Comment Facebook influence les relations parent-enfant ?

Le 15 octobre 2010

Une équipe de chercheurs de Singapour montre comment le réseau social Facebook s'introduit dans le quotidien des familles et modifie les interactions parent-enfant.

Avec un demi milliard de compte, Facebook fait partie du quotidien de beaucoup de familles. Comment est-ce que les parents et les enfants font avec cette nouvelle donne ? Comment est-ce que Facebook influence les interactions parent-enfant ? Comment est-ce que la communication sur Facebook influence l’intimité dans les relations parent- enfant?

C’est à ces deux questions que répond une étude de trois chercheurs de Singapour1. La méthode utilisée est celle de l’entretien de 17 couples parent-enfant. Les enfants vont de 15 à 25 ans tandis que les parents ont de 46 à 53 ans. Les sujets sont tous chinois, à l’exception d’une personne qui est indienne. Parents et enfants sont interviewés séparément.

Il y a indubitablement un contexte culturel à prendre en compte. Du point de vue occidental, certaines relations parent-enfant décrites dans l’article apparaissent au moins comme problématiques, mais il est possible qu’elles soient suffisamment amorties par la culture pour ne pas poser de difficulté importantes à l’enfant

Les résultats de l’étude sont très éloignés des craintes que l’on nourrit habituellement à propos de Facebook.

La première conclusion est que Facebook offre un objet de conversation supplémentaire. C’est un objet commun à l’enfant et au parent, et à ce titre il peut aider à la création de nouvelles complicités ou au renforcement de complicités anciennes. C’est Facebook dans son ensemble qui est un objet de conversation, et pas seulement en ce qui concerne le compte de l’enfant ou du parent. On y commente ce que l’on l’on peut y voir. Facebook permet également de se découvrir autrement : “je ne savais pas qu’elle avait autant d’humour. Elle ne me parle pas comme cela à la maison” dit un parent.

Facebook modifie les rapports d’autorité parent-enfant

Facebook est également un espace dans lequel chacun s’assure de ses liens avec l’autre. Le fait d’être accepté comme “ami”, la rapidité avec laquelle l’autre réagit aux update… donne une idée de la qualité de la relation. L’utilisation de Facebook a également permis aux parents de prendre davantage conscience du besoin d’intimité des enfants. L’expertise des plus jeunes change considérablement la coloration des relations parents enfants. Le pouvoir change de camp, ce qui dans la société chinoise qui fait une si grande place au culte des ancêtres est une modification majeure des relations parent-enfant.

Lorsque le lien parent enfant était jugé suffisant par les deux parties, l’impact de Facebook sur les relations était faible. Facebook pouvait être utilisé par un parent pour se rapprocher de son enfant, avec ou sans son accord.

En somme, Facebook est un outil qui permet surtout à ceux qui ont de bonnes relations de les établir également en ligne. Etre “amis” sur Facebook est un signe de confiance envoyé par les enfants aux parents. Coté parent, le site de réseau social fonctionne comme un pont qui permet a deux générations d’être en contact. L’horizontalité du réseau social permet également de réduire la dissymétrie de la relation d’autorité : sur Facebook, tout le monde est dans le même bain, et les même règles s’appliquent pour tous.

Les auteurs trouvent que la vie partagée sur Facebook a un effet positif sur les relations parent-enfant. Elle a permis aux enfants d’avoir un peu plus d’intimité mais aussi elle donne aux parents et aux enfants de nouveaux sujets de conversation et de nouvelles activités partagées, comme naviguer ensemble sur Facebook.

1 Facebook est utilisé par 2,3 millions de personnes et a un taux de pénétration de 48% selon Facebakers[]

Télécharger le PDF de l’étude : Welcome to Facebook – How Facebook influences Parent-child relationship

Article initialement publié sur psyetgeek

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  • Gaganausaure le 15 octobre 2010 - 22:45 Signaler un abus - Permalink

    Qui a commandé cette étude ?
    Des chercheurs en quoi ?
    L’entretien est construit comment ?
    Je pose ces questions car j’ai eu l’impression de lire une pub !

    Il n’y a plus rien à dire, 500 millions d’heureux !! On ne va pas faire la fine bouche, en plus,
    “Le mec” il s’enrichit en volant les “données perso”, mais c’est normal tout à un prix, “gratuit” pour la foule des consommateurs de bases mais qui rapporte gros aux happy few qui considèrent, naturellement que les “données perso” n’existent pas.
    A part ça, vous allez me dire que le monde est révolutionné par les… heu…! Comment on appelle ça déjà ? @h ! Oui les Rézochochiaux.
    Pourquoi râles-tu vieux #débris (c’est une hypothèse) nous on rigole bien, lol, mdr, 0_0 on s’en fou de son pognon !

    Les prédateurs pratiquent depuis longtemps un jeu qui les amuse énormément : “Tout changer pour que tout soit pareil” L’essentiel c’est d’être ludique !
    Ça marche très fort en ce moment !

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  • Yann Leroux le 15 octobre 2010 - 23:02 Signaler un abus - Permalink

    C’est une étude faite par des chercheurs indonésiens. A priori, elle n’a pas été commandée par autre chose que le désir de comprendre

    Personne n’est obligé de s’inscrire sur Facebook (-:

    Et oui, je pense qu’une révolution est en marche. Ce que je ne sais pas, c’est si cette chose que nous construisons servira nos libertés et notre intelligence ou si elle en sera le plus sur poison. Par contre, je sais qu’il nous est encore possible de faire pencher la balance d’un coté ou d’un autre

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  • Gaganausaure le 16 octobre 2010 - 10:19 Signaler un abus - Permalink

    ^_^
    C’est bien de souligner que “personne n’est obligé de s’inscrire” sur ces machins, celui là ou un autre. Bien que je ne sois pas chercheur, je suis frappé par ce type de discours qui peut laisser penser que l’on ne peut pas faire autrement même quand on a 15 ans.
    Par là je voudrais attirer l’attention sur le fait que l’innovation ne rend pas systématiquement caduque les pratiques plus anciennes, cette “remarque” n’implique pas que je mène un combat d’arrière garde (évidemment perdu d’avance)D’une observation à une autre, cette époque scientiste véhicule paradoxalement un flou gaussien, lol, sur le vocabulaire ainsi, quand on pose à quelqu’un la question : Que faites-vous dans la vie ? La réponse est, le plus souvent, complètement vide : “chercheur” ou “étudiant” n’indique qu’un statut ! D’où ma question chercheur en quoi ? Font-ils de la sociologie, de l’économétrie, de la psychologie, etc. Ce n’est pas un détail puisque le domaine de recherche structure l’organisation de l’entretien ou du questionnaire. Je termine, la technologie implique la précision or nous sommes de plus en plus dans un univers pulsionnel et affectif qui “romantise” des machines qui, par définition systématise tout ce qu’on leur donne à traiter. C’est ce hiatus qui risque de permettre d’installer en douceur la tyrannie…

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  • Facecon le 25 novembre 2010 - 16:09 Signaler un abus - Permalink

    “Les résultats de l’étude sont très éloignés des craintes que l’on nourrit habituellement à propos de Facebook”
    Un échantillon représentatif de 17 couples, c’est à mourir de rire !
    Vous êtes mûrs pour les sondages d’Opinion Way commandés par votre majesté Nain Poléeon !

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  • Lol le 25 novembre 2010 - 16:22 Signaler un abus - Permalink

    L’avenir vu de la même université à Singapour :

    Social media is not just transforming business, society and politics today but it will also be the competitive arena, if not the battle field, in the future. The winners will be those who exploit the social media and act. The losers will be the victims of this technological tsunami in progress.

    Ils sont bien formatés, non ???

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