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Nous sommes tous des voleurs… ?

Publié le 10 septembre 2009 par Stéphane Favereaux

Alors que les débats sur Hadopi à l’Assemblée Nationale reprennent le 15 septembre, les majors et autres zélateurs pro-Hadopi poursuivent leur campagne quasi diffamatoire à l’égard des téléchargeurs et autres pirates du Web.

La félonie étant sans limite, à l’instar de la relation quasi-érotique entretenue par les pro-Hadopi avec les droits d’auteur, le SNEP, Syndicat National de l’Edition Phonographique, en remet une couche pour faire plus encore culpabiliser les foules de terroristes qui mettent à mal la créativité française. Les ventes de disques ont encore baissé au premier trimestre 2009 (moins 17,4 % par rapport à la même période l’an dernier sur le marché de gros). Le débat sur le téléchargement illégal est donc opportunément relancé avant que Hadopi ne tente de crucifier les Larrons sur le logo d’Universal France cependant que Pascal Nègre multipliera les pains dans la tronche des téléchargeurs.

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Le Syndicat précise que cette baisse est évidemment due au téléchargement illégal : “Les pratiques illicites en matière de téléchargement de contenu sont depuis six ans un phénomène de masse qui a détruit plus de 50 % (soit 700 millions d’euros) de la valeur du marché de la musique en France.”

Au mieux la vente de supports physique est mise à mal…

Dans la bouche de Fred le Ministre des Droits d’Auteur à la hauteur de l’amitié des Lobbies, il nous fallait un permis pour le Web, pour d’autres, nous sommes des pirates (j’assume), maintenant, selon la sémantique à peine méprisante pour un nombre conséquent d’Internautes que le SNEP se mettra a dos, nous sommes « des Voleurs à la petite semaine ».

Les pertes de 50 millions d’euros prétendument dues au piratage sont certes conséquentes mais si l’on observe l’histoire des technologies, la VHS est morte, le V2000 n’a pas fait long feu, la K7 s’est éteinte de sa belle mort, et les éditeurs de CD et DVD se goinfrent malgré tout sur le dos des acheteurs avant que ceux-ci ne se mettent, le prix imposé par les distributeurs et éditeurs de films et musique n’aidant pas, à télécharger illégalement.

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Les modèles économiques et de distribution évoluent, et les dinosaures se prennent des astéroïdes sur le coin des griffes, ils disparaissent…

La vente de disque est parfois à la limite de l’aberration tant l’artiste au final touche peu. L’aberration est aussi liée à l’aveuglement des majors face à la dématérialisation des flux, les ventes augmentent constamment en téléchargement légal mais les antédiluviens veulent défendre leur pré carré et vendre du plastique emballé dans du plastique lui-même emballé dans du plastique. Au top du combat en faveur des énergies renouvelables, les majors ! Il est vrai que les ventes numériques ne progressent que peu, 3% par an selon Christophe Lameignère, président du SNEP et PDG de Sony Musique qui ajoute que“les atermoiements sur Hadopi ont donné un regain de vivacité aux pirates”. Les téléchargeurs, poursuit-il, ainsi que les militants anti-hadopi sont donc « des voleurs à la petite semaine planqués derrière leur ordinateur qui n’ont jamais rien fait pour la création. »

A-t-il été prévenu que les vilains qui téléchargent consomment 36 % de CD et DVD de plus que les gentils qui eux ne téléchargent pas ?

L’industrie du disque se retranche derrière ses pertes financières et une répression accrue pouvant faire prendre un réel retard à la France en matière de développement numérique, mais leurs finances semblent plus essentielles que le développement d’une réelle offre légale. Légale et pertinente. Or, elle ne semble pas en être capable. Le modèle économique est à revoir de fond en comble comme l’évoque de façon sous-jacente Jérémie Zimmermann, cofondateur et porte-parole de la Quadrature du Net.

Il n’est nul besoin de revenir, en dehors des failles techniques innombrables de la loi Hadopi, sur le fait que cette loi est d’ores et déjà caduque puisque inapplicable…

To be continued…

Image e-mule en cellule sur http://www.impots-utiles.com

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3 Tweets 4 Other Commentaires

11 réactions à cet article

  1. Georglob a dit, le 10 septembre 2009 à 11:13

    RT @Eow Nous sommes tous des voleurs… ? http://bit.ly/xK63F

    Commentaire posté via Twitter

  2. edend a dit, le 10 septembre 2009 à 12:33

    Les majors voleuses de la musique qui donnent des leçons aux donneurs de sons

    C’est le monde à l’envers.
    On croit rêver…
    C’est surtout lié à la conjonction de 2 ou 3 facteurs, surtout le développement de la musique libre, le boycott des majors.
    A ma connaissance, il n’existe que 3 plateformes de téléchargement et écoute 100 % gratuites et 100% sans pub :
    L’américaine Internet archive http://www.archive.org disposait déjà il y a quelques années de 36 000 go sur ses serveurs, la section live comporte entre autre tous les concerts du greatfull dead.
    Et les 2 frenchies http://www.dogmazic.net & http://www.boxson.net (jamendo est gérée par une société commerciale entre autre blème voir http://jamendouille.free.fr/ )
    Les plateformes servent à fédérer mais les artistes commerciaux qui ont choisit de quitter les major ne sont pas en reste http://soundfromsilence.co.uk/darkening_scale_8.html http://bobostertag.com/music-recordings-pantychrist.htm http://www.nin.com/

    La musique par tous et pour tous ce n’est déjà plus une utopie depuis quelques années.
    Souhaitons qu’hadopi serve de coup de pouce au boycott des majors.
    Laissez tomber les voleurs du commerce c’est une bonne solution à hadopi.
    Pour en savoir plus sur le monde libre http://hors.norme.blog.free.fr/index.php?category/Le-monde-libre

  3. JePensePositif a dit, le 10 septembre 2009 à 12:52

    Nous sommes tous des voleurs… ?: Owni Le débat sur le téléchargement illégal est donc opportunément relancé avan.. http://tinyurl.com/lyekjc

    Commentaire posté via Twitter

  4. slowhand65 a dit, le 10 septembre 2009 à 1:51

    (exemple) j’achète le “Dark side of the moon” version vinyle en 1978.
    En 1990, je passe au CD, je le rachète … en CD (voui !!!)
    Quelques années plus tard sort la version remasterisée bien meilleure, car la première génération de CD était pourrie…
    Soit 3 fois la même oeuvre.
    Entre temps, on nous a promis une chute du prix des albums. en fait, ce qui a chuté, c’est le prix de revient du CD par rapport au vinyle, pas le prix de vente. Lui, il n’a cessé d’augmenter.
    En 1989, mes derniers vinyle, je les payais environ 80 francs, soit 12 Euros, le prix des CD est allé jusqu’à 25 Euros.
    Alors, qui a commencé à voler ? Réponse : les majors !!!…

  5. Ziknblog a dit, le 11 septembre 2009 à 2:21

    Alors que les débats #Hadopi reprennent le 15 septembre en France, de toute manière, nous sommes tous des voleurs… ? http://digg.com/u1CKLS

    Commentaire posté via Twitter

  6. Fred a dit, le 11 septembre 2009 à 9:06

    “A-t-il été prévenu que les vilains qui téléchargent consomment 36 % de CD et DVD de plus que les gentils qui eux ne téléchargent pas ?” c’est quoi la source de ce chiffre ?

  7. Yannig a dit, le 14 septembre 2009 à 6:42

    Je suis impressionné par la qualité de tes articles Stan

    Commentaire posté via Tête de Quenelle !

  8. Elodie a dit, le 15 septembre 2009 à 7:47

    Bonjour,

    Je trouve le raccourci un peu rapide sur la suppression des budgets marketing … des pubs sur internet sont certes aujourd’hui de plus en plus sensés mais elles sont loin d’être également accessibles ou gratuites …
    Et si réseaux sociaux, partenariats divers, échanges de bannières renforcent la visibilité de l’artiste tout en demeurant des gestes « gratuits », c’est loin d’être suffisant car il faut se distinguer d’une masse d’artistes très présents sur la toile.

    Si pas de budget com = pas de visibilité et un investissement de production qui n’aura rien servi car qu’un « produit » soit bon parait être une évidence pour trouver son public. Encore faut-il que ce dernier connaisse son existence ! C’est à ça que sert un budget com et marketing et s’il est bien un poste de dépense primordial dans le développement d’un artiste, c’est celui- là !

    Parole de communicante

    Commentaire posté via Tête de Quenelle !

  9. Elodie a dit, le 15 septembre 2009 à 7:51

    AUtre nuance également : le revenu de l’artiste pâtit tout à fait du manque de revenus des majors ou labels indés! La Sacem est loin d’être le seul revenu de l’artiste!!!
    Les artistes devraient également être rémunérés en cachets pour l’enregistrement de leur production, leurs concerts … or c’est de moins en moins souvent le cas ! Car les labels n’ont plus les moyens de payer mais également rognent sur les budgets de prod car avec le peu de ventes qu’ils font, ils ne rentabilisent pas leur investissement. Et il ne faut pas perdre de vue que ça reste une une industrie, non dans sa connotation péjorative, mais dans son fonctionnement économique.
    Comment payer des charges et des salariés sans générer de revenus à la société ??
    Il faut donc peut être arrêter de fustiger les majors…

    Commentaire posté via Tête de Quenelle !

  10. Stan a dit, le 15 septembre 2009 à 3:06

    @Elodie :

    Sur ton premier commentaire, je ne dirais pas que le rapport budget => visibilité soit si pertinent que cela de nos jours. Personnellement, je découvre davantage de musique via mes amis, les réseaux sociaux et des sites comme lastfm ou the Hype Machine que via les opérations de communication des maisons de disque… Le bouche à oreille a toujours été le meilleur marketing, c’est bien connu .
    Et puis, avant de vouloir être visible, il faut déjà faire de la bonne musique. Si c’est le cas et que l’artiste fait le minimum nécessaire pour que l’on puisse trouver et partager sa musique sur internet, le reste suivra…
    C’est essentiellement à cela que je pense quand je parle de « marketing communautaire ». il ne s’agit pas seulement de créer une page facebook, un myspace, et un joli site , mais de fédérer une communauté de fans qui parlerons ensuite de vous à leurs amis… Dans cette optique, la musique est certainement la meilleure publicité d’un artiste, pas son produit final

    Tu dis qu’il n’est pas facile de « sortir du lot » dans cette abondance d’artistes. C’est vrai à première vue, mais qui a dit qu’il fallait sortir du lot ? Le critère du succès n’est pas selon moi la taille de l’audience touchée, mais la qualité de celle-ci (cf plus haut à propos de la communauté).

    Sur le second point, tu résume toi-même pourquoi les maisons de disques doivent évoluer ou disparaitre. Si les majors n’arrivent pas à rémunérer correctement les artistes, c’est bien qu’il y a un problème dans leur business model…
    Sans vouloir leur « mort », reconnaissons que leur rôle ne peut plus être le même que depuis 20 ans alors que tant d’outils sont désormais à la disposition des artistes pour couper les chainons « de trop » (encore faut-il qu’ils en aient conscience – les artistes).

    J’espère que mes propos sont compréhensibles, comme je le dis plus haut, mon cerveau est en pleine cogitation sur le sujet

    Commentaire posté via Tête de Quenelle !

  11. Fred a dit, le 16 septembre 2009 à 12:01

    @Stan Dommage que tu ne source pas l’apparition magique des 36% des téléchargeurs-acheteurs. C’est dommage de mettre la lumière sur une campagne diffamatoire d’un côté et de ne pouvoir citer ses sources de l’autre.
    Je partage ton avis : “Le critère du succès n’est pas selon moi la taille de l’audience touchée, mais la qualité de celle-ci ” encore faut il trouver les formule pour valoriser cette audience. là, tout est à inventer

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