Ordi en cours: soyons pragmatiques, n’ayons l’air de rien

Le 26 avril 2011

Face au nombre croissant de ses étudiants utilisant un portable, Olivier Ertzscheid, enseignant en IUT, a décidé d'encadrer cette pratique. Prise de note attentive recommandée.

À l’heure de l’économie de l’attention, à l’heure où de plus en plus d’étudiants sont “équipés” de micro-ordinateurs, se pose de plus en plus la question d’autoriser ou d’interdire l’usage desdits micro-ordinateurs pendant les cours à l’université.

Enseignant principalement en IUT j’ai la chance d’effectuer la plupart de mes cours avec des promotions assez peu nombreuses (60 étudiants au maximum). Promotions dans lesquelles la proportion d’étudiants qui ouvrent leurs portables est de plus en plus grande. D’où débat avec les collègues : que faire ??

  • Interdire tout le temps ? Débile quand on prétend en même temps promouvoir une littératie numérique.
  • Autoriser tout le temps et sans condition ? Ingérable.
  • N’autoriser que pour certains cours ? Pas cohérent.
  • Mettre en place une charte ? Beurk. Je garde encore le souvenir nauséeux des chartes des salles d’informatique qui vous décourageaient de toute tentative d’approche d’ordinateurs par ailleurs en nombre notablement insuffisant et tournant à la vitesse d’une idée dans les circonvolutions cérébrales de Frédéric Lefebvre (c’est-à-dire très lentement). Et puis de toute façon, les étudiants ne lisent pas les chartes.
  • Laisser chaque enseignant décider ? Pas cohérent.
  • Couper l’accès WiFi ? Je suis pas fan de la castration chimique. Et puis la couverture WiFi sur les campus est quand même l’un des principaux acquis sociaux de la communauté étudiante (et accessoirement enseignante lors de conférences parfois… euh… ronflantes)

Résultat des discussions, pas grand-chose mais des débats intéressants.

De mon côté, je suis plutôt adepte d’une ouverture maximale aux NTAD (nouvelles technologies de l’attention et de la distraction) : blog du cours, présence sur les réseaux sociaux, etc.

À ma connaissance toujours, peu d’universitaires se sont publiquement exprimés sur ces questions de “pratique”, avec deux exceptions notables  :

  • André Gunthert : plutôt ni pour ni contre
  • Jean-Michel Salaün : assez clairement contre (de nombreux liens dans son billet et à l’appui de sa réflexion, notamment les toujours éclairantes synthèses d’Hubert Guillaud sur InternetActu)

Voilà donc le contrat que j’ai décidé de passer avec mes étudiants :

L’utilisation d’un micro-ordinateur pendant mes cours est autorisée aux conditions suivantes :

  • m’envoyer, à la fin du cours, un mail contenant (en fichier attaché) la prise de note du cours.
  • accepter, si la prise de note est jugée correcte, qu’elle soit (anonymisée puis) versée sur le blog du cours pour pouvoir être ainsi utile à d’autres (éventuellement absents ce jour-là ou momentanément distraits – car comme le rappelait Lao-Tseu-Point-Com, “point n’est besoin d’être connecté pour être distrait”)
  • accepter que l’utilisation du portable pour le prochain cours soit soumise à une autorisation préalable en fonction du résultat de la prise de note transmise lors du cours précédent.

Les avantages de ce contrat :

  • je pense que le nombre d’étudiants bossant “sur ordi” va considérablement se réduire :-)
  • pour celles et ceux qui joueront le jeu cela permettra d’enrichir le blog du cours et aussi de les sensibiliser “pratiquement” à une certaine idée du “collectif” / “partage” / “travail collaboratif”. Accessoirement, cela peut aussi permettre de valoriser le travail de certains.
  • me permettre de “mesurer” les points du cours qui passent bien et ceux qui passent… à la trappe

Les inconvénients :

  • ben… ça va me faire un peu de boulot en plus. Mais bon, on n’en est plus à ça près. Et pour une fois que ce sera pas du boulot administratif en plus ;-)

Les limites :

  • le contrat ne vaut pour pour un nombre d’étudiants présents qui reste raisonnable. Si j’ai un cours en amphi demain avec 200 étudiants et qu’il y a 90 portables ouverts… À ce niveau-là il faudrait envisager une prise de note mais “réservée” sur un wiki commun (par exemple).

Et vous, quelles sont vos solutions ??

P.S. : le titre de ce billet est évidemment un clin d’œil.

Billet initialement publié sur Affordance sous le titre “NTAD : Soyons pragmatiques, n’ayons l’air de rien”

Photo Flickr PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales smannion

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  • Julien le 26 avril 2011 - 13:12 Signaler un abus - Permalink

    Et si on laissait simplement les étudiants utiliser leurs laptops comme ils l’entendent?

    Le principal problème soulevé semble être l’attention que portent les étudiants au propos de leur enseignant : un problème qui n’est pas nouveau, pas besoin d’ordinateur ou de smartphone pour avoir l’esprit qui vagabonde. C’est la responsabilité de l’étudiant de s’intéresser au cours auquel il s’est inscrit.

    En outre quel intérêt de vérifier la qualité de la prise de notes d’un étudiant, sans parler du travail supplémentaire pour l’enseignant? Ca ne se faisait déjà pas au temps des stylos et des cahiers…
    Le principal objet de la charte évoquée est de voir que “le nombre d’étudiants bossant “sur ordi” va considérablement se réduire”. Quel intérêt encore une fois? Dans la mesure où cela n’affecte en rien la qualité de l’enseignement dispensé ou la capacité d’attention de l’étudiant – qui encore une fois relève selon moi de sa responsabilité.

    Il ne faut pas vouloir immédiatement “encadrer” une technologie, qui trouvera de toute façon sa place si elle répond à un besoin réel. Alors au lieu de soupçonner les étudiants de glander sur facebook pendant les cours – et il y en a sûrement, de même que certains salariés – pourquoi ne pas les laisser travailler avec les outils de leur choix?

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  • L'étudiante le 26 avril 2011 - 13:17 Signaler un abus - Permalink

    Avant je regardais les gens qui passaient dans la rue devant mon école, et c’était très chiant.

    Et si faire des choses qui n’ont pas rapport au cours permettait aux étudiants de se sentir mieux en cours ? Personnellement, je ne me suis jamais sentie aussi à l’aise en cours que depuis que j’ai mon ordinateur et que je peux prendre des notes de cours tout en menant en même temps d’autres activités (associatives, travailler d’autres cours…).

    Et si l’écran était une résistance des étudiants face aux injonctions de présence (quasi) obligatoire ? J’ai parfois trop de travail pour venir à un cours, mais je m’y rends avec mon ordinateur afin de travailler autre chose en cours, parce que j’ai compris que les professeurs étaient très sensibles à notre présence. Il faut comprendre que la présence en cours est souvent corrêlée à la charge de travail qui pèse sur l’étudiant (doubles-cursus, petits-boulots, engagements extra-scolaires…). Sur ce point, les professeurs doivent eux-aussi mener une réflexion.

    Et si vouloir être sûr que les étudiants prennent des notes sur le cours était une forme de retour en arrière ? Après-tout, apprendre, c’est aussi comprendre que l’on est jamais mieux servi que par soi-même, et que c’est souvent en prenant ses propres notes (sans se reposer sur le travail des autres) que l’on obtient les meilleurs résultats. Alors pourquoi vouloir être sûr que les étudiants prennent des notes ? Peut-être que les professeurs, dont le but est que les étudiants ne soient concentrés que sur eux, doivent comprendre que nous ne sommes pas seulement des étudiants. Nous avons des jobs, des passions, des engagements, et vivons dans un monde où l’ensemble des aspects de nos vies sont de plus en plus connectés. Nous savons, pour la plupart d’entre nous, mettre cela de côté lorsque le cours nous semble pertinent, important, et lorsque nous pouvons nous le permettre, mais je crois qu’il est positif que nous soyons libres de regarder par la fenetre de l’ordinateur. C’est tellement moins chiant et plus productif que de regarder les passants…

    Merci pour votre article, qui, en tout cas, donne a réfléchir.

    Une étudiante qui souhaite devenir professeure.

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  • Francois le 26 avril 2011 - 13:43 Signaler un abus - Permalink

    Le wiki ne permet pas l’édition en parallele il me semble.

    Ca serait possible avec le feu Google Wave ou Google doc je pense.

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  • Alain Jaunault le 26 avril 2011 - 13:49 Signaler un abus - Permalink

    Cette discussion est surréaliste ! L’auteur ne sait sans doute pas qu’aujourd’hui en entreprise l’ordinateur portable n’est rien d’autre qu’un stylo, un carnet de note, un agenda, un classeur… Bref un simple outil d’usage banal et banalisé… Je cherche en vain des chartes d’utilisation du stylo et du carnet de notes. Quant au contrôle de la prise de note ? A moins bien sur qu’il s’agisse d’ un processus d’ apprentissage de méthodes…ça ça serait nouveau à l’université.

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  • Eric le 26 avril 2011 - 14:06 Signaler un abus - Permalink

    Je regrette le “Autoriser tout le temps et sans condition ? Ingérable.” qui n’est pas expliqué. Je ne le conteste pas, mais c’est loin de tomber sous le sens pour moi. En quoi est-ce ingérable ?

    Cela se ressent d’ailleurs dans la solution proposée. Pour proposer une solution il faut d’abord poser le problème à résoudre puis vérifier si la solution élimine ou réduit le problème initial.

    * Publier les notes saisies. J’aime beaucoup l’idée, je suis convaincu que c’est un aspect qui doit être encouragé, mais quel est le problème auquel cela répond ? Les notes papier n’étaient pas publiées non plus. Dans le meilleur des cas on a bien résolu un problème (la mise en commun des notes) mais pas celui posé par la multiplication des ordinateurs portables. Bref, on s’est plantés.

    * Forcer les gens à prouver qu’ils ont pris des notes. Là je suis surpris. Nous parlons d’université, avec une scolarité par choix et pas par obligation. Vouloir contrôler c’est déresponsabiliser l’étudiant de sa formation et faire machine arrière sur le travail fait en lycée pour le rendre autonome. S’il ne veut pas travailler, le priver d’ordinateur ne résoudra de toutes façons pas le problème. Et si jamais un étudiant s’en sort mieux en travaillant sur les notes d’un tiers plutôt que sur les sienne, et préfère tenter de jeter ses réflexions sur le moment sur un clavier avant de consulter wikipedia sur un terme ou pour ne noter que quelques points anecdotiques qu’il pense valoriser et ne pas trouver sur les notes de ses collègues, en quoi est-ce gênant ? Tant qu’il apprend et qu’au final il acquiert les connaissances ?

    Je vois un autre dégât à cette idée puisque les notes sont souvent vues comme personnelles. Je n’aurai rien contre un étudiant qui prend les notes différemment, ou n’ose pas publier ce qu’il a. Imposer un regard extérieur sur cet aspect c’est l’obliger à le faire comme le professeur le pense, et risquer que quelqu’un n’ose se lancer sur les nouvelles technologies par peur ou par honte. Je suppose que ce n’est pas du tout l’objectif d’une université.

    J’ai aussi très peur de l’infantilisation du “donnez moi vos cahier pour que je regarde ce que vous avez fait” qu’on ne voit plus en classe depuis le primaire. C’est les faire retomber très bas dans l’autonomie et la responsabilisation. Est-ce réellement votre objectif ?

    Enfin, là aussi, que souhaite t-on résoudre ? Les élèves qui prennent de mauvaises notes, ou dessinent sur leur cahier, voire ne prennent aucune note ça existe aussi sur papier. Ce n’est pas un problème nouveau et donc ce n’est probablement pas le problème que vous semblez vouloir résoudre. Vous apportez des aspects négatifs sérieux sans corriger votre problème initial.

    * Validation des notes précédentes pour être autorisé à la leçon suivante. Là j’ai un vrai rejet. Tout d’abord qui dit que la prise de note ne sera pas encore pire sur papier ? Tout ce qu’on gagne c’est qu’au retour sur papier la prise de note sera plus complexe à corriger ou enrichir après coup. On aura aussi retiré la possibilité technique de les envoyer au professeur pour avoir un retour et une amélioration au fur et à mesure. Au mieux on cache le problème.

    Mais surtout il s’agit de décourager l’apprentissage des nouvelles technologies. Je n’ose croire que ces élèves prendront parfaitement leurs notes les premières fois, mais peut être que ça leur convient mieux quand même. Tenter de nouvelles choses pendant son apprentissage, se former aux technologies par la pratiques ça fait partie de son cycle même s’il ne finit pas informaticien. La prise de risque et les tentatives de trouver de nouvelles manières d’améliorer leur apprentissage doivent être encouragées, pas découragées. Pour ça il faut retirer le jugement immédiat et surtout retirer la validation externe. Ils sont amenés rapidement à être autonomes, voire l’être déjà, c’est à eux de valider leurs expériences.

    Ici je ne vois même pas ce que ça pourrait résoudre.

    Pour que nous vous aidions à trouver des solutions, aidez-nous à mieux cerner le problème qui vous est posé par la multiplication de ces ordinateurs.

    Je retiens tout de même :

    - L’idée d’encourager le partage des notes est très bonne. je serai tenté de favoriser le partage sans qu’il soit centralisé par le professeur. Trouver un wiki ou un dépôt de fichier quelque part que le professeur puisse consulter et sur lequel il puisse faire des retours, mais sous une forme où il enrichit, pas sous une forme où il contrôle. Pour jouer le jeu j’irai même jusqu’à dire qu’il faudrait que le professeur partage ses propres notes au même endroit. Pas forcément tout de suite si vous avez peur que cela encourage les élèves à ne plus jouer le jeu, mais par exemple la semaine suivante.

    - Eviter toute forme de contrôle qui pourrait réduire l’autonomie au lieu de l’améliorer. Encourager les essais et l’évolution qui vient des étudiants.

    - Proposer peut être aux étudiants de faire régulièrement un point sur leurs prise de note, en commun entre eux, avec ou sans l’équipe pédagogique, pour qu’ils n’oublient pas de valider eux même que ça leur apporte quelque chose et qu’ils tentent d’avoir du recul sur leur activité. Ne sous-estimez pas l’auto-régulation. Si ça perturbe le cours ou si certains ont peur que ça les incite à moins travailler, faites leur confiance : ça remontera tout seul de certains des élèves.

    - Imposez peut être des périodes “écran fermé” quand il s’agit de discussion et d’interaction plutôt que de cours magistral. Mais notez bien que dans ces cas là j’avais déjà des professeurs qui me disaient “stylos sur la table” quand j’étais étudiant en école pour ces cas là. Il s’agit juste de s’adapter, pas d’apporter de nouvelles contraintes.

    - Moi j’aurai plutôt peur d’introduire une distanciation entre ceux qui ont la chance d’avoir le matériel et ceux qui ne l’ont pas. En gros que les seconds perdent du terrain parce qu’ils ont moins facilement accès à l’enrichissement électronique. Et si plutôt que de limiter le passage à l’ordinateur vous aidez au contraire ceux qui ne peuvent y passer ?

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  • leo le 26 avril 2011 - 14:11 Signaler un abus - Permalink

    Réflexion intéressante. Actuellement étudiant à l’université (M2R), j’ai utilisé l’ordinateur durant une partie de ma licence et de mon M1, j’en suis revenu.

    Le principal problème étant le manque d’attention et surtout, la volatilité qui en découle. Le second problème,a mon sens, est un problème de respect des enseignants. Quand on utilise son ordinateur pour faire autre chose, ça se voit, très vite, très, très vite. Et faire une intervention quand la moitié de la promo est en train de faire autre chose, c’est assez déstabilisant. Au point que l’on préfèrerait qu’elle soit absente plutôt que le regard plongé dans un écran.

    Sans vouloir stigmatiser, J’ai remarqué dans mon UFR, que lors des cours en tronc commun (Master Pro et recherche réunis), les masters Pro avait davantage d’ordinateur sorti sur leur table, et tous ne prenaient pas de note, loin de là. Ce placer au fond de l’amphi permet ainsi de suivre, à loisirs, la vie des autres sur facebook, les discussions Gtalk, les campagnes sur starcraft II, et les dernières séries en versions sous titré.

    Autant, je ne suis pas partisan de l’interdiction du laptop en cours, autant, il faut reconnaitre que c’est une source de distraction suffisamment grande pour déranger aussi, ceux qui n’en utilisent pas

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  • Millie le 26 avril 2011 - 14:14 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Ne serait-il pas mieux que l’enseignant lui-même poste son cours en ligne afin que les étudiants puissent le consulter et l’utiliser pour réviser? Ainsi, le temps du cours pourrait être mis à profit non pas pour écouter et noter le cours mais pour étudier sur la base d’autres documents/supports tels que des vidéos, articles de presse, etc.

    On peut également envisager que l’enseignant envoie chaque semaine le cours aux étudiants, que ceux-ci le lisent avant le cours pour ensuite pouvoir échanger avec l’enseignant sur son contenu.

    Il semble en effet un peu absurde que chacun des 50, 100 ou 200 étudiants copie mot à mot et en même temps le même cours au lieu d’expérimenter ou échanger sur son contenu.

    Le cours étant devenu un temps d’expérimentation et d’échange, l’éventualité d’être happé par le contenu de son ordinateur sera réduite.

    Qu’en pensez-vous?

    Bonne journée

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  • Laurent le 26 avril 2011 - 14:26 Signaler un abus - Permalink

    Les pads collaboratifs tels que titanpad peuvent être une solution intéressante de prise de note.

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  • Dubitatif le 26 avril 2011 - 14:29 Signaler un abus - Permalink

    Je suis d’accord avec Julien.

    J’enseigne en université. Je laisse les étudiants utiliser leur ordinateur comme bon leur semble, dès lors que cela ne gène pas qui que ce soit d’autre (moi, notamment :o] ). Si, au lieu de prendre des notes, ils préfèrent surfer ou regarder les photos de leur soirée de la veille, c’est leur problème. De toute façon, les priver d’ordinateur ne les empêchera pas d’utiliser leurs smartphones, donc…

    La seule fois où je suis intervenu, sur ce sujet, c’est lorsque deux étudiantes (de Master!) rigolaient en regardant l’ordinateur de l’une d’entre elles. Mes cours ne sont pas si drôles que ça…

    Par contre, “prendre des notes de cours tout en menant en même temps d’autres activités”, comme le suggère ‘l’étudiante’… Je ne nie pas qu’elle ou d’autres en soient capables, mais la plupart de mes étudiants (je le constate lorsque je corrige les copies) ne sont déjà pas capables d’à la fois (i) comprendre ce que je dis, et (ii) prendre des notes qu’ils pourront réutiliser ultérieurement (d’où des raccourcis, des confusions, etc.). L’étudiant multitâche (efficace) existe sans doute, mais je ne l’ai pas encore rencontré…

    Dernière chose: “si la prise de note est jugée correcte”… Je ne sais pas où l’auteur trouve le temps de vérifier les prises de notes des étudiants, mais en ce qui me concerne c’est impossible. Je ne vais pas sacrifier mes activités de recherche – déjà bien entamés par les activités administratives – ou mon temps libre à vérifier ce genre de choses. C’est aux étudiants de vérifier qu’ils ont bien pris leurs notes en les relisant – avant l’avant-veille de l’examen, si possible (je leur conseille de le faire entre chaque cours, mais ils ne le font jamais) – et en posant les questions qu’une telle relecture doit susciter au début du/d’un cours ultérieur, voire par mail.

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  • mangouste le 26 avril 2011 - 15:43 Signaler un abus - Permalink

    je propose une solution commune en temps reel, tres tres utile : etherpad. http://etherpad.org/

    C’est utilise pendant les grandes reunions de ubuntu (UDS), par exemple.

    Toutes les evolutions sont enregistrees. On sait qui a propose quelle modification.

    G.

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  • L'étudiante le 26 avril 2011 - 17:11 Signaler un abus - Permalink

    Je partage l’avis d’Eric lorsqu’il invite les enseignants à diffuser les notes avant le cours. Au cours d’une année d’étude à l’étranger, je me suis agréablement familiarisée avec cette technique. Une réserve néanmoins, les professeurs s’en tenaient souvent à diffuser des powerpoints, et la complexité du contenu du message transmis s’en trouvait fotement diminuée. Cela est dommage. Mais dans l’idée, pouvoir lire le cours, même un cours magistral, avant d’entrer en classe, est un plus. En effet, relire un cours que l’on a noté la semaine précédente n’est pas très réjouissant (;)), en revanche, lire le cours avant le cours sucetie plus d’intérêt (découverte, nouveauté), et permet de mieux axer la prise de note sur les points essentiels ou peu clairs. Pour les étudiants salariés ou en double-cursus, cela permet également de travailler en avance lorsque l’on a du temps afin de ne pas être submergé lors de la période des examens (les débuts de semestre sont souvent un peu mous à l’université). Transmettre les notes en amont peut permettre, également, de réduire diverses inégalités. (Etudiants étrangers pour qui la prise de note en langue étrangère est une épreuve, personnes peu populaires qui ont parfois des difficultés à rattraper les cours, étudiants qui prennent des notes contenant des monstruosités orthographiques – noms d’auteurs en particulier – et amputent ainsi fortement leurs chances de réussite à l’examen avant même d’avoir commencé à réviser).

    @Dubitatif, vous avez parfaitement raison lorsque vous évoquez le fait qu’il y a toujours une perte d’information.
    Les personnes comme moi qui ont besoin d’une intensité d’activité élevée afin de ne pas avoir une sensation d’endormissement en cours préfèreront largement mettre en forme leur travail de mémoire tout en écoutant le cours, puis lire à l’approche des examens des passages d’ouvrages qui reviendront sur les confusions éventuelles liées à une attention plus distante. Si les examens sont bien faits, l’idée n’est pas de répeter mécaniquement des éléments de cours, mais d’en comprendre le sens et de proposer une réflexion personnelle, et quelques bribes ratées peuvent être largement compensées par une connaissance plus vaste du sujet, qui est, à mon sens, bien plus révélatrice d’un réel investissement qu’une maîtrise scolaire d’un contenu délimité par un professeur.
    De plus, si le cours est dynamique et sans répétitions, la question du multi-tâche ne se pose pas. Les professeurs disent souvent leur raisonnement “au feeling” une première fois, avant de reprendre leurs notes écrites pour une redite plus précise – et mécanique. On ne peut pas contenter tout le monde et ces redites sont normales, mais on n’a pas toujours besoin de tout écouter deux fois, et chaque minute de répétition du cours peut, grace aux ordinateurs, être mises à profit. Je regrette que l’ordinateur soit perçu trop souvent par les enseignants comme une perte d’efficacité des étudiants (volatilité de l’attention, perte d’information, flaneries et aneries) alors que son utilisation est parfois guidée, au contraire, par la recherche de l’optimisation du temps de présence en cours.

    Autre chose, je crois que la question de l’ordinateur en classe ne peut pas être résolue de façon simple en raison de la grande diversité des matières enseignées (la question du type de cours, CM, TD, a déjà été soulevée). Je suis en double cursus, et si il est possible de travailler sur deux choses à la fois dans un cours de psychologie sociale ou d’histoire des sciences sociales, cela est beaucoup plus difficile en science cognitive ou en cours de droit publique. Dans un cas, on nous transmet une compétence à penser qui prend pour support ce que des auteurs ont écrit, dans l’autre il s’agit notamment d’acquérir surtout un contenu et la terminologie technique qui l’accompagne.

    Je continue de penser que le multi-tâche permis par l’entrée de l’ordinateur dans la salle de classe a permis, pour un certain nombre d’étudiants, un mieux être. Moins d’ennui dans les longueurs de certains cours, et un sentiment accru d’autonomie. Ensuite, je fais partie d’une génération qui a pris cette révolution en cours, sans y avoir été formée au collège ou au lycée. La plupart des problèmes liés à l’usage des nouvelles technologies pendant les cours me semblent ainsi relever soit, comme plusieurs l’ont noté, de problèmes qui existent sous une autre forme et ne sont donc pas liés à l’usage des ordinateurs, soit d’un déficit de normes d’usage de l’ordinateur liées à sa nouveauté dans la salle de classe.

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  • VinZ le 26 avril 2011 - 17:17 Signaler un abus - Permalink

    Autoriser tout le temps et sans conditions ???
    Ca voudrait dire pouvoir surfer à longueur de temps sur Owni ou autre, sans faire le boulot qu’on attend de nous.
    Ou pas.
    Comme au boulot en fait !
    ^_^’

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  • ane no nimes le 26 avril 2011 - 17:35 Signaler un abus - Permalink

    @millie:

    La prise de note est une phase essentielle a l apprentissage. Le fait d ecrire soi-meme quelque chose fixe inconsciemment son contenu dans le cerveau. C est pour cela que les notes de cours toutes faites sont en general une mauvaise idee.
    Certes, il existe des personnes pour qui il est plus rentable en temps de lire et d apprendre, mais l education doit tenir compte des capacites de tous.

    De meme, pour des raisons pedagogiques, je considere que le tableau noir est meilleur que les slides.

    Concernant le fond de l article, je suis d avis de laisser les etudiants utiliser leurs portables avec pour unique regle celle consistant a ne pas perturber la tenue du cours. Ce que font les etudiants durant les cours ne regarde qu eux. Et ce sera peut etre meme moins agacant que ceux qui s exercent au pen-spinning et qui font tomber leur stylo toutes les 2 minutes…

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  • mathieubauer le 26 avril 2011 - 18:47 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour ! Je suis actuellement à la fois étudiant et enseignant, et j’écris un mémoire de recherche sur les nouvelles manières d’apprendre et de partager la connaissance.Ce sujet me passionne et cet article me fait évidemment réagir.

    Je trouve ces pratiques assez étonnantes, et je rejoins plutôt les commentateurs, particulièrement sur les points suivants :

    - L’étudiant devrait avoir la liberté d’utiliser son laptop comme bon lui semble, si l’étudiant fait autre chose, c’est parce qu’il considère que ça lui est plus bénéfique à cet instant, c’est de sa responsabilité et il faut lui faire savoir (on peut également faire autre chose avec une feuille et un stylo). La remise en cause de la qualité et de l’attrait du cours peut s’envisager également.

    - Les rythmes et les méthodes d’assimilation et d’apprentissage diffèrent grandement selon les étudiants et les matières. Prise de note au kilomètre ou mots clés, multi ou mono tâche, clavier ou stylo, font partie des variables qui devraient relever du choix de l’étudiant. Là encore, il s’agit de sa responsabilité, il lui appartient de connaitre ses rythmes et de choisir sa meilleure méthode.

    - Il existe des outils qui permettent “d’augmenter” l’apprentissage lors du cours, la prise de notes collaborative en est une, sur etherpad par exemple, et on peut encourager les étudiants à ajouter des liens issus de leurs connaissances et recherches personnelles. La méthode du backchannel est également assez puissante, mais nécessite que l’enseignant accepte une certaine prise de risque. Cette pratique consiste à afficher au projecteur une timeline de chat ou de hashtag twitter en rapport avec le cours, et de laisser les étudiants réagir, poser des questions et y répondre, apporter des informations supplémentaires, ou suggérer d’accélérer ou de réduire le rythme du cours. Cela nécessite une gestion nouvelle de la part de l’enseignant dans la construction de son cours. Je trouve cela très efficace pour casser l’architecture unidirectionnelle d’un cours classique.

    - Il me semble important de s’adapter aux cycles d’attention des étudiants et de construire le cours selon des temps forts. Cela passe par s’autoriser à cacher la timeline du backchannel par moments ou à demander aux participants de fermer leur ordinateur lorsqu’il faut développer une notion clé.

    - Le wiki est un outil formidable à utiliser en pédagogie, mais étant un outil de communication asynchrone, il me parait plus efficace à mettre en place lors des travaux en dehors des cours.

    En bref, je préconise (du haut de ma très courte expérience) de laisser une liberté quasi totale aux étudiants et de les guider vers les meilleures pratiques .

    Mathieu

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  • dbourrion le 26 avril 2011 - 19:33 Signaler un abus - Permalink

    (témoignage anonyme, avec fausse barbe et lunettes noires, voix modifiée électroniquement)

    J’ai 44 ans. Quand je faisais mes études, les PC portables et autres tablettes n’étaient que des rêves inaccessibles et financièrement, et même littéralement – un truc comme un iPad était à peine pensable.

    Le seul outil dont je disposais en cours, c’était mon cerveau. Je n’ai jamais pris de notes, je n’en prends toujours pas (Je vais y revenir).

    Mon petit computer embarqué d’un à peine kilogramme de couleur grise, donc, me suffisait. Il m’a déjà bien servi et n’a pas démérité, je crois.

    Personne ne contrôlait ce tas de cellules. Personne ne le pouvait, et toujours pas. Personne n’a donc jamais su (mais je vais le dire aujourd’hui – séquence aveu) que je n’écoutais pas grand chose (ça ne servait à rien, de suivre, on trouvait tout à la bibliothèque) mais que je regardais tout le temps par la fenêtre, et que je m’emmerdais énormément. Que je rêvais beaucoup, aussi.

    Si je fais le parallèle avec aujourd’hui : je ne prends toujours pas de notes (je me répète) parce que je sais que si j’ai besoin de quelque chose, je vais le trouver en ligne. Le savoir dont je dispose, il est exogène, il l’était déjà avant, de mon jeune temps, il l’est encore plus pour les (heureux) étudiants de maintenant.

    En fait, la seule chose dont j’ai toujours eu besoin, en plus du kilogramme gris embarqué, c’est de curiosité, de rêves, et de parvenir à nouer les deux ensembles.

    C’est peut-être juste cela qu’il faudrait ‘apprendre’ aux djeunes de maintenant, à être curieux et rêveurs.

    Le reste, ce n’est que de la technique qui sert nos rêves, ou pas.

    Signé X
    (fin de la vidéo)

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  • Emile le 26 avril 2011 - 21:12 Signaler un abus - Permalink

    Je rejoins l’avis de pas mal de commentateurs : sauf raison très spécifique, je vois pas pourquoi il faudrait à tout prix réguler l’usage des laptop en cours.

    C’est à chaque étudiant de savoir comment prendre au mieux des notes. C’est aussi à eux de décider s’ils veulent s’intéresser au cours ou pas (et si personne ne s’intéresse au cours, c’est pas forcément les nouvelles technologies qui sont responsables).

    Je suis également opposé à l’idée qu’on impose aux étudiants de soumettre leurs notes : vous remettiez vos notes de cours à vos professeurs vous ? Je veux dire après le collège ? Vous voulez noter les notes aussi ? non ?

    J’ai bien plus l’impression que c’est une idée de prof voulant a tout prix avoir la mainmise sur les faits et gestes des étudiants, ce que je trouve a la fois infantilisant et malsain. Et puis l’article de Jean-Michel Salaün part d’un parti pris opposant laptop et prise de note. Ça part donc très mal, et ça poursuit sur un conservatisme des bonnes vieilles méthodes. Mais les ordis ne sont pas des méthode, se sont des outils. A chacun de voir quel outil lui convient le mieux.

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  • Alex le 26 avril 2011 - 21:59 Signaler un abus - Permalink

    Complètement idiot et ridicule. Si vos étudiants ne sont pas assez grands (en IUT… Donc majeurs!) pour comprendre qu’ils travaillent pour eux, c’est leur problème.

    Il faut apprendre à vivre avec son temps. Interdire les laptops c’est comme interdire le stylo plume pour un stylo bille.

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  • Margaux le 27 avril 2011 - 8:59 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour

    Je suis en cours dans un école où l’usage de l’ordinateur est obligatoire et indispensable. Mon PC est devenu mon bien le plus cher et s’il plante je me retrouve dans l’incapacité de suivre les cours ou rendre les devoirs.
    Je n’ai envie que d’une seule chose: retrouver mon stylo et mon papier, rendre mes copies en mains propres aux professeurs et pas sur une plateforme numérique. Je donnerais n’importe quoi pour ne pas avoir à lire des dizaines de documents en PDF sur mon écran, mais plutôt de bons vieux polycopiés.
    Je ne vous parle même pas du déficit d’attention des élèves en cours. Facebook, Twitter, Youtube…à la moindre occasion, on décroche. Je plains mes professeurs, même si certains ne se donnent même plus la peine de rendre leurs cours intéressants, puisque tout le monde à les yeux rivés derrière son écran.
    Certains professeurs, plus malins, ont interdit l’utilisation des ordis durant leur cours. C’est fou comme la capacité à se concentrer et à participer monte alors en flèche.

    Alors voilà, les ordinateurs c’est bien, mais point trop n’en faut.

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  • totor le 27 avril 2011 - 14:47 Signaler un abus - Permalink

    Je suis assez sidéré que la question vous vienne à l’esprit.

    Je suis pas mal sidéré en revanche que la question de votre légitimité à interdire l’usage du laptop n’ait même pas caressé vos pensées. (je parle bien de la légitimité, hein, pas de votre pouvoir de le faire).

    Je suis enfin carrément sidéré par votre position…

    La prochaine étape, ce sera d’obliger les étudiants à vous écouter ? ;-)
    Ou obliger ceux qui ont un stylo et une feuille de papier de vous envoyer une photocopie de leurs notes?

    M’enfin, de toute façon, j’ai souvent pensé que les profs qui ne distribuent pas ou peu de support de cours et obligent donc l’auditoire à gratter frénétiquement n’ont pas la meilleure méthode.
    Je ne suis pas pour autant adepte du power point distribué sur papier pour prise de notes manuelles dans la marge, mais fervent partisan du cours structuré et entièrement rédigé, transmis aux étudiants AVANT la séance, pour leur permettre de le lire une première fois et d’essayer de le comprendre, avant redite en cours et éventuellement focus particuliers, éclairages, questions ou discussions.

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  • Louise Merzeau le 27 avril 2011 - 15:33 Signaler un abus - Permalink

    Contrôler l’intégralité des notes prises en cours me paraît inutile et infaisable. Je pense préférable de laisser aux étudiants une part de responsabilité dans le choix de leurs techniques d’attention, de compréhension et de mémorisation des cours. Cela ne veut cependant pas dire qu’il faille s’en désintéresser. Si la prise de note sur ordi est le prolongement des anciens cahiers, elle présente aussi avec eux des différences évidentes et importantes, dont il faut tenir compte.
    Un ordinateur connecté peut à la fois et dans le même espace enrichir l’écoute du cours (par vérifications, illustrations, explorations parallèles…) et parasiter cette écoute par toutes sortes d’activités sans rapport avec le cours.
    Vouloir éradiquer totalement la 2de possibilité me paraît illusoire (et peut-être même nuisible : il faut accepter cette inconstance de l’attention pour en capter une partie…). Favoriser la 1ère possibilité (une prise de note active, qui ne se contente pas de recopier ce qui est dit par le prof, mais cherche à rebondir, en enrichir et à croiser) me semble en revanche la voie vers laquelle il faut aller. Nous devons trouver des moyens simples de valoriser et d’encourager (plutôt que de sanctionner) ce type de travail. Avec des groupes tournant autour de 60 à 70 étudiants, c’est très compliqué, et je cherche moi-même la bonne idée. Demandons aux étudiants ce qu’ils voudraient voir reconnaître par le prof dans leur façon de participer numériquement au cours : ils ont peut-être des suggestions à nous faire sur le sujet…

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  • Cheshire le 27 avril 2011 - 17:20 Signaler un abus - Permalink

    “N’ayons l’air de rien”… Et pourquoi pas “Désinvolte” ?

    Oui mais, comme à des enfants indisciplinés vous demandez de montrer les notes prises… Et à ceux qui font de jolis dessins sur leurs feuilles vous leurs demandez aussi des comptes ? Ou seulement à ceux qui ont eux l’outrecuidance de bailler ? :-)

    L’ordinateur est un outil de travail de notre siècle. Peut être certains de vos élèves utilisent-ils un dictaphone (et une appli de dictée vocale ensuite?) quel est votre politique vis à vis de ça ?

    Si le bruit de 480 doigts tapotant les claviers vous agacent la choclée poussez le son du micro ou alors simplifiez-vous la vie :
    publiez vos cours en présentation aéré sur votre blog cela ira plus vite et évitera de se poser la question du comment récompenser ceux qui participent au “pot commun”.
    En plus cela permettrait de travailler dessus d’annoter et de compléter (points obscurs, exemples ou illustrations supplémentaires, les bonus en quelques sorte, etc)
    Pour ceux qui préfèrent le contact papier, imprimez-les (contre inscription préalable et participation s’entant) vous risquez ainsi de contenter beaucoup de monde.

    Il est très agréable de pouvoir se concentrer sur la compréhension du cours plutôt que sur une bête prise de note qui rime parfois plus à un pur jeu de sprint et encore quand on a pu tout noter et correctement… (impréparation patente du cours, idées livrées en vrac : débrouillez-vous avec le puzzle, schéma à peine affiché et déjà retiré quand il n’est pas illisible, voie à peine audible quand elle n’est pas mâchée, j’en passe et des pires)

    J’avoue ne pas comprendre ce questionnement par rapport à l’outil. Est-ce une difficulté à définir une sorte de limite “d’autorité du savoir” entre profs détenteur et élèves sensés apprendre, seulement apprendre selon une certaine doxa ?
    Différence d’âge trop ténue ?

    d’un ancien scribouilleur acharné

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  • Romain le 27 avril 2011 - 19:54 Signaler un abus - Permalink

    Intéressant comme billet, au niveau des différences de culture entre la France et ce que j’ai vécu ici au Québec. Peut-être que “Julien” l’a vécu, en tout cas il décrit la façon de penser et d’agir dans les cours d’université au MBA ou en informatique auxquels j’ai participé ici.

    Ici au Québec, l’utilisation d’un ordinateur est conseillée et encouragée auprès des étudiants, tout au long de leur formation, incluant les séances de cours. Pour dire, la faculté vend elle-même aux nouveaux étudiants des portables répondant aux besoins de la formation et aux critères de sécurité informatique du bâtiment.

    Les salles de cours sont très équipées, chacun à une prise de courant et une prise réseau à sa place.
    Les étudiants vont sur Facebook, twitter, google, msn, autre ? Qu’à cela ne tienne, c’est leur responsabilité. Les notes de cours sont parfois envoyées avant la séance, et les étudiants doivent participer activement (ie. verbalement) durant la séance. Et s’ils ratent leur examen parce qu’ils n’ont pas écouté, entendu, ou retenu les notions qui ont été discutées pendant le cours et qui ne sont pas dans le matériel officiel, c’est leur responsabilité.

    J’ai connu cela pendant deux ans, et ça ne m’a pas empêché d’avoir mon diplôme avec de bons résultats. Est-ce que j’avais mon portable avec moi pendant les cours ? Oui souvent ? Est-ce que j’étais sur msn messenger ou facebook pendant ces cours ? Oui parfois.

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  • Jay le 30 avril 2011 - 0:19 Signaler un abus - Permalink

    Débat très intéressant! Je rejoins l’avis émis par Dubitatif.

    Cependant, j’aurais aimé soulever la question du partage des cours. Ayant durant mes années Licence travaillé exclusivement sur PC et partagé l’intégralité de mes prises de notes mises en forme, j’aurais voulu exposer la problématique posée:

    En fonction de la qualité des supports mis à disposition des étudiants, ces derniers, aussi adultes qu’ils soient, peuvent se laisser aller à ne plus prendre de notes et ne plus être attentifs, pour dépendre par la suite uniquement du cours fourni “prêt à consommer”.

    Je suis donc pour une mise à disposition des supports de cours, dans la réserve où la pédagogie de l’enseignant permet d’attirer à coup sûr l’attention de l’étudiant au moins sur les points clé de l’intervention, quitte à ce que celui-ci se mette au parfum des fichiers circulants et entre dans une démarche d’amélioration continue de ses enseignements (les pdf circulent pendant des années!).

    Et pour recentrer le propos sur le sujet du débat, je suis bien évidemment pour l’utilisation des laptops en cours, qui permettent comme exposé par L’étudiante de gérer le temps de l’intervention comme il nous convient. Rappelons que la pédagogie est l’art de la répétition… mais est-il préférable de se tourner les pouces ou de travailler sur un projet annexe lorsqu’un prof reprend une énième fois une notion comprise depuis longtemps?

    Après, tout réside dans un respect minimal de l’étudiant envers l’enseignant…

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  • Jordan le 1 mai 2011 - 12:58 Signaler un abus - Permalink

    Article et commentaires très intéressants. Au passage je vous invite à lire également les deux billets de blog suivants d’un enseignant-chercheur en science politique, qui posait déjà les questions soulevées par le présent article et ses commentaires : http://politbistro.hypotheses.org/553 et http://politbistro.hypotheses.org/582.

    Néanmoins, au-delà du problème à mon sens localisé de l’autorisation ou de l’interdiction de l’ordinateur en cours, il vaut mieux s’interroger plus largement sur ce que signifie être étudiant, et sur comment on acquiert les bases “métier d’étudiant” (expression utilisée notamment dans des études du Crédoc). En effet, l’arrivée dans l’enseignement supérieur est souvent l’occasion de remises en cause douloureuses touchant, devant l’impératif d’autonomie, à des considérations relativement basiques, qui concernent la manière de lire, d’écrire, de synthétiser, de mémoriser, et de retranscrire de manière claire et construite sa pensée.

    Or, dans un tel raisonnement élargi, l’ordinateur, sa présence ou son absence, n’est plus qu’un sous-questionnement, mais qui a le mérite de révéler les enjeux considérables liées aux techniques d’apprendre (comme les étudie Mathieu). Et dès lors, ces problèmes “de base” deviennent en fait le coeur du problème. J’ai été frappé lors des mes études, en licence, à quel point j’ai dû travailler, ne serait-ce que pour lire des articles scientifiques d’une trentaine de pages, pour lire des extraits d’ouvrages aux pensées complexes, et pour les restituer synthétiquement dans des devoirs. Et lorsqu’on est confronté à cela, les questions que se posent l’étudiant sont très pragmatiques : est-ce que je ne fais que surligner les points importants du texte ? ; est-ce que je surligne et annote dans la marge ? ; est-ce que je surligne et prends des notes sur une feuille à part ou sur ordinateur ?; est-ce que je ne surligne rien et ne prends que des notes ? ; etc.

    Face à cela, chacun trouve des voies différentes, et s’approprie les choses à la manière qui lui convient le mieux. Tout l’enjeux à mon avis, est donc d’arriver à montrer aux étudiants (et particulièrement à ceux qui arrivent dans l’enseignement supérieur) toutes les possibilités de ce travail, de ce métier d’étudiant. Aussi leur dire que souvent, la réussite dans les études vient d’une capacité de porter attention à ce qui est en apparence futile, mais qui se révèle souvent le plus important (un exemple, une comparaison, une métaphore, etc.), et vient aussi d’une capacité à s’ennuyer profondément parfois, ce qui permet de se reposer de bonnes questions. Mais qu’en tout cas, ordinateur ou non, là n’est pas tellement le problème.

    Personnellement, il m’aura été extrêmement utile et précieux à la réussite que j’ai pu avoir dans mon cursus.

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  • Titania le 2 mai 2011 - 20:28 Signaler un abus - Permalink

    “Autoriser tout le temps et sans condition ? Ingérable.” Vous pouvez développer s’il vous plait ?

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  • Henry le 3 mai 2011 - 19:52 Signaler un abus - Permalink

    Bonjour,

    Pour partager cette question à propos de cours de master en informatique de gestion, j’ai pris l’option de n’autoriser l’usage d’un ordinateur que lorsque je me servais moi-même du mien, pour projeter mes cours. Ils sont intégralement publiés en accès libre sur Internet, sous la forme d’un réseau sémantique. Les étudiants sont évidemment censés y accéder pendant le cours, et prendre des notes comme ils veulent, sur papier ou non.
    Circulant en permanence dans la salle, j’observe systématiquement les écrans, et ne manque pas d’ironiser, à l’occasion sur ce que j’y vois.
    Il faut dire aussi que je commence le cours par une interrogation générale sur ce qui a été retenu du cours précédent, n’hésitant pas à envoyer un élève au tableau pour reconstituer ce qui y a été dit, en sollicitant la participation des autres pour l’aider.
    D’autre part, j’ai intégré les TDs en seconde partie des cours magistraux, ce qui vise à concrétiser autant que possible les choses…
    Ce n’est pas parfait, mais à l’expérience, la plupart des écrans affichent le cours, et les sollicitations de participation sont telles que j’observe qu’ils sont assez nombreux à prendre des notes manuscrites. Est-ce pour ne pas être trop ridicules la fois suivante ?

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  • JeromeJ le 5 mai 2011 - 17:16 Signaler un abus - Permalink

    Selon moi, il faudrait laisser les étudiants les utiliser comme ils leur semblera bon. Avec ça quelques cours de conseils pratiques où on les inviterait à essayer telle ou telle méthode.

    Après s’il se plante, ils auront appris de leurs erreurs. Je pense que forcer qui que ce soit dans un “cocon” n’est pas la bonne solution, beaucoup répugneront à certains détails leur faisant abandonner le tout. Exemple: vous proposez autoriser les élèves s’il rendent à CHAQUE fois une prise de note. Pour ma part, j’ai toujours penser que la possibilité d’avoir son laptop pouvait aider de plein de façon différentes CEUX QUI veulent travailler (les autres “tant pis pour eux” ? Ne les aura-t-on pas déjà guider/conseiller, ils savent qu’ils font (idéalement)). Personnellement, rendre mes prises de notes je trouve que ça pourrait être très intéressant dans certains cas mais en rien obligatoire.
    Simplement car on pourrait très bien utiliser le laptop pour aller chercher des infos complémentaires aidant à la compréhension du cours ou revoir ses formules, etc. Dans ce cas, le laptop m’aurait aider mais je n’aurais pas pris de note. Je n’y aurais donc pas droit ? Alors que sans cette obligation, le laptop pourrait m’aider de multiple façon (dont prendre des notes, ce que je serais heureux de partager en fin de cours ou plus tard (quand j’estimerais avoir remis le document au propre par exemple)). De plus, peut-être pour quelques génies chanceux, la matière serait déjà connue: pas besoin de prises de notes ici non plus. Enfin les cas serait nombreux à lister et ça serait probablement peu utile donc je m’arrête là.

    Se voir obliger de rédiger à chaque fois est selon moi un vrai frein qui me dissuaderait de me lancer dans cette voie alors que je ne saurais même pas sur de pouvoir réunir les conditions nécessaires en fin de cours.

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  • Jeune prof le 7 juin 2011 - 11:43 Signaler un abus - Permalink

    Je suis jeune enseignant dans le secondaire, et je trouve ce “contrat” passé avec les étudiants extrêmement coercitif voire scandaleux. C’est encore pire que d’interdire totalement l’usage des ordinateurs portables.

    Une prise de notes est personnelle, on peut ajouter des remarques, des références, des réflexions que d’autres ne sont pas censés lire. Donc, en contraignant les étudiants soucieux de leur “vie privée” à revenir au papier, cela revient à empêcher une bonne prise de notes sur ordinateur, et donc à appauvrir le cours puisque l’étudiant ne pourra plus accéder à Internet pour enrichir vos propos en temps réel (possibilité qui m’a énormément servi lorsque je préparais les concours).

    Imposer d’avoir un droit de regard sur une prise de notes, c’est choquant. Au collège jusqu’en 4e, on ramasse les cahiers : le cours est dicté, ce n’est pas du tout une prise de notes, et l’élève n’a pas à écrire d’autres choses. En revanche à partir du moment où l’élève sait prendre des notes, au lycée, jamais je ne me permettrais de leur demander leur prise de notes, à moins d’une demande de leur part pour vérification.

    La question du Wifi est réel, mais ce n’est pas une solution adéquate. L’idéal, surtout pour des étudiants, est de les laisser prendre leurs RESPONSABILITES. Ils vont sur facebook au lieu de prendre leur cours ? C’est leur problème. Par contre il ne faut pas donner accès au prises de notes des autres ensuite, sinon c’est trop facile !

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