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Mardi dernier c'Ă©tait Thema sur Arte. « Main basse sur l’info » que ça s'appelait. Je ne traiterai pas ici du premier reportage (dĂ©ja culte) sur les complotistes dont le titre « Les effroyables imposteurs » explicitait les intentions du

par Seb Musset le 12/02/2010

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Mardi dernier c’Ă©tait Thema sur Arte. « Main basse sur l’info » que ça s’appelait.

Au programme : deux docs bidons et un dĂ©bat Ă  la gomme sur internet oĂč, comme d’habitude, pas un seul spĂ©cialiste du sujet ne fut conviĂ©.

Je ne traiterai pas ici du premier reportage (dĂ©ja culte) sur les complotistes dont le titre « Les effroyables imposteurs » explicitait les intentions du rĂ©alisateur. Je n’en ai vu que la 2eme moitiĂ© : Cet exercice de style Ă  la finesse du bulldozer consistant Ă  reproduire Ă  l’identique mais en politiquement peinard, les travers d’approximation et d’enfermement dĂ©noncĂ©s, rĂ©ussirait l’exploit de convertir aux thĂ©ories du complot Jacques Attali et Saint-Thomas.[1]

Non, j’attendais le programme sĂ©rieux de la soirĂ©e avec des journalistes expĂ©rimentĂ©s et intransigeants, formĂ©s Ă  l’école de la rigueur, impermĂ©ables aux pressions et aux lĂ©gislatures successives.

« 8 journalistes en colĂšre » prĂ©sente en 24 minutes une sĂ©lection de notables du journalisme se livrant Ă  l’analyse des dĂ©rives de leur mĂ©tier pour tenter d’expliquer la perte d’audience et de crĂ©dibilitĂ© dont ils sont les victimes.

LA FORME :

Ambiance musicale dynamique et un poil stressante (c’est l’avenir de la presse qui est en jeu !), photographie tĂ©nĂ©breuse et filtrĂ©e, plans fixes HD sur les reprĂ©sentants de la presse : Le gentil spectateur est mis en condition. Ici mon gars, c’est pas du .flv 420X340 Ă  14 images / seconde filmĂ© au Nokia 3G par on ne sait pas qui.

- La vache : c’est la nouvelle saison des “Experts ” ?

– Nan, c’est un ami de la femme du prĂ©sident qui va dĂ©noncer les abus de la dĂ©sinformation.

FAITES ENTRER LES VICTIMES :
Le commentaire emphatique prĂ©sente « la star de l’information [...] aux 5 Millions de spectateurs ». David Pujadas ouvre le bal des maudits et nous livre face camĂ©ra son Ă©dito d’intro sur « la crise des mĂ©dias » poignant comme une campagne d’Amnesty international.

DAVID P., démonstrateur en information battu. (Paris)
« – [...] Je crois que le problĂšme n’est pas Ă  cĂŽtĂ© de nous mais en nous. [...] le journaliste n’est soumis Ă  personne sauf Ă  lui-mĂȘme [...] il souffre d’abord de conformisme et de mimĂ©tisme [...]. On a le sentiment d’entendre un bruit de fond mĂ©diatique avec non seulement les mĂȘmes sujets au mĂȘme moment mais avec les mĂȘmes mots et surtout, surtout, le mĂȘme regard, la mĂȘme sensibilitĂ©. [...] C’est ce que l’on pourrait nommer le journalisme des bons sentiments [...] Ă©mouvoir, toucher le cƓur mettre en scĂšne la complainte ça fait de l’audience mais il y a plus que ça. Le journalisme des bons sentiments c’est aussi une bien-pensance, c’est l’idĂ©e que par dĂ©finition le faible a toujours raison contre le fort [...] En fait c’est une dĂ©rive mal digĂ©rĂ©e de la dĂ©fense de la veuve et et de l’orphelin : cette posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence du courage et de la rĂ©volte.

Plan serrĂ© pour mieux sentir l’Ă©motion du mec qui n’a pas encore fait 327 heures de direct sur les cadavres encore chauds d’HaĂŻti.

DAVID PUJADAS
“- Alors que faire ? Sans doute revenir aux fondamentaux du journalisme, s’écouter soi mĂȘme et laisser parler sa propre curiositĂ©, ne pas se glisser dans un moule.

Soyez gentils les gens, aidez cet homme Ă  ĂȘtre moins intolĂ©rant avec lui-mĂȘme. Regardez son JT.

VOIX OFF MODE CHAUSSE-PIED
« – Ne pas se glisser dans un moule? Facile Ă  dire. Mais comment faire, quand on doit comme David Pujadas fabriquer un journal tous les jours dans l’urgence face Ă  la concurrence acharnĂ©e des autres mĂ©dias ?

Le saviez-vous ?
La prolifĂ©ration de l’information sur le rĂ©seau est mauvaise pour le citoyen.

La prolifération de télévisions pour préparer son information est bonne pour le journaliste.

Et l’animateur de dĂ©plorer un “vertige” tout en culpabilisant son absence de “hauteur” dans l’histoire des dĂ©fenestrations de France Telecom. Il en a trop fait, ça se trouve le taux de suicide Ă©tait tout Ă  fait normal. Il aurait du vĂ©rifier.

“- Peut-ĂȘtre que l’on s’est laissĂ©s rouler par une Ă©norme vague, celle de ce bruit de fond mĂ©diatique ?

Bah, dis donc David t’en as des malheurs. Ils sont mĂ©chants ces salariĂ©s sur-stressĂ©s et traitĂ©s comme du bĂ©tail qui se suicident pas assez, rien que pour pourrir ta crĂ©dibilitĂ©.

VOIX OFF MODE COURBETTE
- Autre journalisme, autre trajectoire celle de Philippe Val. Ex directeur de Charlie Hebdo, patron de France Inter. En publiant les caricatures de Mahomet dans le journal satirique, il a gagné le droit de se méfier de tous les conformismes.

PHILIPPE VAL
” - Le pire ennemi du journalisme c’est sa conviction d’ĂȘtre au service du bien et de la puretĂ©. Le journalisme n’est pas une religion
[c'est tout ? je pensais que tu serais plus solennel]
…La tentation est grande de faire primer la thĂšse sur le fait. “
[spéciale dédicace au réalisateur du doc précédent]
“… Le discours dĂ©magogique des uns marginalise le travail sĂ©rieux des autres. Ce n’est pas parce qu’il exprime son opinion qu’un journaliste est libre et indĂ©pendant…
[On est pas un ancien de Charlie-Hebdo pour rien : gros LOL garanti !]


Pour ce patron de radio, le journalisme n’est pas :
a / une religion.
b / une secte.
c / une représentation exacerbée de la lutte des classes avec sa baronnie et son sous-prolétariat.

Respiration visuelle :
On retrouve un Val proche et impliquĂ© en salle de rĂ©dac’. Si, si ça se voit : Il fait oui-oui et non-non de la tĂȘte et il y a un tĂ©lĂ©phone pas loin.

VOIX OFF MODE PREMACHAGE DE L’IDÉE QUI VIENT
“- Illustration avec cette attitude trĂšs rĂ©pandue qui consiste Ă  faire passer dans bien des rĂ©dactions le point de vue avant les faits.

Il a du sentir qu’on parlait de lui : VoilĂ  Jean-Pierre Elkabbach.

- Yo.


VOIX OFF
MODE TAPIS ROUGE

« ….ce grand professionnel est aussi depuis plus de quarante ans l’un des journalistes les plus controversĂ©s de l’hexagone. [...] Il n’est pas du genre Ă  se taire »

Elkabbach termine, comme les autres, son dĂ©compte prĂ©cĂ©dant le laĂŻus (Ça et le maquillage filmĂ©, autre truc du montage, ça impressionne les gueux) :

JEAN-PIERRE ELKABBACH
« - Je me garderai bien de jouer les imprĂ©cateurs, les procureurs ou les donneurs de leçon. [...] Quand je m’interroge sur les raisons de la dĂ©saffection des lecteurs, de l’érosion actuelle de la vente et des audiences, de la crĂ©dibilitĂ© qui fluctue de la presse et bien j’ai envie de dire : Assez ! Assez de considĂ©rer les affaires du monde comme une bataille entre le bien et le mal. Assez de nous copier, de nous rĂ©pĂ©ter les uns et les autres, assez d’agir en meute.”

Fier et digne, l’ancien patron de France TĂ©lĂ©vision Ă  l’origine du concept d’animateur-producteur sur fonds publics, qui nous avait annoncĂ© la mort de Pascal Sevran six mois avant son dĂ©cĂšs, monte en intensitĂ©, des trĂ©molos dans la voix :

JEAN-PIERRE ELKABBACH
- Assez de rĂ©clamer plus indĂ©pendance et d’aller courir aprĂšs les subventions de l’état. Je crois que c’est la rigueur, la curiositĂ© la qualitĂ© qui assurent l’indĂ©pendance de la presse. Assez. Assez de nous complaire dans la peopolisation, je n’en peux plus, dans l’émotion, dans l’irrationnel et le voyeurisme. Et puis assez d’encenser un jour, de vilipender le lendemain et de porter aux nus, les mĂȘmes, les mĂȘmes, le surlendemain.
[faites comme lui, flattez toujours les mĂȘmes.]
Assez de faire croire que le citoyen journaliste va se substituer un jouer au journaliste citoyen. ”

* * *
[communiqué de la direction]
Ce documentaire vient de déraper plus tÎt que prévu dans sa 2eme partie,
nom de code :
A dĂ©faut d’y comprendre quelque chose, pĂ©tons la gueule au net.
* * *


JEAN-PIERRE ELKABBACH

– Certes, la rĂ©volution d’internet favorise, accĂ©lĂšre et transforme chaque internaute en crĂ©ateur d’évĂ©nements…
[note bien pour ton lexique d'avaleur d'actu : L'internaute crée de l'évÚnement, le journaliste fait de l'info.]
…Mais toutes les expĂ©riences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sĂ©lectionner, vĂ©rifier et Ă©crire. Alors chacun Ă  sa place.
[... et personne Ă  la sienne]

QCM : Que désigne par ce geste cet éditorialiste multi-support ?
a / le crédit qui lui reste auprÚs des politiques ?
b / le crĂ©dit qui lui reste dans l’opinion ?
c / le crédit qui lui reste dans sa propre rédaction ?

RĂ©sumons la position d’Elkabbach sur le rapport net / info :
Parce qu’on a pas d’Ă©quipe sur place, reprendre au JT une Ă©meute filmĂ©e chez lui par un iranien ou un chinois qu’il balance sur le net au risque de sa vie en dĂ©jouant la censure : C’est un formidable outil.

Qu’une Ă©quipe de tĂ©lĂ© ayant filmĂ©e un flag de racisme pĂ©pĂšre d’un ministre soit contrainte de diffuser sur internet la sĂ©quence en question parce que sa propre direction l’autocensure : C’est un danger pour l’information.

CQFD : C’est en Chine et en Iran qu’Internet c’est bien.
(ça tombe tien avec Loppsi 2, on y va direct.)

Illustration visuelle :
Elkabbach en plein close combat radiophonique, sans protection et Ă  moins de dix mĂštres d’un socialiste enragĂ© et sans museliĂšre.[2]

VOIX OFF MODE FESTIVAL DE CANNES
“- Pujadas, Val, Elkabbach.. une sacrĂ©e brochette de professionnel rassemblĂ©s ici pour dire Ă  peu prĂšs la mĂȘme chose : C’est en nous journalistes que rĂ©side la meilleure rĂ©ponse Ă  la crise des mĂ©dias.”

En décodé, version rente : Nous sommes le problÚme mais comme nous percevons le gros salaire, nous sommes également la solution.

A ce stade, un doute m’assaille. N’assisterais-je pas Ă  une Ă©norme parodie de documentaire Ă  l’anglaise ? Non, non c’est bien du premier degrĂ© Ă  la française : La tragi-comĂ©die apocalyptique des suffisants qui expliqueront jusqu’au bout pourquoi eux ont tout compris et les autres rien du tout.

VOIX OFF MODE : TIENS JE VAIS QUAND MÊME POSER UNE QUESTION
«- …Sur le web chacun crĂ©e son propre mĂ©dia et se croit journaliste. Alors question Ă  quoi servent encore les journalistes si l’on sait tout sur tout en temps rĂ©el ?

AXEL GANZ Patron allemand de Prisma Press :
« – Notre sociĂ©tĂ© vit une explosion de l’info sans filtrage [...] c’est pour cela que l’ùre internet est vraiment dangereuse. Pire encore, l’information se diffuse de maniĂšre totalement anarchique…
[Cette information pas payée qui s'en va partout, ça lui brise les rouleaux au big boss de l'info.]
…et je pense qu’à long terme cela provoquera sur la jeunesse un scepticisme sur les valeurs de notre sociĂ©tĂ©
[Autre pronostic du prophétique coupé au montage : A moyen terme, le format MP3 risque de causer la chute des ventes de 78 tours.]
” – Je crois donc qu’il est urgent de tirer la sonnette d’alarme, il faut que les mĂ©dias traditionnels Ă©chappent Ă  cette banalisation de l’information…
[Note interne : CNN a été crée en 1980. Internet grand public s'est développé 20 ans aprÚs]
…sinon ils vont y mourir.”

Axel Ganz a tout compris, il a free dans le dos.

Pre-supposant que la presse et information vont de pair, pas Ă  un moment n’est esquissĂ©e l’hypothĂšse que l’information sur internet est, peut ĂȘtre, parfois, sait-on jamais, de qualitĂ©. Ah non pas de ça ici !

Mais qui vois-je ? Arlette Chabot, chaleureuse patronne de l’information Ă  France 2 :

ARLETTE CHABOT
- MĂ©fiez vous des adeptes des thĂ©ories du complot. La vĂ©ritĂ© serait sur la toile tandis que les mĂ©dias traditionnels soumis Ă  des pressions vous cacheraient la vĂ©ritĂ© ? Alors c’est vrai, grĂące Ă  Internet aucune information ne pourra jamais plus ĂȘtre dissimulĂ©e ou enterrĂ©e mais, en revanche, je vous demande d’ĂȘtre prudent parce qu’un jour vous apprendrez que vous avez Ă©tĂ© manipulĂ©s. La traçabilitĂ© des images sur internet, origine, auteur, diffuseur, n’est pas garantie. Ayez en tĂȘte que le buzz peut ĂȘtre organisĂ© par des sociĂ©tĂ©s…”

Tiens prends ça canaille d’internaute[3] au cas oĂč t’aurais pas encore compris avec le film d’avant que ton rĂ©seau incontrĂŽlĂ© Ă©tait le repĂšre de tous les crĂ©tins illuminĂ©s[5] prĂȘts Ă  aux amalgames les plus grossiers pour dĂ©montrer ce qu’ils ont prĂ©alablement dĂ©cidĂ©s. Pas comme avec les journalistes en colĂšre.

– Des connards y en a toujours eu mais maintenant avec leur rĂ©seau,
ils ne nous regardent plus.

Et l’incorruptible journaliste d’accuser cette saloperie de web qui a poussĂ©, un flingue sur la tempe, sa rĂ©daction Ă  diffuser l’annĂ©e derniĂšre de fausses images d’un bombardement Ă  Gaza.

A propos d’internet….Interlude visuel :
Succession brutales d’images animĂ©es reprĂ©sentant des captures d’Ă©cran et des images du 11 septembre symbolisant le web. Le tout grossiĂšrement filmĂ© et montĂ© Ă  vive allure, en totale rupture formelle avec le reste du documentaire constituĂ©s de plans stables et d’Ă©clairages soignĂ©es.

- Tu vois mon cono, lĂ  y a des tours qui tombent. Ça veut dire qu’on est sur internet.
- Ah d’accord… Mais pourquoi c’est filmĂ© sur un Ă©cran de tĂ©lĂ© alors ?
- Ta gueule c’est de l’info.

La voix off, jusque là un peu réservée, se lùche enfin :

VOIX OFF MODE MENACE FANTÔME
«- Sur internet, les pires rumeurs prolifĂšrent comme de mauvaises herbes [...] Internet est une zone grise pour l’information »
[Non ça s’appelle un rĂ©seau ouvert et participatif. De lĂ  Ă  tout suspecter c'est un peu comme si, au titre que mon voisin me casse les oreilles avec ses CD de Lara Fabian, j'allais demander Ă  la police de dynamiter le quartier pour prĂ©venir le risque de contagion.]

Edwy Plenel ancien du monde parti à Médiapart (journal en ligne)apporte un peu de modération au forum de la pensée unique.

- Bon mon petit Edwy, faut la jouer fine.Toute la blogosphÚre te regarde. Avec une émission pareille y a de quoi se faire déchirer sur internet pour 3 siÚcles.

EDWY PLENEL
« Quand la dĂ©mocratie est jeune, elle est toujours excessive… comme toute nouveautĂ©. [...] Nous [les journalistes] Ă©tions indispensables en terme de relais des opinions : C’est fini [...] Je crois que c’est une trĂšs bonne nouvelle car cela nous remet Ă  notre place [...] L’opinion, le jugement, le point de vue, ce n’est pas notre monopole, ça appartient Ă  tout le monde. Le travail sur l’information, l ‘investigation, l’enquĂȘte sur le terrain c’est notre job. Concentrons nous lĂ  dessus [...] et le reste est ouvert Ă  la discussion »

- cool, j’ai assurĂ© !

Le documentaire entre dans sa troisiĂšme partie synthĂ©tisĂ©e Ă  merveille par la premiĂšre phrase de Franz-Olivier Giesbert« une grande figure du journalisme français ». Phrase dont j’ai virĂ© le gras pour en faire ressortir l’idĂ©e force :

FOG
« – Le problĂšme avec le choc internet c’est que [...] les journaux perdent de l’argent »

Et oui, fallait y penser, le journalisme va mal parce qu’Internet pompe sa pub !

Dans le genre, comment prendre un problĂšme Ă  l’envers, le raisonnement de FOG est un modĂšle : Comme le net pique leurs lecteurs, les journaux ne vendent plus et donc ils deviennent dĂ©pendants d’autoritĂ©s Ă©conomiques ou de l’Ă©tat. Logique.

1er rectificatif : Les annonceurs fuient les journaux parce que ces derniers ne vendent plus assez. De lĂ  Ă  dire que la publicitĂ© va exclusivement se reporter sur internet, c’est une affirmation un poil prĂ©cipitĂ©e. Mais enfin bon, au cas oĂč, on envisage quand mĂȘme une taxe Google. (Ou, comment taxer les innovations Ă©trangĂšres qu’on a pas eu l’ingĂ©niositĂ© de financer localement histoire de financer ceux qui perdent du pognon.)

2e rectificatif : C’est parce que les lecteurs ont le sentiment que les journaux, Ă©tant donnĂ© leur contenu, ne sont plus indĂ©pendants qu’ils se reportent de plus en plus sur le net et les journaux gratuits.

Encore un peu, et je vais me demander si ce documentaire n’est pas complotiste….

Dernier intervenant : Eric Fottorino, boss du Monde « un journal qui souffre financiÚrement mais qui reste la référence », livre sa profession de foi :

LA PROFESSION DE FOI D’ÉRIC FOTORRINO
« – Il arrive aux gĂ©ants industriels de contrĂŽler de grands mĂ©dias…
[scoop]
…l’indĂ©pendance de la presse doit ĂȘtre Ă©conomique pour ĂȘtre Ă©ditoriale…
[re-scoop]
…c’est la seule condition possible pour n’ĂȘtre ni de droite, ni de gauche…
[Le fait qu'il y ait une presse orientée politiquement n'est pas un problÚme, le problÚme c'est qu'elle le soit systématiquement du cÎté du pouvoir en place.]
…pour ĂȘtre le plus incisif possible dĂšs lors que le travail Ă©ditorial est fiable, effectuĂ© avec honnĂȘtetĂ© et bonne foi, avec combattivitĂ© aussi, face aux professionnels du lobbying et de la dĂ©sinformation. La presse Ă©crite doit ĂȘtre un contrepouvoir.”

VOIX OFF MODE LAPIN CRÉTIN
” – C’est bien la prĂ©tention de tous les mĂ©dias, d’ĂȘtre un contre pouvoir.
[euh
 là aussi l'affirmation est excessive.]
…Mais plus facile Ă  dire qu’à faire, sauf si on s’en donne les moyens, c’est ce que fait “Le Monde” depuis longtemps, non sans mal.”

Et Fottorino de se vanter que jamais aucun patron ne l’a appelĂ© pour se plaindre d’un article.

- Bon les boys : vous écrivez ce que vous voulez.
Une seule consigne : ne gĂȘner personne.

Il confesse avoir reçu un petit coup de fil du monarque lui reprochant de ne pas avoir assez bien rapportĂ© un voyage Ă  l’Ă©tranger. Et bien, le prochain voyage du prĂ©sident, il en parlera encore dans son journal ! Non mais ! On ne la lui fait pas Ă  Fottorino. Intouchable qu’il est.

Dans un soucis d’objectivitĂ©, aprĂšs avoir passĂ© 10 minutes Ă  casser du net, la voix off nous prĂ©cise enfin que les grandes groupes de presse français vivent dĂ©sormais sous perfusion de l’Ă©tat.

Et bien voila… Fallait peut-ĂȘtre commencer par lĂ  non ?

Pour info, le titre allemand du documentaire était :

Les faiseurs d’opinion français font leur valise.”

- M’en fous, j’ai un bail Ă  vie.

[1] Dans le genre je conseille le nettement plus rigolo, et un minimum documentĂ©, “2012, la conspiration de l’apocalypse“de Dimitri Grimblat.

[2] Laurent Fabius.

[3] En langage tĂ©lĂ©visuel : ces tarĂ©s qui n’ont pas la tĂ©lĂ©.

» Article initialement publiĂ© sur Les jours et l’ennui de Seb Musset

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