Les plaintes de Free rencontrent un écho

Le 23 novembre 2012

C'était attendu : Solveig Godeluck et Francis Morel, respectivement journaliste et directeur de la publication aux Echos ont été mis en examen dans l'affaire les opposant à Free. Xavier Niel se défend de toute intimidation dans les colonnes du Monde.

Xavier Niel voit rouge

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Suite à la saga mélo-telco-dramatique de Free Mobile, l’opérateur avait déposé une plainte en diffamation contre le journal économique. En cause : la publication des propos du secrétaire général de Bouygues Telecom, Didier Casas, qui critiquait le réseau de son rival. Ce dernier a pour le moment échappé à la mise en examen, pour vice de procédure.

Quant à Rue89, également concerné par une plainte de l’opérateur, il ne sait toujours pas à quelle sauce il va être croqué. Contacté par téléphone, son avocat Antoine Comte nous explique qu’ils ignorent “les éléments judiciaires et juridiques mis en œuvre” dans cette affaire.

Drôle de relations

Les Echos et Rue89 ne sont pas les premiers à se frotter au courroux du trublion des télécoms, et de son fondateur iconique Xavier Niel. Comme nous le racontions il y a quelques semaines sur Owni, l’homme d’affaire entretient de drôles de relations avec la presse et ses rédacteurs.

Fait suffisamment rare pour être souligné, ce dernier s’est publiquement défendu hier dans les colonnes du Monde, qui s’est fait le relais de la plainte déposée contre leurs confrères des Echos, “de jouer de l’intimidation ou de la séduction avec les journalistes”, affirme l’article. Et Xavier Niel, également copropriétaire du titre1, de déclarer :

Il y a trente articles par jour écrits sur Free. Si je devais intervenir à chaque fois, je ne le pourrais pas. Simplement, j’ai une proximité plus grande avec certains journalistes, que je connais depuis vingt ans.

Des mobiles et des hommes

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Reste que les journalistes mis en cause voient dans ces procédures une tentative de pression de la part du patron de Free, qui aurait déclaré à Eric Fottorino, alors président du directoire du Monde : “quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix”2.

Solveig Godeluck évoquait ainsi hier sur Twitter une tentative d’“intimidation”, tout en invitant à créer “le club des journalistes mis en examen grâce à Free”. En réponse à Xavier Niel, qui expliquait sur Le Monde ne pas avoir dirigé sa plainte “contre un journaliste, mais contre les propos d’un concurrent”, elle rétorque : “on n’a pas besoin d’attaquer le journaliste quand on vise le concurrent. Ça, c’est pas automatique”.

Interrogé sur ce point de procédure, Me Antoine Comte, également connu pour ses faits d’armes au Canard Enchaîné, nous explique que le “support est forcément visé” dans le cadre d’une plainte en diffamation : le directeur de la publication ne peut échapper à la mise en examen. En revanche, il estime que “poursuivre le journaliste pose de vrais problèmes” :

Les gens poursuivent rarement les journalistes. Cela constitue une forme de pression selon moi.

  1. le fondateur de Free est aussi actionnaire, à titre personnel et à hauteur de 6%, de la SAS 22Mars, maison mère dont Owni s’est séparé il y a quelques mois []
  2. extrait d’Un si petit Monde, d’Odile Benyahia-Kouider []

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  • corrector le 24 novembre 2012 - 4:05 Signaler un abus - Permalink

    Il est détestable de porter plainte pour tout et n’importe quoi. Je pense que Sarkozy méritait de perdre rien que pour les débordements judiciaires de la marchande de poisson du gouvernement (dont le nom ne commence par par “M”, hein, j’ai rien dit d’ailleurs je ne parle pas d’une Ministre de Sarkozy et puis je n’ai rien dit).

    D’un autre coté, on ne peut pas laisser faire indéfiniment une campagne de presse mensongère racontant que Free Mobile n’a pas de réseau, n’est qu’un opérateur mobile virtuel, etc.

    Dans les média, sur certains enjeux les journaux ne vont écrire que ce qui va dans le sens des propriétaires ou des gros clients des régies de pub. (On pourrait interdire à certains de posséder un organe de presse mais cela ne réglerait pas du tout le problème, seulement une petite partie.)

    Plein de sujet ne paraissent pas trop colorés idéologiquement aux journalistes, donc ils régurgitent les communiqués de presse des industriels. Et sur les sujets très “idéologiques” les journalistes en général excrètent un gloubi-boulga idéologique ou idéauxlogique qu’ils ont appris.

    La liberté de presse ne peut être excuse pour raconter n’importe quoi, encore plus quand c’est systématiquement orienté dans le sens des intérêts d’un groupe industriel.

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  • Rougegorge le 26 novembre 2012 - 14:52 Signaler un abus - Permalink

    comment on s’en fout de ce sujet. La principale menace pour la liverté de la presse c’est l’étroitesse d’esprit de la génération de journaliste actuelle. et le plus désolant c’est que les jeunes sont bien partis pour être encore plus débiles que les anciens. On fera la révolution derrière nos PC et nos macs book pro kikou lol

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  • bobmi le 26 novembre 2012 - 14:53 Signaler un abus - Permalink

    C’est clair ! Vous racontez tellement de conneries parfois qu’une petite droite bien palcée par un anti-lèche cul comme Niel peut pas faire de mal à l’égo. Ca va quoi, les journalistes ne sont pas les intouchables de notre société. Commencez pas arréter de vous entre-branler et sortez vous les doigts du derche pour nous pondre des papier couillus et réfléchis.

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