Disparition de l’écologie chez les Verts

Le 17 janvier 2012

Eva Joly dévisse dans les sondages ; même si diverses études montrent que les sujets environnementaux continuent à préoccuper les Français. Pour comprendre ces très mauvais résultats, OWNI a passé ses discours au crible des outils d'analyse textuelle. Tous montrent que les derniers discours d'Eva Joly ne parlent plus d'écologie. EELV s'est éloigné de sa thématique favorite. Tandis que d'autres l'occupent habilement, tel Jean-Luc Mélenchon.

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Pas une seule fois Eva Joly n’a prononcé les mots “écologie”, ”environnement”” ou ”nature” durant ses vœux aux Français diffusés en vidéo le 30 décembre dernier. Mal placée dans les sondages, la candidate d’Europe écologie-Les Verts multiplie depuis son investiture les apparitions liées à la justice, à l’éthique ou à la société civile. Laissant ainsi de côté, à part pour une visite sur les lieux du naufrage du TK  Bremen, la thématique structurante de son parti.

Passés à la loupe de l’analyse sémantique, les discours révèlent un écart de plus en plus grand : sur le terrain de la conversion écologique de la société, Eva Joly lambine derrière Jean-Luc Mélenchon.

De la société écologique à la justice salvatrice

A l’aune de son discours d’investiture, la gagnante de la primaire écolo partait pourtant sur un arsenal de mots unificateurs dans le plus pur esprit de la coalition écolo : après la France (évoquée 19 fois), les mots les plus présents dans son adresse aux militants le 29 juillet étaient à égalité (avec six occurrences) “écologiste” et ”Français” (ceux qu’elles se destinaient à unir) et ”pouvoir””, ”écologie” et ”mouvement”. L’“économie” restait un cran en deçà dans les priorités. Et les difficultés liées à la crise presque absentes du discours.

Face caméra, l’hiver venu, seule sur son canapé, Eva Joly a livré des vœux d’un tout ordre ton. Très brève (333 mots contre 1 298 mots pour l’investiture), la prise de parole débute sur une phrase qui résume le nouvel angle de campagne de la candidate : la résolution de la crise par la justice.

Il est important de faire comprendre que nous ne devons pas faire porter le poids de cette crise sur les plus vulnérables d’entre nous. L’austérité n’est pas une fatalité, d’autres choix politiques sont possibles.

Si la ”France” domine le propos avec huit mentions (comme c’est presque toujours le cas, de la gauche à la droite, en temps de campagne nationale), la ”justice” (six occurrences) y précède le ”citoyens” (x4), suivi par la ”solidarité” (x3)… ”L’Europe” est présentée comme la solution, ”un projet magnifique de paix”, qui ici est le seul vraiment développé. La ”planète”, esseulée en fin d’allocution, est seulement évoquée comme un projet de lieu ”vivable”. Les solutions écologiques à la crise, elles, ont disparu.

Le triptyque “social-égal-écolo” de Mélenchon

À l’inverse, le candidat du Front de Gauche a renforcé son propos écologique entre son discours d’ouverture de campagne (sur la place Stalingrad à Paris, le 29 juin 2011) et ses vœux aux Français. De trois occurrences, il passe à quatre mais, surtout, il développe en paragraphes entiers un des piliers de son programme : la ”planification écologique”. Dans la bouche de l’ex-PS, l’écologie n’est pas au premier rang mais souvent intégrée à un triptyque de réforme sociale, légale et écologique. Au même contexte d’austérité que celui des vœux d’Eva Joly, la réponse de Jean-Luc Mélenchon intègre directement l’option écolo :

Nous ne sommes d’aucune façon adhérents aux politiques d’austérité. Nous en sommes tout le contraire ! Nous croyons, nous, que c’est par la relance de l’activité que nous provoquerons la bifurcation écologique, la réindustrialisation, l’amélioration du quotidien auxquelles chacun d’entre nous aspire légitimement. Le pays a beaucoup travaillé, le pays est très riche, comment se fait-il qu’il y ait autant de pauvres ?

Le lien justice-égalité de la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts est ici remplacé par une mise en rapport des facteurs économiques-écologiques-sociaux. ”L’esprit” de cette réforme est pourtant proche dans les mots de celui d’Eva Joly : les ”citoyens” sont omniprésents (cités 9 fois dans les vœux), ”l’élection” maintes fois évoquée comme le moment charnière… Malgré ces similitudes, l’orientation générale des projets reste conforme aux étiquettes : ”écologiste” apparaît six fois dans l’investiture de Joly, pour seulement quatre occurrences pour le mot ”gauche”, lequel se retrouve à sept reprises dans le discours de Stalingrad de Mélenchon.

L’écologie, un truc pour les journalistes ?

Avec l’organisation de sa “nuit pour l’égalité” et ses récentes propositions sur de nouveaux jours de congés destinés aux juifs et aux musulmans, la parole de la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts s’affirme comme celle d’une ancienne magistrate plutôt que de porte-parole d’une réforme écologique de la société. En marge des grands discours, pourtant, une allocution récente d’Eva Joly remettait les questions environnementales et sanitaires au premier plan : celle destinée aux journalistes pour la nouvelle année !

Permettez-moi encore, à ce propos, de vous demander d’être le relais d’un message personnel aux Françaises et aux Français !

Je souhaite aux Françaises et aux Français, cette année, de prendre en main leur destin et celui de leurs enfants et petits-enfants, en votant, le 22 avril prochain, pour un triple changement : un changement de Président, un changement de perspective et un changement de République.

À toutes celles et tous ceux qui, depuis des années maintenant, agissent quotidiennement pour une planète vivable, pour une démocratie vivante , et une société plus juste je veux dire solennellement : « Ensemble, changeons la donne en 2012 ! Vous pouvez compter sur moi. Moi, j’ai besoin de vous .

S’en suivent des évocations des suites du Grenelle de l’environnement, du risque de la surpêche, de l’exploitation irraisonnée des ressources naturelles… Des termes qu’Eva Joly, même lors de son élévation au rang de candidate, n’avait qu’effleuré tout au plus, pointant d’une phrase ”la pêche industrielle”, ne faisant pas une référence explicite au Grenelle.

Un discours plus écolo mais surtout plus politique : peu habituée aux critiques directes, la candidate évoque dans ses vœux à la presse François Hollande, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon (sur la question des désistements) et accuse de ”défaite” Nicolas Sarkozy. Un discours calibré rempli de mots clefs pour les journalistes avides de citations.


Collecte des discours et traitement des données Claire Berthelemy et Grégoire Normand.
Illustration : Marion Boucharlat
Photo CC par Nathaniel via Flickr

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  • vert chez moi le 17 janvier 2012 - 17:31 Signaler un abus - Permalink

    de quels discours parlez vous ?
    Ceux depuis une semaine (consultables sur le site) démontrent le contraire… alors qu’ils abordent d’autres thématiques : égalité, emploi, logement, (…)

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    • Sylvain Lapoix le 17 janvier 2012 - 18:35 Signaler un abus - Permalink

      Je parle des deux principaux discours PUBLICS de la candidate depuis sa victoire à la primaire : son investiture et ses voeux. Mettez-vous la nuit de l’égalité dans les discours ? Son intervention sur les fêtes religieuses ? Je suis d’accord que son intervention sur le naufrage du TK Bremen relevait d’une thématique écologique (d’ailleurs, je l’ai mentionné dans ce papier), ainsi que celui sur les emplois verts. Mais nous avons pris soin de prendre des discours de politique générale et non des discours thématiques.

      A ce compte-là, nous pouvons aussi dire que n’importe quel candidat qui évoque les “emplois verts” lors d’une visite de déchetterie ou une ferme solaire parle d’écologie. Il s’agissait pour nous de cibler des allocations NON thématisées et c’est ce que nous avons fait pour la candidate d’EELV comme pour Jean-Luc Mélenchon.

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      • vert chez moi le 17 janvier 2012 - 19:39 Signaler un abus - Permalink

        La question pourrait être : peut on ranger “les voeux” (très courts) au même niveau qu’un discours ?
        Je ne le pense pas…
        (en matière de voeux Le seul avoir réussi l’exercice (se mouillant pas en faisant très court) est Mélenchon. Les autres Bof Bof )

        Si vous ne l’aviez pas remarqué le “plan” des voeux est le détournement de Liberté Egalité Fraternité…

        Donc finalement plutôt thématique comme discours non ? ;)

        Peut on parallèlement exclure les discours (que vous qualifiez de thématiques) de l’étude qui a été réalisé ?

        Si j’étais taquin je pourrai analyser votre présent article
        et faire quelques petites critiques :)

        Ainsi quand vous dites : OWNI a passé ses discours au crible des outils d’analyse textuelle. Tous montrent que les derniers discours d’Eva Joly ne parlent plus d’écologi

        Le “Tous” correspondrait à un seul… les mots prononcés lors des voeux ? ;)
        Tous ?
        Ou une sélection ? ;)

        Je ne pense donc pas qu’on puisse être aussi réducteur en ne prenant que 2 discours (dont 1 est celui des voeux…)

        Si je suis pret à reconnaitre certaines choses (orientation de la campagne à l’image de la candidate…)
        Je rappele tout de même que lorsque l’on écrit un article les mots ont un sens ;)
        Relisez le chapeau… Il y a à redire non ?

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  • Lucile le 17 janvier 2012 - 17:36 Signaler un abus - Permalink

    Cinquième paragraphe : “tout ordre ton” serait plutôt d’ “tout autre ton”.

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  • Olwen le 17 janvier 2012 - 18:34 Signaler un abus - Permalink

    Je trouve tout cela de mauvaise foi… Quand les écolos parlent d’environnement, on leur reproche d’être environnementalistes et de ne pas se préoccuper des autres thématiques. Quand on parle de logement, de santé, d’emploi; on leur reproche de ne plus parler d’environnement.
    Je veux rappeler que l’écologie, qui est un paradigme politique novateur, prend en compte quatre piliers que sont l’environnement, l’économie, le social et la démocratie. L’écologie politique telle que portée par les verts est antiproductiviste, anticapitaliste mais aussi contre un Etat omnipotent et oppresseur.
    Le fait que Mélenchon essaye de s’approprier l’écologie ne m’étonne pas mais il n’est pas crédible une seule seconde. Allié au PC et productiviste lui même, il jongle habilement avec les mots mais cela ne fait pas de lui un écologiste, loin de la.

    Vive l’écologie, vive les verts! :)

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    • Sylvain Lapoix le 17 janvier 2012 - 18:50 Signaler un abus - Permalink

      Les “piliers” que vous développez sont une vision parmi d’autres de l’écologie. Je préfère me rallier à celle de Guattari des “trois écologies” : environnementale, sociale et mentale.

      Vous voyez un jugement où il n’y en a pas, sinon où vous voulez en trouver : nous nous penchons seulement sur l’axe pris par les propos de la candidate d’EELV. Et, en toute bonne foi, il est difficile de nier le poids prépondérant des positions liées à la justice par rapport à celle en rapport avec l’écologie en générale (sans même parler des questions de pollution ou d’environnement et en l’élargissant aux questions d’énergie, d’économie des ressources, de circuits courts, etc.).

      A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon place dans les thèmes systématiquement développés dans ses discours celui de la “plannification écologique”. Comme je me suis refusé à considéré d’un point de vue politicien les propos de Joly, j’en ferais autant pour Mélenchon : que vous ne considériez pas ces options comme crédible pour des raisons d’alliance, c’est votre droit. Le PCF est effectivement un parti historiquement productiviste et pro-nucléaire (et ce depuis l’avènement de la doctrine de Gaulle) mais il y a dans le Front de Gauche des formations (comme les Alternatifs) qui intègrent la question écologique dans des programmes de gauche radicale.

      L’écologie n’est pas un “paradigme novateur” : dans les années 1970, Gorz avait déjà posé des bases jamais démenties d’une écologie qui touchait autant les matières premières que les questions sociales. La question est de savoir : quel rôle joue-t-il aujourd’hui dans l’argumentaire de campagne du parti qui s’en réclame ?

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    • triolet le 19 janvier 2012 - 11:19 Signaler un abus - Permalink

      Réponse à Olwen

      Vous dites :
      “Je trouve tout cela de mauvaise foi… Quand les écolos parlent d’environnement, on leur reproche d’être environnementalistes et de ne pas se préoccuper des autres thématiques. Quand on parle de logement, de santé, d’emploi; on leur reproche de ne plus parler d’environnement.”

      Ma réponse =
      vous avez bien raison de parler de sujets différents et de ne pas rester sur l’environnement tout le temps… par contre, certaines déclarations vont desservir Eva Joly : par exemple sa demande d’un jour férié pour les juifs et les musulmans : si on va par là, et ne me dites pas que j’abuse, on va bientôt arriver à dire et pourquoi pas les bouddhistes, les hindous etc… Ne croyez pas que je sois intolérante, au contraire, je m’appuie sur la laïcité pour être tolérante. Et j’estime que si on a quelque chose à faire pour l’égalité, étant donné que le droit de s’absenter pour les fêtes juives ou musulmanes est déjà reconnu, ce serait plutôt de faire appliquer la laïcité, garante de l’égalité? parce que à ce compte là, elle va aussi demander l’extension du concordat aux juifs et aux musulmans en alsace et en moselle? Alors que les forces de gauche demandent plutôt l’abolition du concordat… parce que si on je pousse le raisonnement, si on étendait le concordat dans ces départements (ce qui est déjà problématique dans le cadre d’un pays laïc) pourquoi pas dire eh ben on l’étend partout? Non à la limite, si on devait étendre quelque chsoe de l’Alsace Moselle, ce serait le régime de sécurité sociale, pas le concordat.
      Je sais elle a pas parlé du concordat, mais dans le cadre de ce qu’elle propose pour l’égalité des religions, c’est la suite du raisonnement, je suis désolée. Et normalement on ne parle pas d’égalité des religions dans une république laïque, ou seulement pour dire que aucune n’est favorisée, cela précisépement parce que si on est libre de croire on est aussi libre de ne pas croire, et alors, dans ce cas, pourquoi pas un jour pour les athés tant qu’on y est ? En effet, ils bénéficient certes des jours fériés religieux des autres en plus des jours fériés laïques, mais bon, quitte à en ajouter exprès, moi je revendique le jour férié athée…

      Bon je reviens à mon propos :

      Vous dites :
      “Je veux rappeler que l’écologie, qui est un paradigme politique novateur, prend en compte quatre piliers que sont l’environnement, l’économie, le social et la démocratie. L’écologie politique telle que portée par les verts est antiproductiviste, anticapitaliste mais aussi contre un Etat omnipotent et oppresseur.”

      Ma réponse =
      Si je suis d’accord avec votre définition de l’écologie, je ne peux être d’accord quand vous dites que l’écologie portée par les Verts est antiproductiviste et anticapitaliste, notamment. En effet, être antiproductiviste ou anticapitaliste c’est réfléchir sur le capitalisme et donc aussi le capitalisme vert, et dire notamment que le capitalisme ce n’est pas s’il est vert ou pas le problème, c’est le capitalisme ! A ce titre, si je veux bien admettre qu’il y a des antiproductivistes sincères et des anticapitalistes sincères chez Les Verts ou EELV comme on dit maintenant, je suis désolée de vous dire que ce qui est développé par les EELV majoritairement depuis un moment n’est pas précisément à 100% antiproductiviste, et même à un pourcentage assez faible selon moi. Après, vous allez me dire, c’est une affaire de nuance, peut-être?

      Enfin, vous dites :
      “Le fait que Mélenchon essaye de s’approprier l’écologie ne m’étonne pas mais il n’est pas crédible une seule seconde. Allié au PC et productiviste lui même, il jongle habilement avec les mots mais cela ne fait pas de lui un écologiste, loin de la”

      Ma réponse =
      1) Mélenchon n’essaie pas de s’approprier l’écologie, il a réfléchi et évolué sur la question et il est maintenant convaincu de son importance.
      2) Pourquoi n’est-il pas crédible? Juste à cause de l’alliance avec le parti communiste?
      Alors d’une part
      - vous devriez lire les textes du Parti de gauche qui vont véritablement assez loin dans la réflexion sur l’écologie – la planification écologique, l’opposition aux gaz de schiste, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la farce du Grenelle de l’environnement organisé par le gouvernement…
      Je veux dire que, sans forcément à la fin être convaincu, avant de dire que quelqu’un n’est pas crédible, il faut peut-être savoir ce qu’il défend vraiment. Or, nos textes parlent d’écologie et ont pas mal d’arguments à ce sujet. Et ce n’est pas parce que Mélenchon a eu des réflexes et des positions plutôt productivistes dans le passé qu’il ne peut pas avoir évolué et réfléchi, non ? Si vous pensez que non, c’estr un peu insultant, dans ce cas on peut dire que vous non plus vous ne pourrez jamais évoluer. Et ce n’est pas du tout mon propos.
      - d’autre part au niveau du Front de gauche, certes le PCF a une histoire productiviste et pro-nucléaire. Oui, et alors? Eux aussi, ils peuvent évoluer. Oui, ils ont déjà fait des pas. Lisez le programme du front de gauche, c’est une plate-forme programmatique partagée par tous les partis composant le front de gauche. Ca veut dire que quand on développe la planification écologique dans le programme partagé, ça signifie que le PCF est d’accord. Idem pour les propositions alternatives et antiproductivistes de rendre gratuites les premières tranches d’eau et d’énergie afin de permettre un accès à l’énergie et à l’eau à tous. Nuclaire me diez-vous? Eh bien oui, nous avions un désaccord sur la façon de régler le problème, car problème il y a, ça nous sommes d’accord. Eh bien, comme nous voulons que le peuple soit souverain, nous estimons donc que le débat sur le nuclaire et sur l’avenir énergétique de la France doit se faire en public et non en catimini dans les ministères et autres cabinets, alors nous proposons un référendum sur l’avenir énergétique de la france portant sur le nucléaire notamment. Et il me semble que j’ai déjà entendu cette idée venant de EELV. Alors que quand nous en parlons, aucune réaction ni de la part de EELV ni de Joly. J’aurais pensé pourtant que là-dessus on avait une convergence… dommage alors…
      Condamner les gens, politiques candidats ou militants, au titre de ce qu’ils ont dit ou fait il y a des années ou il y a peu, sans connaître l’évolution de leur pensée et de leur vision des choses et de la société, c’est aller un peu vite en besogne. Vous ne trouvez pas?

      Mélenchon lui n’est plus productiviste, il l’a dit dans une interview où il a reconnu “j’étais très béton / électricité avant”. Le PCF quant à lui évolue, et se pose de plus en plus de questions. Les autres composantes du Front de gauche comme la FASE ou les alternatifs (qui soutiennent) posent des conditions écologiques importantes. Enfin, si vous voulez en savoir plus sur ses idées, en plus du programme du front de gauche, auquel il est tenu et auquel il se tiendra (pas comme Hollande qui va faire ce qu’il veut du projet du PS “en fonction de la conjoncture” comme dit Fabius ce matin sur Europe 1) et en plus des textes du PG qui vont peut-être encore un peu plus loin (c’est sûr vu que le programme du front de gauche malgré ses avancées est le fruit d’un compromis), vous pouvez aussi lire ses livres. Ca montre l’évolution de sa pensée. Alors si il peut avoir compris que avec le PS c’était foutu (j’étais aussi au PS) pourquoi pas comprendre l’intérêt de concilier social et écologie?
      Simplement parce que le social sans l’écologie c’est ruiner la terre, mais l’écologie sans le social c’est inhumain. Je crois que maintenant va falloir lier les deux dans une critique du mode de production actuel assez forte.

      Je crois que actuellement, Mélenchon, qui est la voix du front de gauche porte cette critique.
      Ecoutez et lisez, vous verrez que ce ne sont pas des banaités mais un programme réfléchi.
      Et vous devez être d’accord, un candidat non convaincu ne peut pas porter une idée de bout en bout comme il le fait. La preuve avec Hollande qui cherche à contourner le projet PS et annonce des choses qu’il remet en cause dèq qu’on le pousse un peu, ce qui est bien navrant.

      Je ne voulais pas vous convaincre de devenir un soutien du front de gauche, Olwen, simplement vous expliquer que la condamnation sans connaître, a priori, juste sur la foi du passé, ça va 5 minutes.
      Si après lecture des textes du PG et du programme du front de gauche vous êtes encore persuadée que Mélenchon a pas changé et qu’on est une bande de productivistes tous autant qu’on est, tant pis, mais au moins vous aurez vu nos propositions et vous aurez pu les comparer à celles de Joly, éventuellement !

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  • LYDIA TABARY le 18 janvier 2012 - 1:53 Signaler un abus - Permalink

    Difficile période. Pour moi, Eva Joly défend ce qu’il y a à défendre aujourd’hui. Elle pourrait effectivement s’allier avec Jean-Luc Mélenchon, histoire de ne pas faire de division. Ceux qui luttent pour une société égalitaire et écologique devraient se battre ensemble. Il serait inadmissible de penser “écologie” sans penser aux hommes qui vivent et tout aussi aberrant de penser “social” sans penser aux équilibres écologiques. Puisque nous sommes dans une perspective électorale très douloureuse compte tenu du contexte, nous n’avons pas tellement de choix. J’ai voté aux primaires écologistes pour Eva et je suis très proche de Mélenchon. Mon souhait le plus profond est que nous ne fassions pas d’erreur dans les semaines à venir et qu’il y ait un raz de marée à gauche au premier tour. Ce qui signifie des négociations avant le premier tour des élections. Je serais personnellement pour que les présidentielles se jouent en direct, dans une stratégie faite pour virer définitivement la droite, ce qui amènerait Hollande au pouvoir. Mais également pour qu’il ne soit pas tenu compte des votes pour Hollande et que tout se joue en terme de répartition des sièges, au moment des législatives et pour la formation du gouvernement. Il suffirait de mettre en place un système de consultation pour chaque parti. Le vote Hollande au premier tour ne doit en aucun cas être un blanc seing. Là est le problème actuellement et il ne s’agit pas de discutailler sur ce qu’untel ou unetelle a dit, mais plus de savoir quelle stratégie adopter pour préserver ce que nous souhaiterions intimement. Nous n’avons plus droit à l’erreur. Eva Joly est toujours profondément écologiste et en plus, elle défend bec et ongles l’idée d’une société juste. Mélenchon idem. Pesons de nos réflexions pour que l’un et l’autre négocient avant la présidentielle. Demandons leur de mettre en place des tests de vote pour que le PS sache que nous ne voulons pas sacrifier notre pensée, ce en quoi nous croyons, et que tout ce monde se rassemble, même si ce n’est pas facile. C’est mon point de vue. Lydia Tabary

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  • ali le 26 janvier 2012 - 15:26 Signaler un abus - Permalink

    “Disparition de l’écologie chez les verts”, il est bien présomptueux votre titre!! Ce n’est même pas “disparition de l’écologie dans le discours de Joly”, non! C’est carrément chez une formation politique dont la raison d’être est l’écologie! Si vous, comme vous semblez l’être, êtes féru des outils de la sémantique, la moindre des choses, c’est d’avoir le sens de la nuance, de la mesure et de la précision.

    Puisqu’on y est et que l’on parle de la sémantique, je suis désolé, mais vos outils prétendument sémantique ne sont tout au plus que du traitement informatisé du texte. Rien à voir, absolument rien à voir avec une véritable analyse du discours qui doit prendre compte non seulement de l’énoncé, mais et surtout de l’énonciation, soit les marqueurs de la subjectivité qui doivent rendre compte de la manière dont un expression est dite…Bref, je ne vais rentrer dans des détails qui risquent de soûler, mais de grâce n’appellez pas ça de la sémantique….

    Et pour venir à l’écologie et à Eva Joly, là encore, quelle réduction! Quelle confusion entre “environnement” et”écologie”!! Et surtout quelle ignorance de l’écologie politique!!

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    • Sylvain Lapoix le 26 janvier 2012 - 15:57 Signaler un abus - Permalink

      “Présomptueux” ce titre, non, “provoc”, je vous l’accorde. Quant à dire qu’il n’y a rien à voir avec une analyse de texte, c’est à vous d’être “présomptueux” : pointer que la seule évocation de l’écologie, de l’environnement ou des thématiques connexes dans son discours est la formule de “planète vivable”, autrement dit ne poser l’écologie que dans une vision “problématique” et non pas dans sa dimension de “paradigme menant à d’autres solutions” ne me paraît pas relever du simple traitement informatique du texte.

      Qu’appelez-vous les “marqueurs de subjectivité” ? Le ton avec lequel est prononcé le discours ? Pensez-vous qu’on puisse “entendre” l’idée d’une société plus lente et respectueuse des rythmes humains au son de la voix ? Que la préservation de certains sanctuaires de biodiversité puisse naître du rythme d’une phrase ? Difficile de noter ces “marqueurs de subjectivité” quand les mots clefs sont absents du texte.

      Quant à la confusion entre écologie et environnement, je vois que vous avez révisé vos classiques des tartes à la crème mais oublié que je connais un peu la cuisine ;-) Il n’y a dans mon propos aucune confusion entre les deux termes, comme mentionné plus haut, j’ai pour habitude de me référer aux “trois écologies” de Guattari pour définir le champs d’application de cette pensée politique. Que cela vous plaise ou non (et, de toute évidence, cela ne vous plaît pas), Jean-Luc Mélenchon a intégré dans son discours social des solutions issues d’une réflexion écologique. Eva Joly l’a également fait mais de moins en moins à mesure de la campagne.

      Par ailleurs, vous noterez que en annonçant qu’elle “recentrait sa campagne sur l’écologie” en début de semaine, l’équipe d’Eva Joly a contredit elle-même votre propos.

      Merci de votre participation au débat !

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  • ali le 26 janvier 2012 - 16:24 Signaler un abus - Permalink

    1. Je pense que le premier souci du journalisme, n’est pas de provoquer, mais d’informer, rapporter et témoigner. Laissons la provocation aux comiques…

    2. Je persiste et signe que le simple comptage quantitatif des occurrences d’un mot dans un texte, n’est pas une analyse crédible et sérieuse d’un discours. Votre analyse passe complétement à côté du poids qu’un mot peut avoir dans un discours. Tout au plus, vous pouvez déceler si une thématique est présente ou pas. En revanche, la dimension qualitative vous échappe. Autrement dit, si je vous suis, et si je prends un discours d’un responsable de droite qui parle d’écologie et le compare avec celui d’Eva Joly, selon votre méthode, j’en concluerait que la droite donne plus d’égards à l’écologie. C’est qui est un fait comptable, mais une aberration sémantique…
    3. Ce n’est pas parce que dans votre “esprit” il n’y a pas de confusion entre environnement et écologie que vos écrit n’en font pas. Relisez-vous et vous verrez que votre approche des discours de Joly est purement environnementaliste.

    4. Vous me citez une présupposée décisions de Joly de recentrer sa stratégie. Pourriez-vous me citer vos sources?

    Enfin, restez respectueux et courtois. Les expressions “réviser mes classiques tarte à la crème” ne génèrent que la dérive. Sachez tout simplement que je n’ai rien lu du monsieur que vous me citez. Seul le bon sens a alerté ma vigilance en vous lisant.

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    • Sylvain Lapoix le 26 janvier 2012 - 17:00 Signaler un abus - Permalink

      La provocation n’est que dans le titre pas dans le papier. Je maintiens par ailleurs que vous négligez certaines analyses qui relèvent du fond du propos, même si elles s’appuient au départ sur un comptage des occurrences. Comptez froidement le nombre d’occurrence serait effectivement vain et trompeur, c’est bien pour cela que nous contextualisons les usagers des mots, et pas seulement leur caractère itératif.

      Pour ce qui est du “recentrage” de la campagne, voici un article basé sur les propos de Pascal Canfin : http://bit.ly/wfrLfb

      Peut-être ce papier vous donne-t-il l’impression d’une confusion mais elle n’existe absolument pas pour moi, ni dans mon esprit, ni dans mon analyse. Mon expérience personnelle, mon travail de journaliste et mes lectures (y compris de certains confrères comme Fabrice Nicolino ou Hervé Kempf) m’ont convaincu d’un caractère multidimensionnel de la pensée écologique qui échappe malheureusement trop souvent aux débats publics. Le scandale des permis d’exploration pour les gaz de schiste du Sud de la France, dont nous avons été parmi les premiers médias à parler sur OWNI, pose ainsi des questions au delà des simples risques environnementaux et sanitaire mais qui demeurent écologiques : l’équilibre entre les territoires, la démocratie locale, les choix énergétiques…

      Je parle de “tarte à la crème” car l’accusation de confondre “écologie” et “environnement” est une réponse classique dans les arguties entre “écolo” et “non écolo”, il n’y a aucune attaque ni insulte là dedans. Le plus haut degré de violence que vous pourrez déceler dans mon propos serait un clin d’oeil ;-)

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  • ali le 26 janvier 2012 - 17:39 Signaler un abus - Permalink

    Pour aborder le fond, il fallait d’abord parler de la méthode et du cheminement…le fond n’a de valeur que si sa forme convainct et invite…
    Ce que je regrette beaucoup c’est que cette dame qui a plus que du courage ne soit pas écouté par les médias dont on attend des approches alternatives dans le traitement de l’information.
    Je vous donne un exemple, tout le monde cite ces fameux jours fériés pour de nouveau condamner Joly. Avez-vous lu son discours? Avez-vous justement recontextualiser ses propositions en regard du concordat? Sincèrement, je n’en ai pas l’impression. Les journalistes ont continué à pérorer la même condamnation. Autre exemple : tout le monde
    se moque de son accent. Et pourtant, avez-vous un instant senti qu’elle manque de clarté dans son disours? Jamais. Ce qu’elle dit, que l’on soit d’accord ou pas, est clair. Car elle est honnête. En France, ce qu’il faut pour les français c’est du show, c’est du tribun, c’est du spectacle, des pitres et des M. Loyal.

    Je vous crois sincère et vous remercie pour avoir citer vos sources.
    Bien à vous.

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  • [...] À l’inverse, le candidat du Front de Gauche a renforcé son propos écologique entre son discours d’ouverture de campagne (sur la place Stalingrad à Paris, le 29 juin 2011) et ses vœux aux Français. Disparition de l’écologie chez les Verts » OWNI, News, Augmented [...]

  • nairda13 | Pearltrees le 2 mars 2012 - 15:49

    [...] Disparition de l’écologie chez les Verts » OWNI, News, Augmented [...]

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