Les data en forme

Le 17 octobre 2011

Sept jours de data-journalism. L'excellente et très attendue chronique hebdomadaire des journalistes de données d'OWNI. Avec cette semaine des affreux Parisiens, des Chinois plein de fric et de la belle nourriture intoxiquée.

C’est mal, mais nous allons débuter cet article en nous comportant comme d’affreux parisiens. Le premier projet data sur lequel nous attirons votre attention est une cartographie des inégalités de revenus en Ile-de-France, proposée par Jean Abbiateci, sur le désormais indispensable blog d’Elsa Fayner, Et voilà le travail. La carte présente trois indicateurs : le niveau des inégalités des revenus des ménages franciliens, l’évolution de ces mêmes inégalités dans le temps et à titre de comparaison, le revenu fiscal médian. Chaque indicateur est détaillé par commune, avec une visualisation spécifique.

La démarche, expliquée dans l’article accompagnant la cartographie, se distingue par son accessibilité. Jean Abbiateci a ainsi utilisé des données publiques, de l’INSEE – la distribution des revenus fiscaux déclarés par les ménages de 2001 à 2009 -, auxquelles il a appliqué deux indicateurs traditionnels pour mesurer les inégalités : le ratio entre ce que gagnent les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres ; et le coefficient de Gini. Le tout propulsé dans un outil de visualisation gratuit : Google Maps, bien travaillé et manipulé pour rendre le tout compréhensible, détaillé et interactif.

Les inégalités de revenus en Ile-de-France, par Jean Abbiateci

Chinese men

Sur la question des revenus, après les affreux parisiens, intéressons-nous à l’argent des Chinois. De l’argent qu’ils investissent à l’étranger : c’est une question qui, à OWNI, nous avait déjà interpellé, nous en avions fait une application interactive. The Heritage Foundation- le think tank des neocons – l’a étudié de manière plus précise, et au niveau mondial.

Leur carte des investissements globaux de la Chine dans le monde est particulièrement intéressante par le jeu qu’elle permet entre trois types de visualisation : une cartographie en fond, pour observer le total des investissements ; un graphique à droite pour observer les chiffres par année et enfin un graphique à gauche représentant les secteurs les plus investis.

Cartographie des investissement de la Chine, par The Heritage Foundation

Peut-être pourraient-ils également promouvoir plus de représentativité dans les instances américaines. Car, à en croire cette jolie infographie de “GOOD”, c’est loin d’être le cas au Congrès, notamment.

Dans cette infographie, GOOD visualise à gauche ce à quoi ressemble le Congrès actuellement, selon le sexe, la religion, la race1, et l’appartenance politique ; et à droite ce à quoi il devrait ressembler pour être réellement représentatif de la nation. Quelques faits marquants : les femmes occupent actuellement à peine 17% des sièges ; les Américains de type caucasiens (Blancs) représentent 85% alors qu’ils ne devraient représenter que 71%.

Les fans de Talking Heads reconnaîtront le clin d’œil du titre “This is not my beautiful house”, pour les autres, séance de rattrapage ici.

La (non-)représentativité du Congrès américain, par GOOD

La minute Open Data

Chaque semaine, Paule d’Atha tombe encore un peu plus amoureuse de Montréal et de sa politique Open Data. Après vous avoir présenté il y a quinze jours l’application permettant d’équilibrer le budget de l’arrondissement du Plateau-Mont Royal, voilà la cartographie des inspections sanitaires des établissements alimentaires montréalais. Vous pouvez y visualiser les dernières amendes distribuées, les établissements ayant cumulé le plus d’infractions (ceux où inviter votre belle-mère), et ceux ayant payé les plus fortes amendes. Cliquez sur l’un d’entre eux pour obtenir la date, le montant et la nature de l’infraction.

On ne saurait trop vous conseiller de descendre tout en bas de l’écran et de cliquer sur la jolie petite fleur blanche sur fond rouge accompagnée de la mention “Données ouvertes Montréal” qui vous explique la politique et l’état des lieux de l’Open Data à Montréal.

Inspections sanitaires des établissements alimentaires montréalais

De la data à table

Si tu ne viens pas à la data, la data viendra à toi. En l’occurrence ici, on parlera plutôt d’infographie, et elle viendra à vous sous la forme d’une bouteille de vin (y a pire) australien (y a mieux).
Between Five Bells, un vin australien, a sorti son cru 2011 dans de jolies bouteilles habillées de diverses infographies sur le processus de fabrication du vin suivant les cépages, l’évolution des températures au cours de la saison écoulée et ses influences sur la vigne, etc. Boire, visualiser, s’instruire, le trio gagnant.

Des bouteilles de vin infographiquement habillées

Travail préparatoire du designer, Nicholas Feltron ©

All your emails are belong to us

Conçue par Yahoo!, sur Yahoo!, pour Yahoo!, cette visualisation en temps réel est largement promotionnelle. Elle permet d’observer le nombre de mails envoyés chaque seconde par ce service de messagerie, ainsi que le nombre de spams bloqués ou encore les termes clés revenant le plus souvent dans les mails (oui, Yahoo! lit donc tous vos mails). Autrement dit, visualiser la puissance de Yahoo!. Mais ils ont préféré le HTML au Flash qui offre un résultat très lisible, méritant quelques lignes dans notre chronique des nouveaux territoires du journalisme de données.

Visualiser la puissance de Yahoo!, par Yahoo!

Faire du neuf avec du vieux

Un projet Flowing Data sur l’espérance de vie pour terminer.

Le set de data est loin d’être nouveau : l’évolution de l’espérance de vie, pour tous les pays du monde, depuis 1960 a été mis en ligne par la Banque mondiale depuis plus d’un an. Des visualisations réussies ont déjà été proposées sur ce sujet, notamment celle de Google. Le design et la technique de ce projet rappelle ceux de Fathom 500. Et pourtant, le rendu est intéressant, la comparaison entre pays et zones facilitée, comme quoi il y a toujours du neuf à créer avec la data.

L'évolution de l'espérance de vie, version Flowing Data


Illustration de l’article : étiquette des bouteilles de vin Between Five Bells, par Nicholas Felton ©


Retrouvez les précédents épisodes des Data en forme !

  1. à entendre au sens américain du terme []

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  • géographe le 17 octobre 2011 - 21:51 Signaler un abus - Permalink

    Cette méthode de cartographie des inégalités n’est pas intéressante car la commune n’est pas une échelle pertinente d’analyse des inégalités. Ni le marché du logement, ni celui de l’emploi et encore moins les négociations salariales et les politiques sociales se situent à cette échelle. Comment interpréter la situation d’une commune avec un écart interdécile fort ? Est-elle riche ? Pauvre ? Versailles, le 7e arrondissement et La Courneuve appartiennent-ils aux même ensemble de communes inégalitaires ?

    Est-il positif ou négatif d’avoir une inégalité forte au sein d’une commune ? Une inégalité forte peut être révélateur de la richesse d’une commune comme de sa pauvreté. C’est peut-être aussi le signe d’une forte mixité sociale, ou facilite la mise en œuvre de processus redistributifs marginaux à travers la politique de la commune.

    Des géographes et des sociologues ont effectué un travail important en cartographie, en partie sur la division sociale de l’espace. Il serait intéressant de s’intéresser à ces travaux pour analyser ces questions.

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  • Birgitt le 18 octobre 2011 - 18:40 Signaler un abus - Permalink

    La cartographie du monde je la voie tous les jours en traversant la ville. Il y a des riches et des moins riches et chacun trimballe ses problèmes sans que cela se voit. La richesse même pour les plus riches (que les moins riches) est toujours relative. Qu’il manque cent euros à un ou un million à un autre nul ne sait le drame engendrée, ou la philosophie de la personne…
    Par exemple dans le département des Bouches-du-Rhône la diversité se remarque très bien !
    Il y a tant à dire…

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  • tux le 19 octobre 2011 - 11:08 Signaler un abus - Permalink

    Le témoignage de géographe est exact. L’analyse des représentations graphiques nécessite l’expertise de géographes, sociologues et autres spécialistes (ex: systèmes complexes, multi-echelle).

    Cette page récite trop facilement des analyses personnelles de représentations graphiques sans avis pluriels ni la citation de travaux universitaires sérieux déjà publié sur ces sujets.

    Il n’y a pas de liens entre les paragraphes or c’est là que c’est intéressant. Si vous voulez dénoncer “les disparités de richesse”, encore faut-il citer la problématique réelle qui est “la redistribution des richesses” et ensuite mettre le lien avec le paragraphe sur l’Open data (et la section consacrée à Montréal qui a peut-être un outil génial mais si c’est pour montrer des amendes ou qu’il y a 5 fast-food au km et aucune action possible alors ça n’est qu’un outil de monitoring, un gadget coûteux de plus).

    Soit Owni place cet article comme une analyse personnelle (liens vers des blogs), soit il faut réviser la charte du site pour bien expliquer que ce document n’est pas du journalisme. C’est même plutôt de la désinformation : passer d’une info locale richesse & pauvreté à la Chine, ces associations d’idées créent des rumeurs.

    Il y a beaucoup trop de présupposés “Les fans de Talking Heads reconnaîtront le clin d’œil du titre “This is not my beautiful house”, pour les autres, séance de rattrapage ici.”

    Donc si on ne “connait pas les références personnelles du rédacteur” on est des présumés coupables bon pour le repêchage. Sic.

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  • Admin le 19 octobre 2011 - 18:50 Signaler un abus - Permalink

    @tous (et particulièrement @Tux) : cet article n’est, ni plus ni moins, qu’un travail de link journalism un peu “augmenté”, une veille hebdomadaire sur ce que nous avons repéré et qui nous semble – au moins technologiquement – enrichir actuellement la réflexion sur la manière de faire du journalisme de données. Nous ne prétendons pas prendre parti pour ou contre le contenu des sites que nous mettons en lumière, nous apprécions “juste” le traitement de la data qui y est effectué. La question de mettre l’open data avant ou après la cartographie ou de traiter le crowdsourcing avant ou après la dataviz nous semble ici un peu secondaire.

    Nous accueillons avec d’autant plus de plaisir les regards éclairés qui peuvent surgir dans les commentaires au sujet des liens que nous mettons en avant. Ils contribuent à alimenter la discussion et/ou générer le débat s’il en est un, et c’est tant mieux comme ça. Nous ne pouvons rester insensibles à l’opportunité d’améliorer notre manière de sélectionner cette revue de liens chaque semaine.

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