs scénarios possibles…

    Deux choses m’agacent en particulier :

    1) Le côté over-technophile est bien trop enthousiaste pour être crédible. Il ne faudrait pas laisser entendre que la techno à elle seule explique tous les changements, ni la surestimer au point de prétendre qu’elle a le pouvoir de résoudre tous les problèmes du monde… Si OWNI veut devenir une référence journalistique sérieuse sur l’innovation, il me semble qu’il devrait adopter une ligne claire vis-à-vis de ce qui relève de la pure technophilie exaltée. Notamment, je pense qu’on sert bien mieux l’innovation sociale (et monétaire) en adoptant une bienveillance un peu plus critique et raisonnée envers le “super-pouvoir” Internet : une technophilie soft, qui ne se laisse pas aveugler par ce qu’on pense déceler dans les technos, et capable de prendre ses distances avec les prophéties des gourous… Histoire que les geeks et le reste du monde, à défaut de parler le même langage, aient encore l’impression de vivre dans le même monde…

    2) A part ça, le côté “nous, les gens, aurons bientôt les moyens de nous débarasser de l’Etat qui nous spolie” sonne au mieux ultralibéral, voire anarchiste et vaguement conspirationniste si on le replace dans son contexte américain… et surtout, ce qui n’aurait pas dû échapper à des français : ce discours, motivé par une idéologie anti-étatiste primaire qui n’a pas d’équivalent chez nous, est totalement ignorant du rôle essentiel des Etats dans le fonctionnement de nos sociétés. Les Etats ont certes du mal à s’adapter aux changements, mais faute d’une alternative réellement crédible ils ne devraient pas disparaître de sitôt… et heureusement pour nous et pour notre système de redistribution et de protection sociale, tout imparfaits qu’ils soient ! Si une transition vers de nouveaux systèmes est possible (et souhaitable), pourvu qu’elle se fasse en douceur, sans s’abreuver d’arguments sur la théorie du complot étatiste ni monter les citoyens contre leurs gouvernants…!

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  • Stanislas Jourdan le 27 mai 2011 - 10:38 Signaler un abus - Permalink

    @Tom : cet article n’a pas vocation à dire la stricte vérité. C’est un point de vue, une analyse : à lire comme tel. Et nous n’avons pour pour coutume chez owni de sous-estimer le sens critique de nos lecteurs, et vous nous donnez d’ailleurs plutot raison avec votre commentaire.

    “si on le replace dans son contexte américain…” –> Rick Flakvinge est suédois (on a vu pire en matière de pays anti-étatiste… ;-)

    Bref, après, chacun son opinion… nous n’avons de toute façon pas fini de parler de monnaies sur OWNI …

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  • Tom le 27 mai 2011 - 12:30 Signaler un abus - Permalink

    En effet, pas besoin d’être de nationalité américaine pour être anti-étatiste. Mais c’est globalement l’idéologie qui l’est (elle est même anglo-saxonne en général. Deux exemples assez symboliques à ce sujet : http://goo.gl/L9hIS et http://goo.gl/ea2NF).

    Ce qui est plus troublant, et c’était l’objet de mon indignation, c’est qu’un tel “anti-étatisme primaire” est assez largement porté aujourd’hui par les “gourous du web”, et plus généralement par le courant technophile qui arrive droit de la Silicon Valley (mais qui a effectivement déjà gagné tous les pays).

    Je pense qu’on peut se réjouir de ce qu’Internet nous offre des alternatives pour améliorer le fonctionnement de la société, en nous donnant des outils pour seconder l’Etat de manière décentralisée. Mais qu’on ne devrait pas s’exalter trop vite de ce qu’Internet nous “rendra libres” en “tuant le grand méchant Etat”. Pour éviter de tenir des discours aussi carricaturaux et réducteurs, il nous faudrait réfléchir un peu plus.

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  • DAVE le 29 mai 2011 - 3:42 Signaler un abus - Permalink

    Sauf qu’il ne s’agit pas de la fin du grand méchant état mais des grandes méchantes banques, me semble-t-il ?

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  • Stanislas Jourdan le 30 mai 2011 - 11:09 Signaler un abus - Permalink

    @DAVE : les deux ;-)

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  • r4f le 2 juin 2011 - 15:15 Signaler un abus - Permalink

    Un peu en vrac, et tardivement puisque les commentaires ci-dessus synthétisent bien les aspects “libéralisme économique” et “technophilie” qui, à mon goût, gâche les points pourtant intéressants de l’article.

    Donc…
    “plus de banque centrale”, “la capacité des gens à conserver leur économie chiffrée pour eux”, … ‘plus d’État’ ?

    => plus de poste, de sncf, de sécu, de police (l’armée on la regretterai probablement pas, certes).
    Donc: juste des grosses firmes capitalistes avec leurs brigades privées ? douteux que le peuple gagne en émancipation et en capacité d’action… (“sans outil institutionnel” face à la libre entreprise capitaliste)
    bref le peuple uni … sans état … ça me paraît au mieux extravagant, au pire dangereusement inconscient dans le contexte actuel.
    On retrouve cette opinion (ie, implicitement ou explicitement chez les wiki[pl]*), selon laquelle la pseudo-anarchie du XXI serait du libéralisme économique en mode “loi du plus fort” (ou “du marché”) sans possibilité technique d’intervention collective, mais … avec l’informatique (contrairement au XXème).
    ça s’annonce fort intéressant en effet…

    Et puis l’écologie va bien évidemment aller de soi sans vilain dirigisme économique, … (il risquerait d’empêcher de polluer)

    Du côté technophilie débridée, l’ordinateur coutera bien plus que 50 heures de smic (sans parler de l’électricité), avant même que le nombre de bitcoins se stabilise.
    (des bitcoins qui, forcément, vont favoriser la relocalisation des échanges d’ailleurs…)

    Comment échange-t-on des bitcoins “en tout autonomie” quand le gouvernement peut (encore) couper la ligne ADSL, ou électrique ?
    Avant de parler d’autonomie via internet, considérons l’autonomie énergétique et industrielle sur laquelle sont basés informatique et internet.
    Un ordinateur ou une information n’a jamais nourri personne, et dans les sociétés comme la notre il suffirait de couper l’eau chaude pour retourner les opinions de la majeure partie de la population comme un gant.

    Un dernier point par rapport aux bitcoins, à peine le projet avait-il démarré que des types faisaient des implémentations javascript pour profiter du CPU/navigateur des visiteurs à leur insu.

    Quel dommage que l’éthique ne s’automatise pas à coup de techniques … un p’tit contrat social ne serait-il pas inévitable pour la vie en société ?

    Note: je mets en exergue (prolongeant, au risque de caricaturer) certains traits du discours qui me semblent être des biais de raisonnement.

    Recentrage autour du sujet:
    Le bitcoin, par exemple, est en lui-même un outil comme l’est la monnaie (et on peut décentraliser la monnaie: cf les sels).
    Sa particularité est d’être autonome (dans le virtuel s’entend).
    Le bitcoin est au crédit (et en règle générale la monnaie dématérialisée) ce que cette dernière est à la monnaie fiduciaire.

    Il y a fort à parier que les premiers promoteurs de l’échange monétaire électronique (des années 70) considérait cela comme moins sujet à contrôle que la monnaie fiduciaire (comme ceux qui avant eux utilisaient les chèques, bons et autres monnaies scripturales).

    Et bien la phynance à certes gagné en effet, la peuple ne dispose plus du pouvoir régalien d’émission de monnaie. Celui-ci est en fait laisser à une oligarchie indistincte de banquiers, politiciens et industriels.

    L’outil sur lequel nous n’avons pas de contrôle mais dont nous pouvons être dépendants est-il plus souhaitable que l’outil (la monnaie fiduciaire par exemple) qui peut être contrôlé (mais aussi détourné).
    La petite histoire des monnaies suffirait, je pense, à nous montrer que plus les possibilités de contrôle d’une monnaie s’estompe, plus, en réalité, elle ne font que se concentrer, et plus il y a de chances que les cupides soit les premiers à en tenir les ficelles.
    La seul différence apparente d’un bitcoin avec un euro passant par wallstreet, c’est que les règles qui régissent le second sont fixables (et fixées par l’oligarchie mondiale). On peut donc fixer des règles sur son accumulation. Cela ne s’applique pas au bitcoin, pour le meilleur comme pour le pire.

    Au final, il me semble évident que c’est les paradigmes de valeur (marchande/usage) et de convertibilité des monnaies qui est problématique. Que le pétrole soit à un prix unique quelque soit son usage, que l’on puisse échanger n’importe quoi avec la même monnaie, là sont les problèmes économiques et ceux-là ne se règlent (probablement) pas à coup de techniques.

    amicalement

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  • Stanislas Jourdan le 2 juin 2011 - 16:05 Signaler un abus - Permalink

    @r4f : on revient toujours à la même chose : ce n’est pas la technique qui ca sauver le monde, mais les usages, et les règles que les gens vont se fixer entre eux.

    Dans le cas de bitcoin, il y a amha une faille assez flagrante : le fait que les premiers arrivés bénéficient d’une création monétaire, alors qu’une fois que le montant de bitcoin maximal sera atteint, les nouveaux entrants n’y auront pas droit.

    Donc un outil censé créer un meilleur système reproduit une nouvelle fois le schéma de Ponzi…

    C’est pareil pour l’état. Le fait que beaucoup de gourous du web aient des tendances libertaires est symptomatique. Ces gens là ne sont pas forcément contre l’état en soi. Mais ils constatent seulement que l’état n’est plus toujours dans son rôle de protecteur des droits et de la justice. Pire, certains gouvernement viennent empiéter sur les nouvelles libertés numériques.

    Donc, tout comme la technologie ne peut être jugée que par l’usage que les gens en font, c’est le rôle de l’Etat qu’il faut aujourd’hui repenser.

    Et tout ceci dans le cadre d’un contrat social à réécrire aujourd’hui…

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  • vzmind le 8 juin 2011 - 9:14 Signaler un abus - Permalink

    La propagation de l’idéologie anti-etatiste et décentraliste est effectivement bien souvent le fait des “Gurus du Web” mais n’oubliez pas que nombre de ses adeptes se sont fondus dans la population: bien des honnetes citoyens anarchistes de notre pays se retrouvent à défendre ces valeurs.

    La mise en oeuvre d’une monnaie et economie parallèle se fera avec le peuple. Les gouvernants n’ont pas leur mot à dire sur ce sujet: le marché décidera. Ils réagiront a posterirori pour réglementer as usual.

    En attendant, je souhaitais introduire de nouvelles piste de revendication de droits du citoyen pour le XXIeme siècle:
    1 accès total et automatisé à l’information d’état (budget, recettes/dépenses, lois etc) pour faciliter son traitement et sa compréhension par le peuple
    2 transparence sur l’usage des fonds publics
    3 imposition sur une base volontaire (marrant non?)

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  • Tom le 8 juin 2011 - 13:21 Signaler un abus - Permalink

    @vzmind: L’imposition sur une base volontaire ? Marrant ?? Complètement obscurantiste vous voulez dire !!

    Pour parler un peu plus sérieusement, ce qui m’intéresse, personnellement, ce serait plutôt le “revenu de vie” (http://http://appelpourlerevenudevie.org) ou “allocation universelle” (http://goo.gl/IE1Kr). Voilà une innovation qui, à mon avis, serait progressiste et humaniste… qu’en pensez-vous ?

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  • Tom le 8 juin 2011 - 13:30 Signaler un abus - Permalink

    (NB : le revenu de vie sur OWNI : http://owni.fr/tag/revenu-de-vie)

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  • miluz le 9 juin 2011 - 2:35 Signaler un abus - Permalink

    Les développeurs du Libre – qui ne sont pas seulement des “geeks” – sont des individus qui travaillent de façon collaborative, à l’aide d’un outil de partage décentralisé, en respectant 4 libertés fondamentales : exécuter, étudier, redistribuer et améliorer les programmes informatiques.

    Leur lutte contre les “accapareurs” s’effectue dans tous les domaines concernés par l’informatique. Y compris la finance, puisque cette industrie a choisi de se lancer dans l’aventure.

    Si les mathématiques appliquées ne sont d’aucune utilité descriptive, ni prédictive, des processus à l’origine de la circulation des flux financiers, elles permettent en revanche d’en assurer le transport. Le support. L’infrastructure, en gros.

    La finance ne plaisante pas avec les centimes. Depuis leur lancement dans l’aventure informatique, ces beaux flux d’où qu’il viennent, où qu’ils aillent, quelqu’en soit la nature, transitent par des chambres de compensation susceptibles d’en connaître le montant global au niveau mondial, au 1/1000ème de centime près et au 1/1000ème de seconde près.
    Paradis fiscaux compris. Secret, corruption, trafics, bonus & parachutes compris.

    Remettre de l’ordre dans la circulation des flux est simple, mais c’est une décision politique. Et de plus désormais mondiale.
    Si l’infrastructure informationnelle reste libre, la politique devient un processus démocratique par essence.

    Il est possible dans l’état actuel du réseau internet, de faire particpier à la décision politique la totalité de la population mondiale en état de participer à la vie publique.

    Le danger, pour les “accapareurs” de tout bord (de la parole publique, de la politique publique, des logiciels comme de l’argent, des territoires et des biens matériels) c’est ça.

    Monnaie x ou y, ou pas.

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  • Vincent le 15 juin 2011 - 23:22 Signaler un abus - Permalink

    Titre alléchant, contextualisation intéressante, mise en prospective inquiétante : ça pue au final l’ultra-libéralisme primaire. L’accord d’échange entre pairs dont le produit immatériel est reconnu matériellement par des tiers ne peut se faire si le tiers est exclus. Qu’il s’appelle état, collectif, bande d’en face ou copains d’à côté.
    Ceci supposant en plus qu’il n’y a pas de rapport de domination ou de soumission dans l’échange entre pairs.
    Comme d’autres commentaires le font aussi remarquer, ceci nous place dans une économie de l’éphémère où la mutualisation disparaît et avec elle les indigents dépositaires de la solidarité collective.
    Je dirais que c’est un peu un modèle de schtroumpf grognon qui vient de recevoir sa déclaration d’impôts et qui n’a pas d’enfants, n’aiment pas les musées et qui est en bonne santé et pense qu’il le sera toujours.
    Mais l’idée initiale reste séduisante si le dispositif proposé permet n’ont pas un échange entre pairs (qui bon gré malgré fonctionne sur le principe de l’offre et la demande) mais sur un système de contribution entre tiers: A qui aime la salade vend un cours de guitare B qui n’aime pas la salade mais écrit une jolie chanson pour la chérie de C qui vends des salades mais n’a pas envie d’apprendre la guitare).

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  • Libertas le 22 juin 2011 - 21:22 Signaler un abus - Permalink

    Sur la monnaie, il faut lire “Maudit argent !”, de Frédéric Bastiat (disponible sur Amazon).

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  • Ocelote le 23 juin 2011 - 10:06 Signaler un abus - Permalink

    @Anon

    “Réduire le pouvoir des Etats? Au profit des sociétés privées?”

    L’état est sensé etre le peuple, et non 3 ou 4 guignols comme c’est le cas. Donc reduire le pouvoir des ces guignols, pour les rendre a la majorité qu’est le peuple et non les “elu-minés”

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